Pitchfork Music Festival Paris : deux fois plus de plaisir

2 + 2 = 4. Pour cette nouvelle édition, le festival parisien Pitchfork avait décidé d’abandonner son petit frère Avant-Garde au bord de la route. Résultat de l’équation : deux nouveaux espaces aménagés pour accueillir encore plus de concerts au cours des trois jours de fête. la Petite Halle, à l’extérieur et le Studio, en sous-sol de la Grande Halle. Ces scènes étant plutôt restreintes en capacité, l’organisation y a placé une majorité d’artistes méconnus méritant d’être découverts par le plus grand nombre.

Pari relevé. Du punk délirant de Squid au fascinant quatuor japonais CHAI en passant par la grâce de Jessica Pratt et Aeris Roves, le Studio et la Petite Halle font constamment salle comble. D’ailleurs, Il est vite difficile de naviguer en leur sein. De quoi nous donner envie de retourner faire des aller-retours devant les têtes d’affiche alternant entre la Grande Scène et la Nef. Et il y avait de quoi faire.

Crédit photo : Alban Gendrot

Après une soirée d’Halloween menée par les rappeurs Skepta, Hamza, Slowthai ou encore Mura Masa et son infatigable remix de « Night Swimmers » de Foals, c’est Johnny Jewel qui a pris le relais. Une première fois aux côtés de Desire, pour un mélange de synth-pop et italo-disco décalé et diablement divertissant. Puis une deuxième fois, plus attendue, avec Chromatics. Une heure de show (rappel compris) calibré presque au « Tick Tock » près, avec des chansons raccourcies au format festival, pour délivrer un condensé de sa discographie. Après plus de six ans d’absence, ce live était attendu au tournant par les fans. Et il n’a pas déçu. Bien au contraire. Les effets visuels, la voix planante de Ruth Radelet et les effets de Johnny Jewel… Tout nous a transporté dans le temps et l’espace, dans la Red Room de Twin Peaks, jusqu’à la reprise finale de « Running Up That Hill » de Kate Bush. Un instant figé dans le temps, entre les deux reines de la soirée du vendredi : la jeune Nilüfer Yanya, déjà si pleine de talent pour son âge et la majestueuse Weyes Blood, venue interpréter son nouvel album dans un silence religieux.

Crédit photo : Kimberley Ross

Tel un bouquet final, la programmation du samedi était clairement taillée pour faire danser les festivaliers, qui s’y sont pliés sans contrainte. Les surprises ont fusé : Christine and the Queens a sauvé le concert insupportable de Charli XCX en interprétant Gone à ses côtés, Agar Agar nous a montré sa facette Mr. Hyde dans un final endiablé, Aurora s’est montrée hilarante comme à son habitude (My favourite color is brown, I also like green, pour combler des problèmes techniques de quelques minutes) avant un live de SebastiAn qui a mis tout le monde d’accord. Et pour ceux qui ne se reconnaîtraient pas dans tout le monde, le Français a balancé un remix final de Rage Against The Machine tout simplement ravageur. Et on n’aura jamais vu le public de Pitchfork prendre autant son pied. Comme quoi.

On regrettera juste une chose à Pitchfork : les temps de concert bien trop courts. Une heure, voire même 45 minutes, de passage pour une tête d’affiche en aura fait rager plus d’un dans nos oreilles baladeuses. Heureusement que la fête continuait au Trabendo jusqu’à l’aube.

Crédit photo à la une : Maria Louceiro

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