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      Interview Gisèle Pape  » Chez l’homme il y’a toujours la volonté d’explorer »

      Onpu découvrir Gisèle Pape lors  de son concert à Paris. Nous avons eu la chance de faire une interview avec elle à cette occasion. Interview que je vous propose de découvrir ici.

      JustFocus : on a pu apprendre que votre formation autant dans la musique que dans l’image à été faite dans les meilleures institutions, le conservatoire de Belfort et l’école Louis Lumière.  N’y a-t-il pas dualité entre ces deux parcours : musique et image ?

      Gisèle Pape : Au départ des suites de ma formation, je me destinais à faire de l’image. Je me suis beaucoup intéressée au métier de chef opératrice. Donc il y a toujours cette attention pour les images, leur beauté mais aussi et surtout leur sens. De plus, j’ai toujours eu l’envie de faire des films expérimentaux. Dans ce cadre, les images, les sensations qui les accompagnent sont particulièrement importantes. Par la suite, quand je me suis lancée dans ce projet, ce n’était pas une évidence mais ça allait de soi qu’il y ait une cohérence entre l’image et la musique.

      J’aime bien l’idée de sensation, l’idée de ressentir plus que de comprendre le texte.

      JF : Vous parlez d’image. La présence de l’image est très présente dans vos textes. Comment l’idée d’une chanson vous vient-elle ?

      GP : J’ai une méthode très à moi, je finis par le texte. J’ai vraiment ce besoin d’avoir une base dans la musique. Une ambiance, que ce soit une rhythmique, un synthé ou un début de mélodie. Une fois que j’ai ça, je me mets au texte, je l’adapte pour qu’il soit musical. J’aime bien jouer sur la sonorité des mots. J’aime bien écrire de façon imagée car ça offre des sensations qui peuvent parler au gens. Même si quand j’écris c’est clair pour moi, les images que j’utilise me parlent car elles correspondent à quelque chose de précis. J’aime bien l’idée de sensation, l’idée de ressentir plus que de comprendre le texte. Après, je lis aussi des textes j’écoute ceux d’autres personnes. Des personnes comme Bashung avec La féline par exemple.

      JF : Un fait nous a beaucoup étonné, votre dernière chanson est une reprise, celle de siffler sur la colline. Un choix étonnant car vous avez déjà sorti EP et album. Pourquoi cette idée ?

      GP : Au départ, ça vient d’une hésitation, j’ai trouvé qu’elle n’avait pas sa place sur l’album.  À la fin du printemps dernier, mon label Finaliste 1 a voulu sortir une compilation de plusieurs artistes. Je pense que ça rentrait bien dans ce cadre-là. Je trouvais que ça faisait sens dans le prolongement de l’album et dans l’ensemble du projet.

      JF : On retrouve une multitude d’influences dans vos chansons. Du Steve Reich par exemple et même un mélange d’instruments plus classiques. On a l’impression que vous expérimentez beaucoup. Êtes vous à la recherche de quelque chose à travers votre musique ?

      En même temps chez l’homme il y’a toujours la volonté d’explorer, de trouver ces limites

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        JF : Dans votre musique, on retrouve beaucoup d’électro, un aspect POP et d’un autre côté on a un aspect nature dans vos écrits, êtes-vous à la recherche de cet équilibre entre les deux ?

      GP : Comme je le disais sur l’interprétation, c’est vrai qu’il y a presque un paradoxe entre les instruments et beaucoup d’électronique. J’aime bien ce contraste-là, je trouve qu’il raconte une idée du lien entre l’humanité et la nature qui est chez moi assez fort. Je pense que c’est difficile de se dissocier d’un certain rythme par exemple, que la terre nous impose et en même temps chez l’homme il y’a toujours la volonté d’explorer, de trouver ces limites. C’est comme ça que je vois cette dualité. Le fait d’aller chercher des sons qui ne sont pas dans la nature, c’est ça ! c’est l’exploration !

       

      JF : On retrouve une multitude d’influences dans vos chansons. Du Steve Reich par exemple et même un mélange d’instruments plus classiques. On a l’impression que vous expérimentez beaucoup. Êtes vous à la recherche de quelque chose à travers votre musique ?

      Gp : En tout cas, quand j’ai commencé à écrire des chansons, j’ai voulu trouver quelque chose qui me soit vraiment propre, qui corresponde à mes gouts, à ce que j’ai écouté en musique expérimentale ou des choses plus électro. C’est vrai, quand j’y pense, j’aime bien les choses hybrides, j’ai peut-être moins mis dans cet album, en tout cas moins sciemment mon apprentissage classique. Après ses années d’études et de pratique, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas. En tout cas, je voulais trouver des chansons qui me soient propres, qui me ressemblent.

      JF : Vous avez été formée à l’orgue au conservatoire, continuez-vous d’en jouer aujourd’hui ?

      GP : L’orgue, son souci c’est que c’est un grand instrument pas facile à transporter de part sa taille. J’aimerais bien en jouer plus, j’en ai un chez mes parents. J’espère un jour pouvoir faire quelque chose de nouveau avec cet instrument.

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      JF : Les titres des albums c’est quelque chose d’important je pense ? Votre EP se nomme Oiseau, maintenant l’album c’est Caillou pourquoi ces choix ?

      GP : Pour oiseau, il y avait une traversée sur l’album de la figure de l’oiseau. Le fait de s’envoler, de s’évader, le fait de prendre de la hauteur. Avoir besoin de rêver, le rêve de voler. Quand on est humain, c’est important le rêver et voler, c’est cette idée de se détacher de la terre. Caillou, je l’ai écrit après la tournée pour Oiseau. Je pense que j’ai été traversée par cette idée de se rattacher à la terre, l’ide de la nature aussi. L’idée du corps, toutes ses formes de fragilités qui reviennent. Caillou comme titre s’est imposé assez vite. Un caillou ce n’est pas comme une montagne mais plein de cailloux ensemble ça peut déjà faire une colline. En plus, ça répondait à oiseau comme titre.

       

      JF : Chaque artiste a sa façon de faire un album. Qu’elle est la vôtre ? Comment faites-vous pour conceptualiser un album ?

      GP : On est en effet plusieurs pour le faire. Moi je fais donc en plus des textes, les maquettes et les arrangements. Je travaille avec un ingé son qui enregistre et qui mixe. Je fais plusieurs sessions avec cet ingénieur du son. On a eu beaucoup d’échanges tous les deux. Sur la fin de l’album, j’ai fait appel au compositeur Xavier Thiry. C’est un compositeur qui a déjà travaillé avec la féline par exemple, ou encore co-réaliser l’album A ta merci de Fishbach. Il avait déjà cette expérience du format album que l’on avait moins. C’est grâce à son regard extérieur qu’on a pu finaliser cet album.

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