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      Neil Young sort un album contestataire contre l’entreprise Monsanto

      Le chanteur américain de folk, qui va atteindre l’âge de 70 ans cette année, s’entoure de son back band électrique Promise of the Real pour composer 9 titres inspirés par sa lutte personnelle contre l’entreprise agro-alimentaire Monsanto. Décrié par nombre de détracteurs comme un industriel impitoyable qui impose des OGM, dangereux pour l’environnement et pour la santé, dans les semences des grandes chaines agricoles, Monsanto est aussi soutenu par des distributeurs comme Starbucks ou Walmart, qui ne sont pas en reste dans les critiques. Voilà pour la cause de l’album, quid de son contenu? Ecoute, rappel de ses précédents coups de gueule et critique.

      Neil Young - "The Mosanto Years"
      Neil Young – « The Monsanto Years »

      Neil Young, ce monstre sacré du folk et du rock, n’en est pas à son premier coup de gueule. Déjà, le titre « Ohio » en 1970 était un brulot contre le président Nixon, suite à la répression sévère et mortelle d’une manifestation pacifiste contre la guerre du Viet-Nam. Et déjà, on découvre que la verve rebelle du chanteur canadien est portée efficacement par les guitares électriques, puisque c’est un riff de guitare imparable qui ouvre me morceau, dont le refrain (« Soldiers are cutting us down ») est chanté du fond des tripes, jusqu’au maximum de sa tessiture. Frissons…

      Pas mal de morceaux sont aussi de cette veine, on peut citer « Revolution Blues » dans « On The Beach » (1972), qui est l’album le plus noir de sa carrière. Malgré l’allure enjouée de l’instru, on perçoit via le chant un petit côté doux-amer, et si on se penche sur le contexte (la chanson est inspirée par le criminel et le gourou Charles Manson, auteur de la funeste tuerie de 1969) et les paroles, on capte mieux la rage sous-jacente du morceau. La claque…

      Difficile de ne pas citer également « Hey Hey My My (Into the black) » en 1979, inspiré cette fois par Johnny Rotten, des Sex Pistols, qui clamait que « la colère est une énergie ». Le chanteur folk est alors impressionné par la vague punk qui rabat toutes les cartes du rock’n roll devenu trop ronronnant au goût de la nouvelle génération. Ce titre a la magie de faire un pont royal entre les 2 générations, avec un gimmick dévastateur digne du naissant hard rock, et un thème brassant tous les écorchés vifs du genre (« it’s better to burn out than to fade away – il vaut mieux bruler vite que de se laisser aller »). Kurt Cobain citera ce morceau comme l’ayant énormément influencé. Neil Young est un grunge, un punk aussi, forcément.

      Bien plus tard, Neil Young sort encore de ses gonds pour protester contre le président Bush et l’ensemble de son oeuvre (guerre en Irak, opposition aux accords sur le climat), dans un album militant pour sa destitution, « Living With War » (titre bien évocateur, car dans les fait, l’Amérique est en guerre quasi permanente depuis 2001) :

      Pour « The Monsanto Years », Neil s’entoure de musiciens de choix, puisqu’il est accompagné par les Promise of the Real, incluant les 2 fils du guitariste légendaire Willie Nelson à l’oeuvre. Plus réussi que « Living With War », de part l’aspect solennel et fédérateur des morceaux (« A new day for love« ) qui alterne avec quelques retours aux fondamentaux (l’harmonica et les banjos dans le country rock assez endiablé de « Working Man« ).

      Plus intime, « Wolf Moon » rappelle que le chanteur a composé des petites merveilles de ballades, il fut un temps (le titre évoque très clairement « Harvest« ).

      Cet album militant peut donc vous faire joindre l’utile (le militantisme anti-OGM) à l’agréable (pour la bonne facture de l’album).

      Pas de tournée européenne prévue pour l’instant.

       

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