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      [Interview] Michelle David and The Gospel Sessions aux Eurockéennes 2018

      Michelle David and The Gospel Sessions : déjà 3 volumes et une voix de femme puissante et admirable. Sa musique nous a fait vibrer pendant les Eurockéennes 2018 et nous avons le plaisir de la rencontrer.

      Nous l’avions demandé en interview, mais n’ayant pas eu de retour, nous pensions que c’était compromis. Jusqu’à ce message juste 2h avant le rendez-vous pour nous prévenir qu’un créneau c’était libéré ! Autant vous dire qu’on a sauter de joie.

      C’est dans sa loge que nous avons pu interviewer Michelle David, la voix incroyable de The Gospel Sessions, alors qu’elle se préparait avait de monter sur scène. Entre la pose des faux cils et du mascara, nous lui avons posé quelques questions.

      Peux tu nous raconter comment le groupe est né ?
      Michelle David : Le projet commencé il y a 3 ans. C’était une idée de Paul Willemsen et de Onno Smit avec qui j’avais déjà travaillé dans un groupe de funk. Quand je les ai rejoint, ça a confirmé ce qu’ils voulaient faire depuis longtemps, faire de la musique gospel, et quand ils m’ont entendu chanté, ils se sont dit « Ok, on l’a trouvée« . Ils ont mis du temps pour me le proposer, après plusieurs années de collaboration, je ne sais plus combien… Un jour ils m’ont donné rendez-vous au studio ; je pensais venir pour travailler sur l’album de funk et ils m’ont parlé de faire du gospel. A ce moment là, je ne voulais pas ; je trouvais ça dur de faire du gospel en Hollande. Je leur ai dit : « J’arrête le Gospel« . Mais la façon dont ils en parlaient avec énormément de passion était tellement belle que j’ai fini par leur dire : « Ok, pourquoi pas, laissons une chance à ce projet !«  A ce moment, ils ne savaient pas s’ils allaient avoir des concerts, si quelqu’un allait acheter notre album… « Juste essayons !« . A peine l’avions-nous dit que c’était parti. Et l’accueil a été très chaleureux dès le début… Et me voilà, ici, aux Eurockéennes, débutant avec un troisième album. C’est génial !

      La tendance actuelle en musique est davantage au Hip Hop, Rap et Pop-électro. Mais on sent aussi un retour du  Rythm and Blues. Qu’en penses-tu ?
      Je ne pense pas que ce style ait vraiment disparu. Il est juste devenu plus underground pendant un moment,  moins remarqué, mais il est toujours là. Il fallait juste que des gens reviennent avec certains sons, avec des nouveautés plus fraîches pour que les gens se disent : « Oh ! C’est ça le RnB ? Oh yeah ! C’est cool« . Comme Donald GloverChildish Gambino. J’adore ! J’adore ses morceaux RnB, moins ceux Rap. Il fait parti des gens qui ont amené une nouvelle étincelle, mais le gospel n’a jamais disparu.
      Je viens de New York, le genre gospel est énorme aux Etats-Unis. Mais il est toujours dans les mêmes endroits et ne vas pas vraiment à la rencontre des différents genres. Tu vois de temps en temps les artistes faire leurs concerts dans leur coin, mais il ne vont pas se mêler aux festivals comme on le fait maintenant.
      Nous, on fait des festival Rock, de Blues et même Métal et ça fait un peu comme « Oh mon Dieu, Qu’est-ce qu’il se passe ?! » Mais j’adore ça, parce que la façon dont on fait de la musique nous permet de jouer partout, ce qui est en fait notre message. Et ça n’a pas d’importance si tu n’y croies pas… Moi j’y crois !

      C’est une musique qui parle à tout le monde !
      La source de mes paroles, c’est l’amour, juste l’amour. Je vis ma vie comme la musique, avec ses haut, ses bas, ses triomphes, ses échecs. Ce dernier album, je l’ai écrit quand ma mère est morte l’année dernière… Donc je ne fais que vivre la vie, on est tous connecté à ça. Je suis très contente que ça passe !

      On te compare parfois avec Aretha Franklin…
      Réellement ? Ne faites pas ça (rire). Non ! Je suis flattée mais je trouve ça effrayant.

      Est-ce qu’elle fait parti de tes influences ?
      Quand j’étais gosse, il y avait un album, dont j’ai jamais pu me rappeler le nom… Mais il y en avait 3 que ma mère avait et que j’adorais par dessus tout : Amazing grace, mon préféré depuis toujours, Sparkle qui vient d’un film, et le dernier, je crois qu’il s’appelle Managery (pas sûre)… Elle porte une manteau d’hermine et ressemble beaucoup à ma mère. Donc j’ai toujours graviter autour de ces albums. Mais après, en terme d’influence musicale, je dirai que j’ai plus de références homme que femme et ça se voit dans mes performances qui sont plutôt… brutes ! Mais j’adore la puissance que dégage d’Aretha Franklin, et sa voix… Merci tout le monde de me comparer avec elle.

      C’est quoi le processus de création d’une chanson puissante pour toi ?
      La vérité ! Juste la vérité ! Juste être purement soi-même et ce, peu importe ce que cela implique !
      Maintenant les gens regardent plus les chiffres : tu dois avoir tant de fans, tant de followers… Avoir le plus grand public. Je suis toujours surprise que des gens viennent à mes concert, et ça me rend heureuse… Même s’il n’y a que deux personnes. Juste être vrai pour toi même et ne pas t’inquiéter d’autre chose. En tout cas, pour moi, ça marche !

      eurocks2018_Michelledavid©Francois Vezien_IMG_4972
      @Francois Vezien

      Que penses-tu de la place de la femme dans le monde de la musique ?
      Je ne pense pas qu’on leur donne le crédit qu’elle devrait avoir. Même si, quand j’y pense maintenant – je ne sais pas statistiquement – on doit favoriser d’avantage les chansons de femmes, mais on donne à celles des hommes plus de crédit. Les femmes sont encensées pour leur sensualité, leur sex appeal, mais pas pour le son qui sort de leurs bouches. Là où pour les mecs : « Oh oui il est beau ! Ooooh sa voix !« . On a pas l’intérêt qu’on mérite, sauf si on est Beyoncé. Et encore, on ne la remarque pas pour sa voix, mais surtout pour la performance qu’il y a autour. On devrait nous donner plus, sans qu’on ait besoin d’exposer autant, si tu vois ce que je veux dire !

      Quels artistes tu voudrais rencontrer pendant les Eurockéennes ?
      Il y en a 3 en particulier : Nine Inch Nails, j’adorerai les rencontrer ; Leon Bridges ; et j’aimerais rencontrer Rick Ross. Je le suis un peu sur Instagram et je sais pas…  J’ai la sensation un peu comme : « Oh ce type est un Bad guy ! » Mais tu sais pas méchant dans un sens négatif… Je ne sais pas si ça se fera. Je crois que j’ai déjà croisé Leon une fois, lors d’un grand Open Mic il y a quelques années. J’aimerai le revoir et lui dire : « Salut, tu te souviens de moi ? (rire)« 

      Il y a un parmis ceux-là avec lequel tu aimerais jouer ?
      Oooh ! Je n’y ai jamais pensé. Mais j’adorerai sortir des sentiers battus. Probablement avec Nine Inch Nails !

      Tiens ça me fait penser à Zeal And Ardor qui joue ce dimanche. Ils mélangent Blues et Black Metal.
      Oh oui, j’en ai entendu parler. J’aime fusionner des choses qui ne vont pas forcement ensemble. Il n’y a rien de vraiment de nouveau si on réfléchit bien. Quand on voit quelqu’un essayer quelque chose de différent… J’avais essayé il y a quelques années avec un projet où la Musique Classique rencontrait le Gospel. Et avant le Gospel, dans notre set traditionnel, on avait le Negro Spiritual, qui lui avait un sens plus ‘classique’. Mais en le rapprochant de la façon dont les gens chante le gospel maintenant, ça fait quelque chose d’un peu différent. Je trouve ça fabuleux ! Mais on part demain, on aura pas l’occasion de voir Zeal and Ardor malheureusement.

      Michelle David est une femme rayonnante, pleine de vie, de joie de vivre, d’une bonne humeur communicative et qui a une pêche incroyable sur scène.

      A découvrir d’urgence lors du MAma Event à Paris du 17 au 19 octobre

      Retrouver le récit du concert de Michelle David And The Gospel Sessions

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