Andréas allias Lombre, est un jeune artiste français repéré par Bigflo et Oli après avoir gagné le Premier Prix d’écriture Claude Nougaro. Son deuxième EP du nom de La lumière du Noire est sorti le 10 septembre dernier. Nous avions d’ores et déjà découvert son clip Espoir Noir, touchant et poignant.

Grâce aux six titres de ce nouvel EP, nous avons l’impression de cerner un peu mieux le personnage de Lombre, sensible et profond. Nous avons eu la chance de pouvoir l’interviewer et ainsi, en apprendre davantage.

Interview Lombre

 

Just Focus – Bonjour Lombre ! Un nom d’artiste très connoté, d’où vient-il ? Pourriez-vous nous en dire plus sur vous et conter votre parcours ?
Lombre – J’ai commencé a écrire à l’âge de 12 ans dans une période un peu difficile pour moi, j’avais besoin d’un exutoire et ça a été révélateur. Sans oublier que la musique, c’était un rêve de gosse pour moi… J’ai mis toutes les chances de mon côté pour pouvoir développer mon projet et en vivre. J’ai grandi dans une famille ou mon père était metteur en scène d’une compagnie de théâtre amateur, et je me suis donc retrouvé à respirer l’odeur des planches très tôt dans mon enfance. C’est clairement ça qui a inspiré mes rêves. Et depuis, je n’ai jamais lâché l’amour que je porte à la scène, l’échange, le spectacle. En 2016, j’ai eu envie d’avancer artistiquement et de personnaliser un peu plus mon projet. Alors j’ai donné vie à « Lombre », ce spoken word aux diverses inspirations.
J’ai d’ailleurs choisi ce nom car mes textes sont très souvent introspectifs, ils parlent de nous, de cette ombre qui est toujours avec nous mais que nous n’assumons pas forcément tout le temps, cette noirceur qui prend vie et tout son sens quand on joue avec elle, quand on la met en avant. J’avais envie d’un nom imagé et en même temps c’est vrai que cette idée m’est apparue assez naturellement… Puis aussi, je m’appelle Andréas : André en grec, ça signifie « L’homme » et « El Hombre (L ombre) ». Ça a donc été évident assez rapidement (rire).
J’ai choisi de faire carrière dans la musique car on n’a qu’une seule vie. Je n’ai jamais été celui qui essayait de se cacher derrière les choses mais plutôt celui qui tentait, qui allait au bout des choses. La musique, c’était un rêve pour moi et je me suis toujours obligé à croire que j’y arriverais. Résultat des courses : j’en vis et je suis tellement fier de ça… La danse, j’ai arrêté car, au moment où je suis parti faire mes études, il fallait faire un choix.. Mais ça reste dans mon cœur, bien là, au chaud !

 

JF – Vos titres font souvent un lien, voire même une opposition, entre obscurité et lumière, pourquoi ce choix ?
L – C’est vrai que depuis que j’ai commencé à écrire il y a maintenant plus de 10 ans, je me suis toujours passionné pour cet exercice de jouer avec les paradoxes. De les faire s’affronter, ou même s’allier parfois. Ça a commencé à prendre une grande place dans mon identité artistique et j’ai décidé d’en faire un des piliers pour mon projet. L’idée est donc de parler de nos noirceurs, nos plaies ouvertes pour tenter de les soigner ensemble et d’aller ensemble vers la lumière, vers l’espoir de jours meilleurs. C’est un peu la démarche.

 

JF – Avoir remporté le premier Prix d’écriture Claude Nougaro vous-a ouvert des portes ?
L – Clairement ! Ça été le point de départ de toute l’aventure. En 2016, mon projet existait depuis 1 semaine et j’ai directement tenté d’envoyer mon dossier car je me sentais prêt pour le défendre sur scène. J’ai eu la chance d’être retenu et, à la fin, de faire partie de la liste des lauréats de l’édition. Bigflo & Oli étaient les parrains et ont accroché avec mon projet. Depuis, on ne s’est jamais vraiment quitté et ils continuent à donner de la force à mon projet et à ma personne. Ça me fait super plaisir. Pour en revenir à ce prix, ça m’a permis d’acquérir très vite une certaine crédibilité, et ça m’a énormément aidé.

 

JF – Vous avez partagé la scène avec de grands noms, certains font même parties de vos influences comme Georgio ou encore Bigflo et Oli, comment voyez-vous cette étape qui est de passée de la fiction à la réalité ?
L – Oui c’est fou ! A chaque fois que je liste les premières parties de malade que j’ai faite, je suis tellement fier, surtout quand ces artistes font partie de tes influences personnelles, qu’ils t’ont nourri. C’est l’aboutissement d’un truc… Après, pour être très honnête, quand on y est, au soir du concert, ce n’est pas vraiment là qu’on réalise le truc. A ce moment là, on joue, on essaye d’offrir le meilleur de « Lombre » pour le public, ça demande beaucoup de concentration. C’est plus tard qu’on réalise la chance d’avoir pu avoir ce moment pour ouvrir pour une de ses influences…

 

JF – Quel a été le déclic quant à l’écriture de vos musiques ?
L – Quand j’avais 11 ans, mes parents se sont séparés, et là j’ai eu besoin d’un exutoire. L’écriture m’est tombée dessus et, à mon tour, j’en suis tombé amoureux. C’est cette séparation qui fait que j’écris sur les noirceurs pour en faire jaillir de la lumière, car j’avais un réel désir de sortir de ce noir pendant cette période bizarre. C’est grâce à cette période que j’en suis là où j’en suis aujourd’hui. D’où le fait que je crois plus que tout que, parfois, les phases difficiles sont souvent bénéfiques pour la personne qu’on devient. On repart plus fort.. Bref, je m’arrête parce que je pourrais en parler pendant des heures (rire).

 

JF – Comment considérez-vous votre nouvel EP sorti le 10 septembre ? Aviez-vous une idée bien précise des valeurs que vous souhaitiez transmettre ?
L – Je le considère comme celui qui définit clairement, et pour la première fois, l’identité de mon projet. J’ai pris le temps de faire cet EP, pour rencontrer LE réal qu’il me fallait pour m’entourer et faire en sorte que tout colle. Je suis ultra content d’avoir travaillé avec Clément Libes (Kid Wise, Bigflo & Oli) qui a su comprendre l’identité et l’âme du projet, et qui m’a aidé à forger cette identité qui était nécessaire pour moi. C’est cool d’explorer, mais c’est bien aussi de poser un cadre précis sur les choses. Cet EP, ce sont 6 titres que j’aime plus que tout et qui me ressemblent au plus profond. J’espère qu’il en sera de même avec les gens.
L’idée que je voulais transmettre, c’est l’espoir présent, malgré la noirceur mais aussi mettre en avant des sujets pas toujours évidents. Je voulais y transmettre des valeurs de partage, d’échange, de « nous ne sommes pas si différents au final », dans ce monde où le paraitre et les confrontations sont très présentes, où il faut toujours être le meilleur.. Marre de ça !

 

JF – Comment s’est passé le déroulement de la création de cet EP ?
L – Après mon EP sorti en 2017, je me suis promis que le suivant serait le reflet le plus précis de ce que je suis, de ce que je voulais que soit le projet. Effectivement, le premier avait été un peu « bâclé », mais c’était normal aussi, ça fait partie du développement.
Au final, j’ai donc mis 2 ans et demi pour préparer ces 6 titres, et surtout pour qu’ils sonnent comme je voulais représenté Lombre. C’est ce qui a été ça le plus difficile.. J’ai travaillé avec plusieurs musiciens, réal pour essayer de trouver la recette magique de ce qu’allait être ce deuxième EP. Trouver l’équilibre entre la Prod et le texte a été une étape compliquée. J’ai eu la chance d’être accompagné par ce génie de Clément Libes, par Léo Bouloumié pour la réalisation finale, et j’en suis fier, vraiment !
Le COVID m’a fait repousser la date de sortie car, à la base, il devait sortir en Mai. Mais pour des raisons de promo etc, nous avons fait le choix de le repousser au 10 septembre.

 

JF – Comment appréhendez-vous l’environnement actuel ?
L – C’est compliqué pour tout le monde je crois.. Il faut être fort, ne rien lâcher, garder le moral, mais c’est pas toujours facile, c’est clair.. On ne peut pas reprendre l’activité qui nous fait vibrer, retrouver les gens, ça commence à vraiment peser dans les jambes… On a plus l’impression de subir que d’être dans l’action. Maintenant, d’un point de vue personnel, je suis content car la promo pour la sortie de l’EP s’est super bien passée, je sens un petit engouement autour de mon projet donc forcément ça me rend heureux et me fait relativiser.

 

JF –  Avez-vous d’autres projets en tête ?
L – Plein !!! L’essentiel à ce jour pour moi est de développer « Lombre », mais j’ai plein d’idées de projets que j’aimerais réaliser dans le futur.. Je suis pressé de mettre tout ça en place !

 

JF – Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?
L – Que le projet vive ! Que l’EP soit écouté et apprécié par le plus grand nombre, et que la communauté des ombres ne cesse de s’étirer, qu’on puisse ensemble prôner les messages qui nous touchent au plus profond !

 

JF – Merci Andréas d’avoir répondu à nos questions
L – Merci pour l’interview Just Focus ! A très vite !

 

Nous vous invitons à dévorer les 6 titres du nouvel EP de Lombre, rempli d’espoir et d’une justesse remarquable.

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