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      Interview de Jérémy Chapron pour la sortie de son premier album

      À 31 ans, Jérémy sort son premier album, qui est le fruit d’années de travail dans la musique. Si c’est la Star Académy 7 qui l’a révélé, c’est son talent qui l’inscrira dans ce dur milieu qu’est l’industrie musicale, lui permettant ainsi de travailler avec les plus grands de la chanson française. Si la vie n’a pas toujours été simple, c’est sa passion pour la musique qui le conduira à ses premiers succès, même si cela a été dans l’ombre. Artiste hyper-actif, il pense déjà à ses futurs projets, comme le développement de son premier spectacle musical. Plus confiant que jamais, Jérémy n’en est qu’au début de son processus créatif. Une chose est sûre, cet artiste est à suivre de prêt. C’est tout en sincérité et sensibilité qu’il s’est livré à nous.

      Bonjour Jérémy ! Est-ce que vous pouvez commencer par vous présenter ?

      Je m’appelle Jérémy Chapron, je suis auteur/ compositeur/ interprète et directeur musical. Je travaille dans la musique depuis des années et là je reviens en tant que chanteur.

      Justement, on va revenir sur votre parcours. Vous avez fait la Star Academy 7, est-ce que vous pouvez nous parler de cette expérience ? Nous expliquer comment ça s’est fait, comment vous l’avez vécu et ce que ça vous a apporté.

      La star Ac’ pour moi, c’est vraiment une expérience à 100 % positive. C’est vraiment quelque chose dont je garde un souvenir mémorable, qui m’a permis d’exister. D’exister dans ce métier, d’avoir des premiers contacts. Moi, je venais de province, je ne connaissais personne dans la musique. Ça m’a permis d’exister d’un point de vue plus affectif aussi, plus personnel et de vivre des instants juste incroyables.

      Moi, je faisais des concours de chant depuis tout gosse, je profitais de ma passion. Je voyais dans tous les concours de chant du Charles Aznavour, du Céline Dion, du Patrick Bruel et moi à 18 ans, je me suis retrouvé à chanter avec ces gens-là. je me suis dit que quoiqu’il arrivait, même si après ça, il ne se passait plus rien. J’aurais déjà eu une chance incroyable que peu de gens ont pu vivre. Donc c’est une aventure incroyable pour moi, qui restera gravée et c’est le genre de chose qu’on raconte à ses petits-enfants. C’était merveilleux, j’en garde plein de souvenirs.

      Et en fait, mine de rien ça m’a permis, même si ça a pris du temps et que le chemin est toujours long, d’avoir un premier doigt de pied dans la musique. Et puis, quelques années plus tard, de pouvoir vivre à fond cette passion. Même si, et j’en suis très heureux, ça a été dans l’ombre des artistes. J’y ai pris beaucoup de plaisir.

      Comment on se sent quand on chante avec Charles Aznavour, Johnny Hallyday ? Qu’est-ce qu’on ressent à ce moment-là ?

      C’est difficilement explicable parce qu’en plus, j’avais 18 ans. C’est ce qui a fait ma force, j’étais un peu inconscient. Je voyais les artistes défiler, surtout que ça va à une vitesse et un rythme incroyable. Toutes les semaines, ça n’arrête jamais. C’est comme si on était abreuvé dans un buffet géant avec que des choses merveilleuses à manger, tout le temps. Donc, on ne se rend même plus compte que ce qu’on mange est incroyablement bon.

      Il y a des moments où ça court plus et il y a des moments qui sont hors du temps. Je me souviens avec Charles Aznavour, je m’en souviendrai tout le temps. Chanter avec quelqu’un qui est une légende, une légende absolue qui a travaillé avec Brel, Piaf. Waouh ! Donc, c’était déjà dingue ! Et puis, il m’a pris par le cou et il m’a dit : Regarde ton public. Regarde-les chacun dans les yeux parce que c’est eux qui feront ce que tu seras. Ça, ça restera gravé dans ma tête parce que c’était un monstre, une légende. Et moi, j’étais à côté de cette légende pour chanter une chanson qui, elle, était encore presque plus légendaire que lui. C’est, en fait, tellement insensé, que c’est incroyable. Ça fait des souvenirs qui nous rendent un peu unique. Parce que des moments comme ça, on est très peu à les avoir vécus.

      Est-ce vous vouliez chanter de manière professionnelle depuis petit ?

      Pas à la base, non. En fait, ce n’est pas que je ne voulais pas, je ne m’étais même pas posé la question. Moi, je venais de Reims et on sait très bien que c’est un milieu où il faut connaître des gens. Donc je ne me suis jamais, vraiment posé la question. Je faisais mes études, je travaillais dans le social avant. J’allais reprendre un bac pro, puisque je suis monté à Paris quand j’avais 16 ans et que je me suis dit : Bon on va peut-être reprendre les études, parce qu’il va falloir faire quelque chose quand même ! J’allais commencer et c’est là qu’on m’a appelé pour faire la Star Ac’. Je n’y croyais pas. On est invité à un casting, on est déjà content, on se dit que ça va dégager à l’étape suivante. Et puis, ça n’a jamais dégagé et je me suis retrouvé devant le château quoi ! Donc, c’est vraiment fou !

      Ahmed Bahhodh

      C’est grâce à un enchaînement d’événements que vous avez pu en vivre de la musique !

      Exactement ! Oui, c’est ça en fait. Ce sont tous ces changements-là, on arrive, on en sort et on se dit : J’ai une possibilité, vas-y, j’essaie. Et puis, en fait, le chemin il est terriblement long. Puisque moi j’ai tout connu, le pire comme le meilleur. Les moments où il n’y avait plus rien, il n’y avait pas de boulot, pas d’argent. Les mauvaises rencontres, de mauvaises personnes dans le métier, qui font que tout aurait pu s’arrêter, parce que je n’avais plus rien, j’étais à court de tout. Et puis, à un moment ça repart.

      Mais ouais, ça m’a permis, en tout cas, de me lancer là-dedans. Sûrement inconscient, encore une fois. Si j’avais des enfants ou des jeunes qui viendraient me voir, je leur dirais d’être un peu moins inconscient que moi. J’ai suivi le truc sans me donner aucune autre porte de sortie. Ça a été très très compliqué mais un jour ça a matché et j’ai pu vivre correctement de ce métier.

      L’après Star Ac’ a été dur, vous avez enchaîné les mauvaises rencontres. Comment on gère le fait d’avoir été très médiatisé et de se retrouver après tout ça dans la galère, ne sachant plus trop quoi faire ?

      Je n’ai pas enchaîné que les mauvaises rencontres, j’ai eu quelques mauvaises rencontres qui ont fait que c’était compliqué. La médiatisation, pour le coup, ça va. Sur ce point-là, ça a été très doux pour moi, parce qu’il y a eu la Star Ac’ après, beaucoup de promo télé, énormément, ensuite la tournée. Donc en fait, j’ai vu le truc descendre petit à petit en termes de notoriété.

      On s’habitue, et puis, je me suis vite rendu compte que ce ne serait pas un problème pour moi de ne pas être reconnu dans la rue. Alors, c’était très plaisant, effectivement, c’était très agréable parce que, oui, on ne peut pas dire que des gens qui nous donnent de l’amour en nous arrêtant comme ça, ce n’est pas agréable. Mais j’ai vu chez d’autres, des candidats d’avant ou de ma saison, pour qui ça peut être vraiment, purement destructeur.

      Moi, je n’ai pas du tout mal vécu cette après-médiatisation, ça a été plus : qu’est-ce qu’on va faire ? Qu’est-ce que je vais faire ? Où est-ce que je vais trouver ma place, est-ce que ma place est dans la musique ? Ce sont les questions qui vont se poser pendant les années qui suivent. Mais la médiatisation, moi je l’ai plutôt bien vécu parce que je n’étais pas drogué à la starification.

      Après ça, vous avez un peu commencé à travailler dans l’ombre. Notamment, en composant pour Garou. Pouvez-vous nous expliquer comment ça s’est passé, comment vous avez travaillé dessus pour finalement, en plus, rencontrer un grand succès !

      Il n’y a presque pas eu de pression parce que justement ça s’est vraiment le point d’orgue. J’ai travaillé avec un producteur avec qui ça s’est mal passé, donc je n’avais plus rien, plus de contacts. Je me suis fermé à tout le monde. Je n’avais même plus rien pour vivre. Du coup, je suis allé voir un ami à Montréal, on est allé dans une auberge dont Garou est propriétaire avec des amis à lui. On passe une super soirée et puis juste le lendemain, on se dit avec mon pote, on faisait des chansons, pour moi. On se dit : Ah ! Vient-on écrit une chanson pour Garou, ça serait super. Mais comme n’importe qui, un peu en mode utopiste : Allez, faisons une chanson !

      On fait une bonne chanson, on pense qu’elle est cool, et puis on l’appelle. Au départ, il nous dit non, et puis après, il nous dit oui, parce qu’il écoute la chanson. On ne savait pas qu’il faisait un album, on n’avait pas de contact et puis au final, il se retrouve à avoir la chanson, deux semaines après qu’on l’ai faite. Garou tombe complètement amoureux du titre. Il nous rappelle et moi je me retrouve, petit mec comme ça là, avec Garou qui m’appelle en visio pour parler de la chanson. Il l’enregistre avec l’orchestre philharmonique de Londres. Donc moi qui suis passionné de tout ce qui est orchestré, je vis un truc de fou et surtout que je ne savais vraiment pas qu’il faisait un album. Et effectivement, il était sur la fin. Donc, on est tombé au bon moment.

      Sur l’album, il y a avait Plamondan, Cocciante, Daran, Obispo qui sont des énormes stars. Il n’y avait aucune raison qu’on s’y retrouve.

      Je pense que c’est un vrai coup du destin qui fait qu’à ce moment-là, je n’avais rien, plus vraiment d’ancrage dans la musique et ça m’a permis d’avoir fait quelque chose, d’avoir un titre qui marche. De réaliser mon premier rêve, qui est de faire un disque de platine, comme je voyais dans Fréquenstar avec Laurent Boyer quand j’étais petit. Ça me faisait rêver et je l’ai eu pour ce titre. Et tout d’un coup, je me suis mis à exister en tant que mec de la musique de l’ombre.

      Ça vous a lancé, vous avez repris confiance ! Ensuite, vous avez continué à travailler pour d’autres artistes dans l’ombre ?

      Oui ! J’ai travaillé pour beaucoup de monde. Au départ en tant que compositeur, et puis après en tant que réalisateur. Parce qu’il y a une suite, après, j’ai travaillé pour les Kids United, du premier jour jusqu’à aujourd’hui.

      Ahmed Bahhodh

      Justement, est-ce que vous pouvez nous parler de votre parcours avec les Kids United ?

      C’est une aventure bien particulière, les Kids. Il faut savoir que j’arrive en tant que réalisateur. Je faisais mes petites maquettes chez moi, mais je n’avais jamais réalisé pour un album qui allait vraiment sortir. Réaliser une chanson, c’est faire les arrangements etc. Je me retrouve sur ce projet-là, parce que c’est un tout petit projet et que par une somme de contact, je fini par avoir l’occasion de faire des titres. Et puis ce projet, il nous dépasse complètement, puisqu’on pensait vendre globalement 30 000 mille albums, ça aurait déjà été un merveilleux succès. Et puis on en vend 1 million.

      Ce projet, j’ai pu y avoir accès parce que je commençais à avoir une petite carte de visite. J’avais fait Garou, j’avais fait deux trois choses. Donc j’existais quand on me demandait ce que j’avais fait, parce que c’est toujours ça qu’on demande. On ne demande pas : Fais moi écouter une chanson. On dit toujours : Qu’est-ce que t’as fait ? C’est quoi ton CV ? Un peu comme dans n’importe quelle entreprise. On est très CV. Ça m’a permis d’en avoir un, d’arriver sur Kids. De pouvoir faire ce petit projet-là qui explose et j’explose avec !

      Je deviens quelqu’un qui bosse sur un projet qui fait des millions de vente, des tournées dans le monde.

      Je finis par récupérer la direction musicale des tournées, de monter les spectacles. Et puis c’est un projet qui est incroyable humainement, parce qu’en plus, c’était un truc qui était particulier, mais c’était mon travail avant. Je travaillais dans le social, j’étais aide-soignant. Je travaillais avec des enfants pendant ma formation. J’ai toujours été proche de la jeunesse, proche des enfants. Ce projet, il était fait pour moi parce que c’était naturel, ça liait la musique et en même temps l’amour des gens. C’est particulier parce que l’avantage quand on bosse avec des enfants, c’est qu’il n’y a pas de mensonges. C’est-à-dire qu’un enfant qui n’a pas envie de faire quelque chose, il ne le fait pas. Il y a une vraie sincérité avec eux.

      Et voilà, j’ai vécu des trucs de fou, j’ai voyagé dans le monde entier. On a été chanter aux Nations-Unies, voir Orlando Bloom, David Beckam, New York. On a joué à Miami, en Côte d’Ivoire, au Liban, dans tous les Dom-Tom. Et puis, on a fait de grandes salles, on a fait deux Bercy. Enfin, j’ai vécu des moments incroyables.

      Donc, ça a été hyper formateur, vous avez continué d’apprendre, de faire vos armes dans la musique. Vous vous épanouissiez complètement dans la composition, la réalisation, c’était vraiment ça que vous aviez envie de faire dans la musique ?

      Exactement. C’est surtout que je me suis retrouvé à faire ça, parce que c’était comme ça en fait. A un moment, j’ai discuté avec mon manager qui m’a dit : Tu fais de bonnes chansons. Mets-toi au service des autres, peut être que là, pour le moment, c’est la meilleure chose à faire. J’avais fait un ou deux singles qui n’avaient pas marché. On n’avait peut-être pas trouvé le feu sacré là-dessus. Donc il me dit : Mets-toi au service des autres, je pense que c’est le moment.

      Au départ, c’est un peu dur à attendre et puis après on se dit : Ben ok ! Il a raison. Il a raison, je vais me mettre à bosser.

      Et puis, en finalité, en prenant du recul, je me suis rendu compte que ce qui m’importais le plus, c’était de vivre de grandes choses. J’adorais être sur scène en tant que chanteur, mais que le plus important c’était de vivre des moments incroyables qui sont donnés à peu de gens. Et j’ai vite compris aussi qu’en le faisant pour d’autres, j’aurais plus de chances de vivre des trucs dingues.

      J’ai travaillé pour pleins d’artistes, j’en ai découvert pleins. Ça me permettait de me donner plus de chances de vivre des trucs fous et ça a été le cas. En tant que chanteur, il y en a un ou deux, trois grand maximum, qui vraiment pètent par an, grand grand max. Donc la possibilité de se retrouver demain sur une scène de Zénith, elle est quand même assez faible. Alors que travailler pour pleins d’artistes, on a la chance de retrouver ses chansons chantées sur de grandes scènes, devant des milliers de gens, les retrouver à la télé. De vivre toutes ces émotions qui sont liées à notre travail, sur scène, à la télé etc. Ce qui est forcément plus difficile, quand on défend juste sa tête.

      Toutes ces expériences vous ont permis d’acquérir assez de compétences pour vous lancer en solo et sortir votre album puisque vous le sortez dans l’année. Est-ce que vous pouvez nous parler de l’album ?

      Oui, ça m’a permis de prendre du recul. De faire des chansons et surtout de savoir, vraiment, qui j’étais en tant qu’artiste. Et à un moment, c’est venu de soi-même. Il y avait les uns et les autres qui me disaient : Ça serait pas mal que tu fasse ton truc à toi, ça serait cool. J’ai vraiment su, à un moment, ce que je voulais faire, exactement, musicalement. Je me suis dit : Ok ! Ça, c’est ce qui me plaît. C’est ça, que je veux donner aux gens, parce que moi, c’est ça, que j’aimerais ressentir comme émotion, que j’aime ressentir quand j’écoute des chansons.

      J’ai l’impression d’être enfin, complètement en phase, entre ce que j’aime ressentir et ce que je pense pouvoir faire ressentir par mes chansons. Je suis arrivé au constat aussi, j’estimais, que j’avais assez de bonnes chansons, pour faire un album. Que ça me représentait, que je trouvais cool.

      J’ai d’abord réalisé l’album une première fois, que j’ai complètement mis à la poubelle. C’était bien, mais c’était une première étape pour arriver à autre chose. C’était complètement full, vrai musicien, vrai batteur etc, c’était génial mais ce n’était pas le moi de 2021, c’était le moi de 2009. Donc il a fallu passer par cette étape, pour revenir à une autre étape, pour là, me mettre à travailler avec celui qui a co-réalisé l’album avec moi, qui s’appelle Yann Bordejo et qui est mon ami. Il est ingé-son et on a travaillé ensemble sur pleins, pleins d’albums. On a trouvé le son, puis ça a matché avec les chansons.

      Il a emmené un côté un peu plus urbain, sur ces chansons de pop, de variété et on est arrivé sur une recette qui a bien marché.

      Et puis, le confinement a précipité le fait de me dire : Il faut que je trouve un truc à faire, sinon je vais péter les plombs. J’avais ouvert mon studio, parce que j’avais trouvé ma petite cabine. Je me suis dit : Bon il faut que je sorte, il faut que je bouge. J’avais ma cabine, mon studio qui était à cinq minutes de chez moi et plutôt que de rester chez moi à regarder des séries Netflix, je suis allé tous les jours faire un peu de musique. Et puis au fur et à mesure, c’est né et je me suis dit : Ah ouais, il s’est passé une magie à un moment.

      Quand on a commencé à réaliser les 1er titres, je me suis dit que j’avais trouvé exactement, ce qui, moi, me faisait vibrer et ce que je voulais pouvoir donner comme image, aux gens. Donc une sorte de magie de fou, pour arriver à un truc dont je pensais être content d’avoir fait, être fier. Mais là c’est plus que ça ! J’ai trouvé la formule, grâce à tous les gens qui m’ont apporté leurs connaissances ou leurs talents.

      C’est exactement l’album que j’aurais rêvé de faire parce que c’est, en même temps un album de chansons, de vraies chansons qui fonctionnent piano-voix. Et en même temps, à mon grand étonnement, je trouve ça quand même très chic. Je pense que c’est un album qui peut-être autant écouté dans un appartement très chic et très cossu, qu’en pleine campagne. Je pense que c’est un album qui peut parler à tout le monde.

      Pochette d'album Jérémy Chapron

      Vous avez pu trouver qui vous étiez. C’était le bon moment et même la période de Covid ne vous a pas empêché de travailler sur votre album, de faire les choses comme vous le vouliez.

      Exactement, parce qu’à un moment, il y avait une sorte d’urgence à aller mieux, à faire des choses.

      Je n’ai jamais été aussi productif de ma vie, que pendant cette période. Ok, il y a eu la première période, c’était agréable, on n’a rien fait. C’était cool, on a mangé diet, on a fait du pain, c’était très sympa. Mais on est arrivé à un autre moment où on voit que ça dure. Je me disais : Je ne vais pas tenir comme ça parce que je suis vraiment un hyperactif. Ce n’était vraiment pas possible, ce n’était vraiment pas envisageable pour moi. C’est une période qui m’a permis d’être hyper créatif. J’ai monté un spectacle, une boite de prod, j’ai fait mon album. Il fallait faire des choses, il fallait créer. Je pense que c’est hyper important.

      Au moment où on regarde on se dit : Ah ça redémarrera pas, c’est compliqué… Non ! Il faut créer ! Moi, j’ai vraiment décidé de faire des trucs en me disant que c’était pour l’après. Il faut être là pour l’après. Je pense qu’en temps normal, je n’aurais peut-être pas eu le temps de le faire parce que j’aurais travaillé sur d’autres projets. Et là, tout était un peu en stand-by, parce que tous les partenaires musicaux se posaient un peu des questions sur ce qui allait se passer, ce qui est normal.

      Il ne restait plus que moi à occuper, donc je me suis dit : Un jour je m’y mets.

      J’ai ressorti quelques trucs et je me suis dit : Là j’en ai 5/6. Oh elles sont cool ! Ah c’est bien ! Et puis 7 ! Et puis j’en ai recomposé deux, trois. Mon pote Yann m’a rejoint, on a commencé à réaliser. Ça a commencé à naître et j’ai fait : Waouh mais attends, ça peut vraiment être génial !

      Mon manager m’a suivi et l’avantage aussi de bosser dans ce métier, maintenant depuis pas mal d’années, c’est que j’ai eu pleins de gens avec qui je collabore, que ce soit à la promo, en maison de disque etc, qui ont été formidables avec moi. Qui sont maintenant vraiment des copains, voir des amis. Je me suis retrouvé avec tous les gens avec qui je travaillais, avec qui je collaborais tous les jours, pour les artistes pour lesquels on travaille. Ils m’ont tous donné un formidable coup de main. Je suis entouré d’une équipe de dingues auquel je n’aurais jamais pu rêver, ni même accéder.

      En fait, tout se passe bien ! J’ai pu avoir un super clip, une super séance photo, une super pochette. J’ai le meilleur de chacun et puis j’ai eu la chance de bosser avec eux, maintenant, ils bossent avec moi sur ce projet. Donc c’est un bonheur, quoi ! J’ai le meilleur de chacun pour réaliser le rêve de ma vie, en fait. Enfin, un album à 31 ans ! Et puis je suis hyper fier qu’il arrive maintenant. Il ne sera pas arrivé trop tôt, il ne sera pas du tout arrivé trop tôt et quand j’y pense avec le recul, je me dis : C’est exactement comme ça que je l’aurais rêvé.

      Les temps sont compliqués, on ne peut pas faire de concert, comment comptez vous défendre votre projet. Est-ce que vous avez déjà des petites idées ?

      Ah ben oui ! L’avantage c’est que c’est mon travail de fourmiller d’idées, pour les autres, artistiquement. J’ai la chance d’avoir une super équipe, je suis très bien entouré et surtout, maintenant, d’être force d’idées aussi. Je sais exactement ce que je veux, en fait. Je sais exactement ce que je veux, je suis hyper ouvert parce que je travaille avec pleins de gens différents. J’ai pleins d’idées, que ce soit des lives acoustiques, des tournages que j’aimerais faire, des contenus que je veux créer. Je suis formidablement bien entouré en ce qui concerne la promo et le développement de ce projet. Donc moi, j’ai fait mon travail, j’ai rendu l’album. Il est terminé.

      C’est génial parce que maintenant, c’est beaucoup plus simple parce que j’ai bossé avec pleins de monde, que ce soit à la vidéo, au son etc. Là, je peux créer des contenus, imaginer des trucs que j’aurais rêvé de faire. Et qui deviennent possible parce que je connais des studios qui peuvent jouer le jeu, ou des gens prêts à clipper des trucs. Donc voilà, il y a pleins de choses qui arrivent derrière et en parallèle de cet album. Qui vont être des jolis contenus et qui vont continuer de faire vivre ce projet artistiquement. C’est un plaisir immense, je veux vraiment m’éclater et donner ça en faisait : Waouh waouh ! Regardez ! Comme si j’étais un gamin qui rentrait de l’école avec un joli dessin hyper fier. C’est un peu ça en fait !

      Est-ce que vous pouvez revenir sur le spectacle que vous avez monté et nous en dire un peu plus, si possible ?

      Alors ça, c’est un truc qui n’a rien à voir avec mon album. J’ai travaillé en studio, beaucoup en live et à force de bosser en live, je me suis rendu compte que j’adorais vraiment ça, j’adorais vraiment le spectacle. J’aimais beaucoup le studio, mais j’aimais encore plus les tournées, les spectacles et surtout le montage.

      Cette adrénaline que j’ai pu avoir sur les Kids, de se dire : Voilà, on va partir sur la prochaine tournée. On est le 6 juin, on rentre le 7 janvier. La première date pour 45 dates de Zénith. Maintenant, on monte le spectacle. Et donc, il faut monter, il faut trouver des idées, il faut se dire : Mais qu’est-ce qui va faire vibrer les gens ? Cette adrénaline-là, elle est incroyable ! Jusqu’à ce qu’on arrive au premier jour et qu’on se retrouve devant cinq mille personnes, en se posant la question : Est-ce que ça va marcher ou pas ? Ça s’était dingue.

      Quand j’étais gosse, je regardais beaucoup de spectacles musicaux, de comédies musicales françaises ou même de Broadway ; Grease, Hairspray, West Side Story.

      Les dix commandements, le Rois Soleil, enfin tout ça. Je me suis toujours dit qu’un jour, je voudrais le faire. Et donc, j’ai créé un spectacle musical jeunesse que je suis en train de développer aussi.

      Ça m’a demandé beaucoup de travail, mais avec les Kids, mine de rien, je pense qu’on a développé un truc. Avec les enfants, je pense qu’on a réussi à trouver une alchimie, que ce soit pour faire des concerts, par les chansons, par des façons de faire etc. Et donc, de trouver quelque chose qui était accessible aux enfants, où ils passent un moment merveilleux, mais aussi les parents.

      Et cette alchimie, j’ai voulu la mettre au service du spectacle musical que j’ai créé qui s’appelle Le petit petit Chaperon rouge. Il y a un côté hyper original parce que c’est très drôle, il y a plein d’humour second degré. C’est donc un spectacle qui est fait avec des chansons, mais qu’avec des reprises. On peut passer de Joe Dassin à Maître Gims, de Lomepal à Jean Jacques Goldeman. C’est une histoire qui est hyper moderne, hyper fraîche. Tiré d’un compte hyper connu mais qui est complètement revisitée. Donc voilà, j’ai essayé de prendre tout ce que j’ai fait pendant ces années et le mettre au service de la création d’un premier spectacle.

      Il faut créer c’est hyper important.

      J’ai fait ça parce que j’avais envie de le faire et je me suis lancé. Tout le monde m’a dit : Non mais t’es fou ! Te lance pas maintenant, les théâtres sont bouchés, les plannings de booking sont bouchés, puis là, tu te rends compte, attends un an. Mais non, non ! Je ne vais pas attendre un an. Parce que si j’attends un an, je serais en même temps que tout le monde. Ce que j’ai voulu, c’est créer et je ne me suis pas trompé. Je rentre en résidence bientôt pour monter ce spectacle. Après, il sera temps de le développer mais, l’idée c’est de faire le montage du spectacle.

      Je ne me suis pas du tout trompé, les gens étaient beaucoup plus disponibles parce qu’il n’y a rien à faire et ils ont ultra envie. Tous les partenaires avec lesquels je travaille sur ce spectacle ont ultra, ultra envie de travailler, ils sont hyper heureux. Il y a une sorte de magie de : Bon on y retourne, c’est génial quoi. Tous les gens qui m’ont dit : Non, il faut attendre. Tu comprends, c’est dangereux… La vie, oui, c’est dangereux. Dans tous les cas, c’est prendre des risques. Sans prendre de risque, on ne peut pas espérer faire de grandes choses. J’avais besoin et envie de le faire, ça m’a éclaté à mort. C’est maintenant qu’on va créer pour quand ça va s’arranger.

      Jérémy Chapron
      Ahmed Bahhodh

      Vous avez du coup côtoyé beaucoup d’artistes et de grands artistes. Quels sont ceux qui vous inspirent pour créer ?

      Quand j’étais gamin, j’étais beaucoup inspiré et je pense que ça s’entend parfois dans mes chansons. Moi, je viens vraiment de, et c’est complètement assumé, je viens de la grande variété, de la pop. Je connais, je bats tous mes amis à variété quizz. Quand aujourd’hui, tout le monde connaît tous l’urbain, moi je connais l’intégralité de la variété. Les deux chanteurs qui ont vraiment influencé ce que j’ai fait, c’est Calo et Obispo. Au départ en termes de compo, ce sont de grands compositeurs. Pascal, il fait des chansons juste incroyables, pour tout le monde. Et puis ce sont deux mecs dont je me sens très très proche dans leur façon de composer, parce que j’ai été nourri à cette école-là. Ce sont des mecs qui écrivent pour les autres. J’ai été bercé à toute la variété, de Brel, à Piaf, en passant par Céline Dion et Johnny Hallyday.

      Et ce qui est rigolo, c’est que j’avais mon père qui écoutait toujours des chansons, le matin avec des CD. Il était dans la voiture et il écoutait pendant des semaines, la même chanson. J’ai des souvenirs parce qu’il m’emmenait à l’école, non mais c’était une folie ! Pendant un mois, il écoutait la même chanson, elle tournait cinq fois d’affilée. Il devait y avoir à peu près 10/15 minutes pour aller à l’école, en voiture, et elle tournait tout le temps. Donc moi, j’ai des souvenirs de Tina Arena, d’Hélène Ségara, Vivo Per Lei, tout ça. Mon père, il écoutait vraiment de la grande variété et ce qui est rigolo, c’est que ces souvenirs-là, ils sont remontés quand j’ai bossé avec Hélène, avec Tina. Il écoutait sous le vent, j’ai bossé avec Garou. J’ai chanté avec Céline Dion.

      Tous ces gens-là, quand j’ai bossé avec eux, il y a eu sorte de nostalgie.

      Je ne supporte pas de voir des gens qui disent : Oh mais c’est normal. Non, en fait, il n’y a rien de normal. Il n’y a rien de normal là-dedans, c’est magique. Alors oui, on est tous pareil, que ce soit un artiste qui a vendu 2 millions d’albums, ou que ce soit n’importe qui dans la rue, on est tous fait pareil, bien sûr, exactement. Mais on ne pourra pas enlever, et d’ailleurs c’est pour ça que c’est beau. On ne pourra pas enlever cette magie-là.

      C’est que des gens que j’écoutais quand j’étais gosse, ou que mes parents écoutaient quand j’étais gosse. Donc, quand j’ai bossé avec eux, ça remontait toujours. On bossait, on faisait le travail, c’était cool. Mais dans un coin de ma tête, je me disais toujours, il y avait le gamin de 12 ans qui me disait : Jérém’, c’est quand même rigolo la vie, le destin il est quand même incroyable. Si on t’avait dit ça à 12 ans… Et là, t’es en train de faire ça ! Donc c’est cool, mais rends toi compte de la chance que t’as.

      On n’est pas dans de l’idolâtrie, ni dans de la fana sup’, pas du tout. On est dans le : c’est magique comment un gamin de 10 ans qui écoutait de la musique. Qui faisait des concours de chant et qui chantait du Patrick Fiori, qui chantait du Garou, du Piaf, du Brel, se retrouve un jour à bosser avec tous ces gens-là en studio. Et en tant que compositeur ou en tant que réalisateur, c’est-à-dire vraiment en partenaire pour se mettre au service de l’artiste. Ouais, c’est incroyable. C’est magique !

      Je ne perds jamais cette magie et je la garde toujours au fond de moi, parce ce que c’est ce qui me fait constamment garder les pieds sur terre.

      Parce que, c’est ça, en fait, la vérité.

      Vous avez été bercé par la variété française et en plus vous avez eu l’opportunité de chanter à côté des gens que vous aimiez petit !

      Est-ce que vous auriez un petit mot pour la fin, pour nos lecteurs ?

      Oui, je veux leur dire de toujours s’accrocher. De ne pas écouter les gens qui disent : Ben c’est pas possible ! D’y aller et puis d’essayer de faire au maximum ce qui nous fait plaisir dans la vie. Moi cet album, c’est le plus bel exemple. C’est-à-dire que je reviens avec un projet qui me fait complètement plaisir, que je kiffe, où je suis hyper bien entouré et je n’ai aucune pression, je n’ai pas de pression de succès. Je souhaite avoir du succès hein, mais je souhaite que les gens qui écoutent ça, ressentent la même chose que moi. Qu’ils me disent : Waouh ! J’ai écouté ta chanson. Je l’ai écouté parce que je me suis fait quitter par ma meuf ou par mon mec et du coup j’ai écouté ça. Ou alors : J’étais en voiture, je rentrais de ça. Où : J’étais pas bien. J’étais heureux et j’écoutais ça.

      C’est rentrer dans le quotidien des gens, c’est ce qu’on a fait avec la Star Ac’ ! Quand je reçois une story de quelqu’un qui va au boulot, dans sa voiture, ou qui va chercher ses gosses à l’école et qui met ma chanson, il me donne une place dans sa vie. C’est tellement incroyable ! Tout ça c’est du bonus. Je le prends, je suis heureux et profitons, faisons, faisons ! C’est ça qu’il faut faire, c’est ça qu’il faut retenir.

      Finalement dans votre vie, vous avez su allier la musique que vous adorez et le social puisque vous êtes et aimez être proche des gens qui vous écoutent.

      Mais exactement ! Ça ne pourrait pas être mieux résumé. La musique pour moi, ce que je fais dans ce métier, encore plus en live, c’est exactement ça. J’ai fait du social, je travaillais avec des personnes âgées, des personnes handicapées, des enfants. C’était mon métier avant et j’adorais ça. Parce que j’aime les gens, j’aime profondément les gens, je déteste profondément les cons aussi mais je les supporte comme tout le monde.

      Dans la musique, les gens me le rendent, je peux aller les voir. On peut leur donner un maximum et c’est ce que je dis à tous les artistes avec lesquels je bosse : N’oubliez jamais que quand vous faites un concert, il y a peut-être des gens qui galèrent des mois et des mois. Notre travail, nous, c’est de donner au maximum. On peut donner du rêve, donc donnons, donnons, donnons !

      Et je le fais parce que j’aime profondément les gens.

      Merci beaucoup Jérémy pour cette interview, nous te souhaitons beaucoup de succès pour ce premier album ainsi que tes projets futurs.

      A bientôt !

      Retrouvez Jérémy Chapron sur Instagram @jeremychapron

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