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      En attendant le nouvel album, 2 titres mystiques de David Bowie

      Le 8 janvier prochain, David Bowie aura 69 ans. Il s’offre pour son anniversaire un album, « Black Star » (ou «  » selon le souhait de l’artiste). Pour nous mettre en bouche, le créateur de son propre avatar Ziggy Stardust nous propose d’ores et déjà 2 morceaux assez énigmatiques : « Blackstar » et « Lazarus ». Ecoute et impressions…

      DavidBowieBlackStar
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      Le vieux routard du rock

      David Bowie, l’artiste total et protéiforme qui aura scellé le rock du 20ème siècle de sa marque de fabrique, du folkeux timide au glam rockeur exubérant en passant par la funk, la disco et la drum’n bass. Il aura toujours surfé sur les périodes sans jamais lésiner sur son talent. La musique est incrustée dans la peau de cet esprit torturé et à l’identité trouble mais géniale, comme l’a montré cette superbe expo à la Cité de la Musique.

      Références diaboliques pour performance frissonnante

      2016 approche, et David sait que ça sera une année de plus dans sa discographie monstrueuse. Les 2 singles aujourd’hui à notre disposition laissera présager d’un excellent millésime, dans un terrain qu’on présentait déjà depuis son précédent single « Sue (or in a season of crime) », extrait inédit de son dernier best-of. Une voix assez paniquée, des cuivres ponctués très jazzy et une ambiance de film noir, dans le genre « saxophone soudain après une scène de crime ». On retrouve un peu de cette ambiance musicalement parlant dans « Blackstar« , mais avec une tension accrue : le magnifique clip montre un décor de maison surannée située sur une lune dans laquelle on y voit notre chanteur, les yeux cachés par un bandage chirurgical mais doté de 2 trous pour pouvoir voir à travers, il semble implorer des dieux et accompagne d’étranges danseurs aux mouvements tremblants. C’est alors qu’un livre révélateur orné d’une étoile noire est tendu par le gourou Bowie, et nous raconte un peu ce qui se trame dans ce monde : « ne me demande pas pourquoi je suis une étoile noire, je t’emmène à la maison, prends ton passeport et tes chaussures », puis plus loin, « le jour de l’exécution, seule les femmes s’agenouillent et sourissent »… Selon une interview au magazine américain Rolling Stone, le saxophoniste Donny McCaslin, c’est l’Etat Islamique qui aurait inspiré ces paroles. Quoiqu’il en soit, ce sont 10 minutes (et non les 11 minutes et quelques, tronqués pour les besoins de format de Itunes) assez stupéfiantes d’un David Bowie déchainé, possédé par une maléfique ritournelle prophétique entourée de magie noire. Le dandinement de ces morts vivants crucifiés (cela fait penser à l’ironie de la scène finale de « La vie de Brian » des Monthy Python) et la chorégraphie des femmes qui s’affairent autour d’un rituel vaudou à la conclusion sont comme l’expression d’un désir refoulé chez David, et qui, à bientôt 69 ans, se révèlent comme nécessaire : nous mourrons bientôt, et si l’enfer existe,c’est d’abord la musique possédée par les ténèbres qui nous le montrera.

      Les prémices d’un chef d’oeuvre

      Autre single, un tantinet (mais pas beaucoup) plus léger, est autrement plus brillant : Lazarus. Superbes arrangements de ce qui sera, nous l’espérons, la tonalité principale de l’album. Saxos aériens, accompagnements de guitares et batterie classiquement rock, et surtout, Bowie qui vraiment donne ce qui ressemble au souffle de sa vie. Allant volontiers dans les aigus et rendant ses vers chantés dramatiques, tel un soliste d’un opéra rock apocalyptique, le caractère sincère et attachant qui s’en dégage augure une cuvée assez exceptionnelle. Reste à écouter cette galette (on ne compte plus le nombre depuis longtemps) le moment venu pour qu’a priori cela se confirme.

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