[Review] « Prequelle » de Ghost, l’album captivant

[Review] « Prequelle » de Ghost, l’album captivant

Ghost présente son quatrième opus, Prequelle. Que vaut l’album qui succède à l’acclamé Meliora de 2015 ?

Ghost, Prequelle, Tobias Forge

En 2017, après une querelle judiciaire à propos de royalties mal distribuées, les musiciens qui ont participé au succès de Meloria en 2015 quittent Ghost. Le leader Tobias Forge (dont l’anonymat est alors dévoilé) continue alors le projet de Ghost avec d’autres musiciens, qui deviennent alors les nouvelles Nameless Ghouls. Papa Emeritus (alias Tobias Forge) n’est plus. Place au Cardinal Copia, et sa nouvelle ère.

Un thème médiéval sur des sonorités 80’s

Prequelle tourne autour de la Peste Noire, une période sombre du Moyen-Age où l’épidémie de peste a tout simplement éradiqué la moitié de la population. Tobias Forge l’explique dans une interview pour Revolver Magazine :  «…The Black Death [plague] is a great example of a turning point for a whole civilization. Complete villages were annihilated. Most people knew very little, so all of it was God or the Devil — and about their faith being questioned (…) »

Rats, le premier single de l’album parle de la vitesse à laquelle la maladie s’est propagée. Le morceau ne parle pas techniquement de ces animaux, mais plutôt de la façon dont la peste a touché autant de monde dans un laps de temps aussi court. Les rats atteints de la peste bubonique auraient voyagé dans un bateau accostant en Sicile et auraient donc été le commencement de la propagation de la maladie dans toute l’Europe.

Rats fait également référence aux croyances de l’époque. Les gens voyaient en la Peste Noire, le châtiment de Dieu pour avoir pêché.

 

 « Beliefs contagious, spreading disease »

Danse Macabre parle alors de la population qui, se sachant condamnée, faisait alors… La fête. Buvant toute la nuit et dansant littéralement sur les cadavres qui jonchaient les rues. C’est là que le mélange « thème affreux » et disco prend tout son sens. C’est impossible de ne pas au moins bouger la tête en entendant ceci :

Ghost a toujours penché vers les années 80, que ce soit dans l’aura grandiloquente qui entoure ses morceaux, ou dans les instrumentations. Les morceaux Witch Image et It’s a Sin sont aussi tout droit sortis de cette esthétique là.

Bien que l’influence 80’s soit ultra présente, l’ajout de petites mélodies et instrumentations moins évidentes rend le résultat cohérent et grandement catchy.

Pas assez « metal » pour Ghost ?

On a vu beaucoup de critiques disant que Ghost n’a pas délivré un album aussi heavy qu’ils le devraient. Mais à vrai dire, Ghost n’a jamais été dans le cliché des morceaux metal par excellence. On n’attendrait pas d’un album de Ghost ce qu’on attendrait d’un album de Lamb of God.

Lorsqu’ils ont commencé à avoir beaucoup de succès en France fin 2015, on n’arrivait pas à accrocher. En voyant leurs looks, et toute l’imagerie sombre carrément satanique derrière on s’attendait à écouter du black metal. On n’arrivait pas à faire le lien avec leurs morceaux mais on a changé d’avis en les découvrant au Hellfest en juin 2016 (C’était vraiment chouette).

Leurs deux premiers albums Opus Eponymous (2010) et Infestissumam (2013) sont certes plus bruts, mais en écoutant Meloria, on ne pouvait pas ne pas pressentir le futur du groupe. Surtout que Ghost ne change pas fondamentalement leur identité heavy. Comme par exemple dans Faith, un titre plus qu’efficace. 

Oui, See the Light a plus la vocation d’être une power balade qu’à faire headbanger mais l’inspiration est là. Encore une fois, on ne peut pas être complètement surpris. Miasma est un bon mélange de tout ce qui fait Ghost. Des riffs épiques, un solo de guitare et… Un solo de saxophone. Oui c’est surprenant, mais c’est en cela que Prequelle est un album riche. 

Helvetesfönster est un très beau titre instrumental, avec Mikael Åkerfeldt d’Opeth en guest et des passages presque inspirés de Jethro Tull. Enfin, Pro Memoria est pour nous un des morceaux les plus emblématiques de Prequelle. C’est un réel coup de cœur, l’intro est sublime, le  « Lucifer whispering silently into your mind » nous a, et ce à chaque fois. 

 

Ghost, Prequelle

Note : 8.5/10

Prequelle est un très bon album, et pas seulement de métal. Ghost met en avant tout son savoir, que ce soit via les paroles que par la qualité des compositions. On retient chaque morceau, et le reproche fait à Ghost d’être devenu trop pop n’est pas cohérent. Prequelle est la juste évolution des précédents albums et s’annonce être un des meilleurs de 2018.

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