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      Retour sur le reggae Sun Ska 2016

      Les 5,6 et 7 août derniers s’est déroulée la 19ème édition du Reggae Sun Ska. Une fois de plus avec un accueil chaleureux et une line up à réveiller Bob lui même, c’était le rendez vous reggae à ne pas rater. 

       

      Vendredi

      Inner circle

      Inner Circle
      Groupe de reggae à l’ancienne, vétérans du roots, Inner Circle a assuré un show dantesque. Les parrains du reggae, à l’origine de titres emblématiques tels que Bad Boys, ont démontré, malgré leurs âges relativement avancés, que leur précieuse expérience de la scène et de la musique est encore de mise et leur permet de mettre le feu au Reggae Sun Ska. Avec un concert passionnant ponctué du délectable morceaux Sweat à la la long, Inner Circle a démontré une fois de plus son talent musical mais également la conviction forte et personnelle avec laquelle les artistes composent. Interrogé en interview par Alexandre Chadha, le groupe a fait l’éloge de la reggae parole, mélange de respect, de paix, d’amour et d’altruisme. Inner Circle est une attachante bande de rastafaris aux convictions fortes et pourtant si utopiques ? Transmettant des mots puissants, Inner Circle a mis le Reggae Sun Ska d’accord avec une belle prestation, envoûtante et transcendante.

      Bigflo et Oli

      Bigflo-et-Oli
      C’était bien la grosse surprise de cette 19ème édition du Reggae Sun Ska, la présence des deux frères tout droit venu du hiphop Bigflo et Oli. Les deux compères, très jeunes ( 20 et 23 ans ) se sont présentés avec beaucoup d’humilité devant le public raggaphile. Approchant d’abord l’auditoire avec quelques pincettes, inquiets peut être que leur musique ne satisfasse pas une bande de baba cool à la recherche de skank. Pour autant le rap, véritable cousin du reggae, mérite bien une petite place au reggae sun ska. Reste à savoir si Bigflo et Oli étaient les meilleurs représentants du genre. Les avis sont divisés quant à la qualité musicale des freros, mais une chose est sûre, les deux compères assurent suffisamment le show pour convaincre la foule. Parfois maladroits, parfois enfantins, parfois répétitifs, Bigflo et Oli parviennent pourtant à s’en sortir, malgré quelques baisses de rythme assez crues. Cherchant constamment le paroxysme de l’ambiance auprès du public, les rappeurs récoltèrent parfois l’effet inverse, une baisse de souffle à cause d’une redondance certaine. Cherchant quelques idées inattendues comme une battle de rap entre les deux chanteurs, l’effet ne fonctionne qu’un temps, et les chamailleries finissent par lasser l’amateur de reggae. Sans prendre trop de risques, à coup de « Comme D’hab » , Bigflo et Oli s’en sortent avec les honneurs au milieu de toutes ces dreadlocks, cherchant la sécurité en invitant Naâman sur scène avec eux le temps d’un set. La véritable surprise du spectacle réside en la présence d’un beatbox endiablé et inattendu. Bigflo et Oli ont incontestablement assuré le show, pour autant les véritables amateurs de roots et de skank resteront sur leur fin.

      Alborosie

      alborosie
      Alborosie, considéré par beaucoup comme le nouveau grand maître du reggae, est entré en scène aux 12 coups de minuits. Arborant une étoile de shérif, le message est clair, il n’y a qu’un seul chef en ville et c’est lui. L’italien adulé de tous ne s’est pourtant pas donné grand mal sur scène, assurant le nécessaire sans se fouler. L’artiste à joué quelques uns de ses grands titres, sans véritable verve. Mais le chant de Albo, la délicieuse instru qui l’accompagne et son cœur de voix talentueux suffisent amplement à emporter le public avec lui. Alborosie n’a plus rien à prouver et il le sait très bien, la plaque du shérif autour du coup, l’homme chante, nonchalamment, ses titres cultes, devant un public en adoration, sans grande peine.

      Dub Incorporation

      Dub Inc

      Que dire de ce groupe français emblématique qui ferme la marche de ce premier jour ? Pas grand chose si ce n’est que Dub Incorporation en a sous la savate. Eux aussi accompagnés d’un cameo sonore de Naâman, les deux compères ont assuré l’ambiance avec vitalité, bienveillance, et spontanéité. Ils croient en leurs textes et cela se ressent dans le public. Dub Inc est un groupe attachant à qui l’on souhaite encore beaucoup d’années de réussite et de scène.

      Samedi

      Naâman

      naâman

      Naâman, reggae man français chantant en langue anglo-saxonne, n’est plus à présenter. Coutumier du Reggae Sun Ska, Naaman était très attendu sur scène ce samedi. Réunissant une foule absolument délirante et affreusement danse, le public était incontestablement au rendez vous. Naâman a assuré le show et fait jumper quelques milliers de personnes. Avec un petit coucou de Dub Inc, il a assuré ses morceaux, enchaînant Outta Road, Big and Bad, ou encore Skanking Shows. Porté par un public complètement dingue, Naâman a certainement été le concert le plus impressionnant de ce festival.

       

      Dimanche :

      Wailing Trees

      Wailing-Trees-assis

      Wailing Trees, petit groupe de reggae français a ouvert la marche de cette dernière journée avec une insouciante touche de spontanéité. Petite assemblée devant eux, le groupe n’a pas démérité et a offert un spectacle en harmonie avec le festival. Du reggae simple et efficace, à la fois chanté en français et en anglais, Wailing Trees a fait forte impression devant son léger public, affaire à suivre donc !

      Papa Style

      PapaStyle

      Le frenchie Papa Style a pris la suite sur la scène One Love. Apprécié des amateurs de rap comme de reggae, Papa Style n’a pas un style très rasta, d’avantage porté sur la casquette, les joggings et les baskets, il parvient pourtant à convaincre un public assez large grâce à une véritable envie de s’amuser. Pour autant sur la scène du Reggae Sun Ska, Papa Style n’a pas forcément convaincu plus que de raison, parvenant néanmoins à assurer le show. Quelques petits problèmes d’élocutions et d’articulations ont parfois fait des chants de Papa Style une cacophonie désagréable. Difficile à comprendre, les vers du chanteur tombent à plat et si ce n’est « La France Fume », où Papa Style s’est déguisé en policier un joint à la bouche spécialement pour son meilleur morceau, le concert, divertissant, n’atteint pas des sommets et son nouvel album Turbulent, ne convainc pas forcément.

      Manudigital

      Manudigital
      Jeune talent, ayant mixé pour de nombreux artistes, il fait ses premiers pas en solo sur la scène du Reggae Sun Ska cette année. Intrigant, inattendu, Manudigital a remixé les plus grands, de Alborosie à Snoop Dog en passant par Dr Dre. Le jeune artiste français a assuré le show, déversant un sympathique flow de Dub sur l’ensemble du festival. Très entraînant, Manudigital a assuré la partie électro de cette dernière journée avec pertinence. Bravo, artiste à suivre.

      Meellow mood

      mellow-mood
      Attention cher lecteur, Mellow Mood ce n’est pas de la gnognote. Véritable groupe emblématique pour tous les reggae men, Mellow Mood est un véritable hommage vivant au roots à l’ancienne. Mélangeant chansons love en véritables italiens romantiques qu’ils sont, et chansons plus entraînantes, Mellow Mood a assuré le minimum syndical. Sans rappel, le groupe n’a joué qu’une seule chanson emblématique de leur travail passé, ne cherchant pas forcément la communion avec le public. Mellow Mood déçoit relativement, certainement à cause de la trop grosse attente que leur présence suscitait. Concert sympathique sans autres remarques particulières.

      Damian Marley

      Damian Marley
      Nous y voilà, le fils du roi concluait ces trois jours de festival. Tant attendu Jr Gong est le digne héritier de maître Bob et il le prouve sur scène. Entre quelques musiques mineures de l’artiste et des titres emblématiques survenant sur la fin comme Road To Zion et Welcome to Jamrock, ce qui a réellement transcendé la foule, ce sont les chants de Bob Marley repris par son propre fiston. Avec une voix très proche du défunt maître, Damian reprend ainsi War, Could you be Love et Get up Stand up avec une conviction impressionnante.Bob ressuscité, le résultat est très réussi, et la foule s’est trouvée totalement unifiée sur les déferlantes du reggae king. Damian Marley a paradoxalement d’avantage convaincu avec les chansons de son père qu’avec ses propres créations. Avec un début de concert assez mou, Damian Marley s’est néanmoins rattrapé sur la fin, mais le petit coup de pouce de son père d’outre tombe n’y est pas pour rien.

      Trois jours de festival très agréables, prenants et inspirants, le Reggae Sun Ska a assuré son spectacle et a sublimé la musique Reggae grâce à des artiste très talentueux. 

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