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      [Interview] alt-J : la pop décontractée et cérébrale des Anglais

      On a rencontré Alt-J 2h avant son passage sur la scène de la Fête du bruit dans Landerneau. On a discuté avec humour et sans complexe de leur musique et expérience. Les Anglais sont aussi accueillants que leur musique est atypique. Ils ont ce truc, pour faire frissonner les émotions avec des notes inattendues, aussi bien dans un morceau tranquille qu’entraînant. Et toujours sous leur signature bien identifiable. 

      Gus et Joe se lèvent, me serrent la main avant de s’asseoir sur le canapé rouge de leur loge.

      Bonsoir Alt-J, où est Thom [batteur] ?

      Joe [chanteur, guitariste] : Thom se concentre avant le concert. Il est en train de visualiser sa batterie, ironise-t-il (ou pas, difficile à dire puisqu’il semble respirer le second degré comme d’autres de l’oxygène).

      « L’influence est partout. »

      Joe : J’aime bien ton tee-shirt, c’est quoi ?

      Le Sylak, un festival de hardcore et metal. En tout cas, le tien, je sais d’où il vient !

      Joe porte un tee-shirt du Montreux Jazz festival, qu’il gardera pour jouer deux heures plus tard.

      Il sourit.

      Joe : C’est cool hein !

      Gus et Joe, pendant le dernier concert du vendredi 17 août à Landerneau (crédit photo : La Fête du Bruit)

      D’où puisez-vous votre influence dans la musique actuelle ?

      Gus [clavier, chant]: C’est difficile à dire, on adore écouter de la musique et l’influence est partout. Elle est inévitable.

      Vous écoutez la radio ?

      Gus : J’écoute la BBC. Musicalement, des vieilles et nouvelles choses…

      Joe : Non, je vais plus écouter du streaming sur des plateformes comme Spotify. J’écoute de tout.

      Parmi vos musiques, quelle est celle que vous préférez jouer ?

      Joe, sans hésitation : Le nouvel album. 

      Gus : Breezeblocks. C’est toujours le dernier morceau du set. Ça veut dire qu’après Breezeblocks, je bois une bière !

      « On a fait 2 premiers clips pour Matilda. »

      Breezeblocks est aussi mon morceau préféré. A propos des succès du premier album [An Awesome Wave, 2012], j‘ai une question assez précise, à propos du vidéo clip de Matilda. Quel est le lien entre le clip, où on voit vos visages à tous les 4 ( Gwil Sainsbury a quitté le groupe en 2014) se transformer pour prendre successivement la forme de celui des autres, et la musique sur Matilda, personnage du film Léon de Luc Besson ?

      Gus : C’est marrant que tu demandes, parce qu’il y a une histoire derrière ce choix. On a fait deux vidéos avant, elles ont coûté super cher, et on ne les aimait pas du tout.

      Joe : Elles étaient trop naïves, trop cliché. C’était de la merde, t’écris ça, hein, t’écris que ces deux premières vidéos étaient de la merde.

      Gus : On n’avait plus d’argent à dépenser dans le clip de Matilda alors on a fait la vidéo que tu connais, qui ne nous a rien coûté.

      Et puis vous l’aimez bien celle-là.

      Joe : Même pas. Elle est juste moins merdique que les autres. C’étaient vraiment de la merde ces deux clips.

      « Je ferais bien un album sur le cricket. »

      Vous avez des projets personnels à côté de Alt-J, voire de carrière solo ?

      Gus : A la maison, on fait tous un peu des trucs personnels. Mais ce n’est pas destiné à être partagé avec un public, pas encore du moins. On verra. Si je faisais un album tout seul, je le ferais sur le cricket. Je ne joue pas au cricket, mais j’adore ce sport. Vous faites du cricket en France ?

      Plutôt du golf.

      Gus : Oui c’est assez proche.

      … et puis du foot. [intervention de Titi, traducteur attitré de la Fête du Bruit]

      Joe : Vous êtes même pas trop mauvais à ça à ce qu’on raconte.

      Alt-J a de nouveaux projets après la tournée ?

      Gus : Pas vraiment, quand la tournée est finie, on fait un break.

      Joe : Hier on était chez nous, demain [18 août] on joue à Hamburg. La Fête du Bruit est notre dernière date en France.

      Jusqu’à aujourd’hui, quel est votre meilleur souvenir de tournée ?

      Joe : J’adore être en tournée. Il y a rarement des hauts et des bas, c’est un peu tout le temps pareil… Un meilleur souvenir ? Je dirais le festival Glastonbury.

      Gus : Glastonbury.

      Et votre pire souvenir de tournée ?

      Gus : Au début de notre carrière, on a fait un concert et personne n’est venu nous voir. P E R S O N N E. En plus, c’était le jour de mon anniversaire.

      Joe : C’est marrant d’y penser avec le recul, mais sur le moment, ça l’est beaucoup moins.

      Il n’y avaient même pas vos mamans ?

      Joe : Non, elles ne pouvaient pas venir à tous les concerts.

      « On parle de sujets essentiels qui ne vieillissent pas. »

      Thom pendant le concert à Landerneau, avec un tee-shirt Marilyn Manson (crédit photo : La Fête du Bruit)

      Alt-J en trois mots chacun ?

      Joe : En colère. Non, je plaisante. Cérébral. Expérimental.

      Gus : C’est de la pop héritage.

      J’ai dit l’un après l’autre.

      Joe, sans m’écouter : C’est ça, hors du temps. On parle de sujets essentiels, qui ne vieillissent pas. La boisson, l’amour…

      Gus : Fantastique, absolument brillant. [rires]

      Joe : Cérébral, expérimental, hors du temps.

      On va garder ces trois-là. Un vrai travail d’équipe, tout comme faire de la musique ensemble.

      Joe : Exactement !

       

      Merci à Alt-J et l’organisation de la Fête du Bruit dans Landerneau pour cette rencontre.

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