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      Fémi Kuti, son nouveau titre Pà Pà Pà : L’afrobeat de père en fils

      Pà Pà Pà est le nouveau titre de Fémi Kuti, le fils du célèbre saxophoniste, chanteur, chef d’orchestre,  opposant politique, « dieu » de l’afrobeat, Féla Anikulapo Kuti (1938-1997).

      Le titre est extrait d’un album à venir, Stop the hate.  Dans un même coffret seront réunis les albums du père Fémi et du fils, Made Kuti, installé à Londres.

      Prodige de la musique, Made Kuti figure l’avenir, qu’il esquisse dans son nouvel album For(e)ward.  Ce n’est pas un hasard si le coffret, qui réunit les deux albums, s’appelle Legacy (héritage).

      Legacy parle de la filiation musicale entre Féla et son fils, et entre ce dernier et son petit-fils Made. L’afrobeat  coule dans les veines de cette dynastie comme de l’ADN musical.

      Ils sont quelques-uns dans la grande famille Kuti à perpétuer l’héritage musical du génie nigérian. Chacun avec son propre style. Deux de ses fils, Fémi l’aîné de la fratrie et Seun, le cadet des garçons, ses filles Yeni et Sola, et le petit-fils Made, multi-instrumentiste. D’une fusion bienheureuse entre le jazz, le funk et la musique africaine, Féla a investi la musique d’une mission révolutionnaire.

      La musique s’apparente à une arme chez les Kuti

      Rythme reconnaissable, familier, hypnotique. Bouillon d’énergies, duo entre choeurs féminins et chant lead. Dialogue entre les instruments, prose des cuivres, rythmiques tribales. L’afrobeat invite à la danse mais aussi à la réflexion. Adulé comme un héros national, Féla a bravé la dictature, la torture et subi la perte de sa mère, défenestrée par des militaires. Il est l’exemple du combattant, dont la détermination ne plie pas devant l’oppression. L’afro-beat est à la musique, ce que Bob Marley figure au reggae, ce que Miles Davis représente au jazz, un monument.

      C’est en 1969, lors d’une tournée aux Etats-Unis, que naît l’artiste Féla.  La rencontre avec une activiste des Black Panthers, qui l’initie aux thèses de Malcom X, le métamorphose. De retour au Nigéria, Féla invente l’afro-beat. Désormais, il chante en pigdin, anglais du peuple, pour que sa musique soit accessible à tous les africains et au reste du monde.

      Fémi Kuti, l’héritier en dissidence

      Au fil du temps, les concerts de Féla ressemblent de plus en plus à des meeting politiques plutôt qu’à des performances musicales. C’est à cette époque, que Fémi quitte le groupe de son père Egypte 80 dans lequel il jouait du saxophone depuis l’âge de 17 ans. Fémi a alors vingt-trois ans, l’extravagance et le mysticisme de son père creusent un désaccord entre les deux hommes. Seun vient à peine de naître. Fémi monte son groupe, emmenant avec lui ses soeurs, Yeni et Sola, choristes.

      Les premiers temps, Féla le désavoue, puis l’adoube en l’invitant à jouer régulièrement dans son célèbre fief, le club Shrine. Féla a toujours voulu qu’un de ses fils devienne l’héritier de sa musique, Fémi et/ou Seun.

      Pà Pà Pà marque l’apogée d’un style, qui à l’aube de ce onzième album, montre que Fémi maîtrise avec brio tous les fondamentaux de l’afro-beat. Les premières images exposent Lagos, ses artères embouteillées, sa jeunesse, le célèbre club de Féla l’Africa Shrine. Club, que Fémi a reconstruit et dans lequel il se produit tous les soirs. L’artiste dénonce l’inefficacité du pouvoir à assurer son rôle. Il s’insurge contre un gouvernement défaillant pour fournir une électricité en continu, des routes convenables, de l’eau potable, un bon système de santé…

      Un titre qui annonce un album d’anthologie, rendez-vous le 5 février 2021.

      +3

      4 Commentaires

      1. La combativité face à l’oppression s’est transmis dans la musique et dans les actes.
        C’est juste magnifique !
        Commencer à s’habituer c’est finalement accepter l’inacceptable qui est de ne pas avoir au 21ème siècle le minimum vital.
        C’est là qu’il faut réaliser toute la chance d’ouvrir un robinet et d’avoir de l’eau qui coule ou d’appuyer sur un bouton pour faire venir la lumière ainsi que notre précieux système de sécurité sociale.
        Il faut que les choses évoluent et très rapidement.
        Merci beaucoup pour cette mise en lumière par cet article très bien écrit.

        +1
        • Oui Sauvage, merci pour ce commentaire, la formule est très juste commencer à s’habituer c’est accepter l’inacceptable.
          Ravie que cet article t’ait plu, la famille Kuti est vraiment admirable, la musique, les textes, l’engagement, ils sont très actifs. Oui, espérons que l’on pourra avancer sur la santé, la pauvreté et redonner de l’espoir à la jeunesse

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      2. Le peuple attend des résultats et des actions concrètes. Bien des choses ne sont pas encore acquises. Ce titre fait joliment passer le message avec le rythme et le sourire!

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        • Oui, Amandine. C’est fou comme on s’habitue à ce que cela ne change pas. Au vingt et unième siècle, cela paraît dément. Bravo aux Kuti pour leur engagement et leur dévouement.

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