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      Alt-J : « Il y aura évidemment un quatrième album »

      Mélangeant les genres folk, hip-hop, rock et électronique, le groupe Alt-J aime surprendre tout en gardant un style qui lui est propre. Sorti en juin, leur dernier album Relaxer est au croisement de leurs influences. Rencontre à la cool avec le groupe.

       

      Ils en auront parcouru du chemin depuis leurs débuts. De leur rencontre dans une laverie d’université de Leeds en Angleterre à leur passage sur la main stage du Sziget Festival, le groupe Alt-J revient pour nous sur 10 ans de scène et trois albums à leur actif, dont Relaxer, sorti en juin dernier.

       

      Alt-J – © Louis Rayssac

       

      Comment vous êtes-vous rencontrés ? On parle d’une laverie d’université ?

      Oui c’est un peu ça. En fait, on ne faisait que se rencontrer, avant de former le groupe, à différents endroits. On s’est vus à une fête et puis on s’est recroisés un peu partout, y compris à la laverie de l’université, et à d’autres endroits, à plusieurs reprises.

       

      Vous disiez de votre musique qu’elle était « Jump Folk », pouvez-vous définir ce terme ?

      C’est une expression qu’on a inventée quand on était encore à la fac, on ne l’utilise plus vraiment aujourd’hui même si on s’en est servi pendant 6 ou 7 ans. C’était une manière de se décrire alors qu’on avait l’impression de ne pas rentrer dans un genre particulier prédéfini. Ça veut dire : un peu de folk, un peu d’électro, et d’autres choses…

       

       

      Vous disiez aussi que votre musique était faite pour s’écouter avec un casque, allongé sur son lit et un peu défoncé. C’est la vision que vous avez de votre musique ?

      En effet, c’est quelque chose que l’on a pu dire. C’est bien de l’écouter au casque si tu as envie de planer en fumant de l’herbe et que ça peut t’aider à accéder à l’album dans un genre d’expérience où tu sors de ton corps. Généralement, on compose quand on est sobre, même si ça nous est arrivé de fumer en écrivant l’album. Ce qui est important dans notre processus, c’est que nous sommes des amis qui écrivent de la musique ensemble dans une sorte d’alchimie. On n’a pas écrit la musique en pensant que cela serait bien d’être stone en l’écoutant, on écrit juste la musique qui nous plaît, c’est tout.

       

      Au début, vous disiez que vous manquiez de confiance sur scène, cela va-t-il mieux ?

      On manquait de confiance pour jouer en live au début, on n’avait pas l’impression que c’était ce qu’on faisait de mieux. On avait l’impression de ne pas bien représenter sur scène ce qu’on pensait être de la bonne musique. Mais maintenant, on a la sensation d’être devenu un bon groupe live, on a fait assez d’albums pour monter un live qui tient la route, avec un bon mélange de chansons plus énergiques et d’autres plus cools. Quand on écoute Relaxer, on entend des chansons qui ne fonctionneraient pas sur une scène de festival, c’est pour ça que c’est bien d’écouter l’album au casque, ou sur des enceintes chez soi. Pour le live, on a sélectionné les chansons qui sont les plus adaptées à la scène. On est beaucoup plus confiants aujourd’hui parce qu’on a assez de chansons pour composer un live et faire un set qui envoie !

       

      Comment avez-vous composé ce dernier album ?

      Notre approche a été la même pour le dernier album : une collaboration à trois. On se réunit, comme quand on était à la fac. C’est assez simple en fait.

       

       

      Cet album contient seulement 8 titres, c’est voulu ?

      Beaucoup d’albums dont de très bons albums ne comportent pas beaucoup de titres comme Astral Weeks de Van Morrison, qui n’a lui aussi que 8 titres. La durée de l’album est normale en fait. On a l’impression que l’on vit dans une culture de la playlist et que les albums en terme de nombre de titres sont devenus de plus en plus longs. On est restés plus traditionnels.

      À l’ère du digital, il n’y a plus de limite sur la durée que peut avoir un album. Tu peux même faire un album qui dure une heure et demie si tu veux. Avant, ça n’était pas possible à cause du support vinyle, cassette ou CD. Je pense que cet album a un feeling assez rétro, au vu des illustrations et de la production. On l’a enregistré sur bande, on a donné à la couverture un look des années 60-70, on s’est dit qu’une playlist de 8 titres, ça collait bien à cet esprit.

       

      Justement, l’artwork de Relaxer ressemble à une sorte de jeu vidéo des années 80…

      Oui, c’est comme un jeu vidéo. L’album a certains aspects d’un jeu vidéo, dans le sens où c’est un monde à explorer avec différentes zones dans lesquelles on peut se perdre, où on se promène. Un peu comme Zelda par exemple, où l’on se déplace sur une carte géante qui est composée de plusieurs mondes. Les chansons s’inscrivent dans certains lieux et moments comme House of the Rising Sun ou Pleader : dans un village minier du Pays de Galles au XIXe siècle, dans un champ du nord de l’Angleterre, lors d’une nuit près d’un feu de camp … Tout cela comme des scènes d’un jeu vidéo.

       

       

      Votre musique pourrait très bien s’apparenter à une musique de film, c’est quelque chose qui vous plairait ?

      On est tous fans de films dans le groupe et je pense qu’on tire beaucoup d’inspiration du cinéma. Avec notre formation musicale et la formation classique de Gus, on est capables de créer de la musique assez cinématique. Je ne dirais pas non à des propositions pour travailler dans le cinéma et créer des bandes originales. Je l’ai déjà fait avant mais c’est juste un peu difficile parce que ça n’est pas notre « bébé », c’est un enfant partagé et souvent ça veut dire qu’il faut sacrifier certaines choses qui peuvent sembler être les plus importantes à nos yeux pour le film. Donc pour l’instant, on ne l’envisage pas, mais si à l’avenir on trouve un réalisateur qu’on aime vraiment et qui nous permet de faire tout ce qu’on a envie de faire sans s’en mêler, alors pourquoi pas, un jour.

       

      Avez-vous quelqu’un en tête ?

      Aujourd’hui, je ne vois pas de réalisateur avec qui j’aimerais vraiment travailler… actuellement en tout cas. Je ne suis pas capable d’en nommer un. Je pense que ça se passerait de manière naturelle, en rencontrant quelqu’un avec qui on s’entend, qui a une idée de projet qu’il faut. Mais histoire de répondre à la question, Jonathan Glazer serait cool. Excepté que Glazer semble avoir déjà développé une bonne relation avec Mica Levi, alors on n’est pas des briseurs de ménages !

       

      Le morceau « In Cold Blood » est une vieille chanson datant du premier album ? Pourquoi avoir attendu autant de temps pour la sortir ?

      C’était une vieille chanson mais elle n’était pas prête, pas vraiment finie. On l’a essayée pour le premier album mais ce n’était pas ça. On l’a refaite pour le second et ce n’était pas encore bon. Là, on a réussi. Parfois, ça prend du temps, peu importe le domaine de création : quand tu écris des livres, tu peux avoir une idée et avoir commencé à la travailler il y a vingt ans, et tu ne finis pas, tu y reviens, tu essayes des choses pour que ça marche, puis finalement ça finit par être bon. Ça s’est passé comme ça.

       

       

      Assez parlé du passé, c’est quoi pour vous l’avenir ?

      On va être en tournée jusque fin 2018, donc on n’a pas vraiment d’autres projets pour l’instant. Il y aura évidemment un quatrième album. On touche du bois, mais ça ne sera pas pour tout de suite. On verra.

       

      Alt-J au Sziget 2017 – © Louis Rayssac

       

      Propos recueillis par Louis Rayssac et Simona Anzelmo

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