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      Brésil : Visite de Rocinha la plus grande favela de Rio de Janeiro !

      Construites sur les hauteurs de la ville, les favelas, miroirs des fractures sociales font partie intégrante des mégalopoles brésiliennes. Habitations de fortune, ruelles étroites, souvent emblématique de la pauvreté.

      Néanmoins, pour se défaire des représentations, il est important de rappeler que 1/3 de la population de l’État de Rio vit dans des favelas. Ce sont des gens ordinaires. Beaucoup d’entre eux travaillent comme femme de ménage, chauffeur de bus, de taxi etc. Découvrir la culture des favelas contribue donc à briser les stéréotypes et amalgames ancrés. Toutefois, ce genre de visite fait débat, et de nombreuses personnes sont totalement contre, l’assimilant à du voyeurisme. En effet, tous les tours ne sont pas gage d’une éthique convenable.

      Rocinha : une ville dans la ville

      Berceau d’une culture populaire particulièrement vivante, la favela de Rocinha est une ville dans une ville. Installée sur une colline, elle est la plus grande favela de Rio, du Brésil et même d’Amérique du Sud. Elle a sa propre culture, ses propres règles, installations, musiques, danses, et manière de vivre. Ainsi, on retrouve de multiples commerces, restaurants, bars (avec les meilleures soirées funk) mais aussi une bibliothèque, des infrastructures sportives, un service de transports (bus) et un hôpital au sein de la favela. Aussi étrange que cela puisse paraître, on peut s’y rendre en toute sécurité à condition d’être bien accompagné. Cependant, il n’est pas possible de se rendre dans toutes les favelas, car certaines ne sont pas pacifiées. Il faut donc bien se renseigner avant d’entreprendre une telle visite.

      Entre contradictions et avancées

      Vivre dans une favela n’est pas simple. Les aides de l’État sont tellement insignifiantes que les habitants doivent faire preuve d’ingéniosité pour vivre.

      Ainsi, l’une des particularités à Rocinha, est qu’il existe une seule et même adresse pour tous les habitants, celle de la rue principale appelée « Estrada da Gávea ». Le courrier est donc déposé dans des boîtes où les habitants viennent le récupérer directement et pour ceux qui sont dans l’incapacité, une distribution est organisée par des associations de la favela telles que Correio Amigo, Lixeiro Amigo ou par l’UPA da Rocinha comme Agente de Saúde. Une difficulté due à la promiscuité et à l’impossibilité de recenser exactement la population.

      L’ex-président du Brésil Lula a élaboré des projets ayant pour ambition d’améliorer les conditions de vie des favelas en construisant des hôpitaux, immeubles, complexes sportifs… Concernant l’accès à l’éducation, des écoles sont présentes mais le niveau reste insuffisant. C’est pourquoi les parents qui ont assez de revenus, envoient leurs enfants dans des écoles en dehors.

      L’art, comme mode d’expression libre et engagé, est également présent et se découvre notamment sur les surfaces de la favela. Des artistes tels que Marcos Rodrigo, plus connu sous le nom de « Wark da Rocinha », ou bien, Eduardo Kobra investissent l’espace urbain de graffitis.

      Rocinha

      Un constat à nuancer

      À Rocinha : il se déroule donc une vie comme pour vous et moi, pour la plupart des habitants. Mais la vitrine reste à nuancer car l’insécurité existe et persiste. La criminalité et le trafic de drogue sont bel et bien présents, et touchent même les plus jeunes. En effet, ces business rapportent de l’argent chaque semaine. Toutefois, les individus ont la possibilité de choisir ou non cette voie.

      Chaque favela à sa propre justice, avec des « Gerente da Boca » c’est-à-dire des managers dans différents domaines de la favela, responsable de l’administration de leur domaine (argent, drogue, sécurité, conflits…). Les « Gerente do Morro » gèrent quant à eux les managers, ce sont les bras droit du Boss. Ce dernier est sollicité seulement dans des situations importantes ou extrêmes. Il n’existe par conséquent, pas de justice nationale, mais plutôt une justice sectorielle. De ce fait, lorsque l’on vit dans une favela, on ne peut pas se rendre dans une autre, c’est la règle due aux rivalités.

      Malgré tout, ce qui ressort de cette expérience est l’incroyable gentillesse et l’immense solidarité dont font preuve les habitants entre eux. Une joie de vivre malgré l’insécurité, les difficultés politiques et économiques du pays.

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