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      Les femmes qui inspirent chaque jour la rédaction de Just Focus

      Le 8 mars, vous le savez sans doute, est la journée internationale de lutte pour les droits des Femmes, et non pas comme nous pouvons souvent l’entendre la Journée des Femmes. A cette occasion, nous avons rassemblé une dizaine de femmes qui inspirent notre rédaction.

      Rappelons qu’aujourd’hui, à temps de travail équivalent, les femmes touchent 16,8 % de moins que les hommes en France selon une étude de l’Insee de 2017. Dans le monde, 35% des femmes ont subi au moins une fois des violences physiques et/ou sexuelles selon l’OMS en 2013. Au moins 200 millions de femmes et de filles âgées de 15 à 49 ans ont subi des mutilations génitales féminines dans les 31 pays où se concentre cette pratique selon les Nations Unies en 2020. Des chiffres à glacer le sang. Les droits des femmes dans le monde sont loin d’être acquis, c’est la raison pour laquelle cette lutte doit persister, pour que chaque femme soit libre de leurs dires, de leur corps, de leurs gestes…

      Niki de Saint Phalle, une inspiration pour Juliette

      “Je suis une femme. Je ne peux qu’exprimer une poésie féminine.”

      Que retenir de cette artiste talentueuse et bouleversante qu’est Niki de Saint Phalle ? Son travail, son abnégation et ses engagements ont fait d’elle l’icône de l’art féministe avant-gardiste que l’on connaît aujourd’hui.

      Je me souviens d’un documentaire de l’INA (Institut national de l’audiovisuel) qui présentait un extrait d’interview de cette artiste par un journaliste visiblement perclus de préjugés sexistes et misogynes. Malgré les questions hasardeuses ou complètement indiscrètes, Niki s’appliquait à répondre avec une ténacité et une énergie qui m’ont profondément marquée. A une question qui mentionnait l’utilisation d’un fusil “viril et masculin”, elle répondait :

      « Un mec pourrait jamais faire ça. Il n’aurait jamais pu tirer avec un fusil sur un tableau… Parce que se servir de ces engins destructifs que l’homme a imaginés, c’est seulement une femme qui pourrait s’en servir dans un but constructif et beau.”

      Si l’on retient généralement d’elle ses gigantesques sculptures de femmes ou des expériences de tirs sur des bouteilles remplies de peinture, Niki n’est pas qu’une simple artiste plasticienne. Fière rescapée d’une enfance marquée par la violence de son père, elle a été amenée à s’échapper de sa condition de femme dans un monde où elle devait se taire. Se taire, être jolie, ne pas s’opposer… Brisant les tabous et les préjugés, elle passera sa vie à militer pour les droits des femmes, pour l’émancipation du carcan “mariage-foyer-maternité”, en faveur de la cause des Noirs américains…

      Niki, c’est une réalisatrice, une peintre, une plasticienne et une sculptrice de renom, et, par-dessus tout, une icône puissante du féminisme et de la liberté des femmes. Niki, ce sont des prises de risques artistiques et des convictions audacieuses pour l’époque des années 60. Niki, enfin, c’est de l’art, dans sa forme la plus pure, l’art qui vient des tripes et qui raconte quelque chose sur soi-même. C’est l’art de représenter ce que l’on souhaite, comme on le souhaite.

      “Pour moi, mes sculptures représentent le monde de la femme amplifié, la folie des grandeurs des femmes, la femme dans le monde d’aujourd’hui, la femme au pouvoir. ”

      George Sand, une romancière avant-gardiste pour Cécilia

      George Sand, de son vrai nom Amantine Aurore Lucile Dupin de Francueil – nous allons garder son pseudonyme, vous comprenez pourquoi – est une grande romancière du XIXe siècle. Née à Paris en 1804, c’était une femme très en avance sur son temps. Vous en avez probablement entendu parler à l’école sans réellement y prêter attention. Mais sachez que cette femme et ses accomplissements valent le détour. Véritablement engagée pour différentes causes, elle est notamment engagée pour la cause des femmes.

      Tout d’abord, elle est la première femme au XIXe siècle à vivre de ses écrits. Déterminée à entrer dans un monde jusqu’alors masculin qu’est le monde de l’édition, elle choisit un pseudonyme. George Sand, nom sous lequel nous connaissons cette écrivaine, lui a permis de se faire une place dans cet univers, et a laissé derrière elle de grandes œuvres.

      Mais d’où vient ce pseudonyme ? George, comme très peu le savent, est en fait la version féminine du prénom Georges avec un s. Quant au nom Sand, c’est tout simplement le diminutif de « Sandeau », le nom de son amant de l’époque Jules Sandeau.

      Connue et critiquée pour ses nombreuses conquêtes amoureuses et son désir d’indépendance, George Sand est un symbole des féministes de l’époque. Elle s’est engagée dans la lutte pour l’égalité femme/homme. Très engagée dans la politique, elle s’est par exemple battue pour le droit au divorce, et souhaitait que les femmes prennent le contrôle de leur vie financière et sexuelle. Elle était également un symbole de l’émancipation féminine de par son look masculin, caractérisé par sa redingote (vêtement masculin).

      Alors, si cette femme vous inspire autant que nous, n’hésitez pas à lire ses œuvres telles que La Mare au diable ou Indiana.

      Colette, libre et fascinante pour Pauline

      Je veux faire ce que je veux”. Colette.

      Il souffle sur la vie de Colette un vent de liberté qui me fascine. Laïque dans une France catholique, mariée trois fois, ouvertement bisexuelle, Colette mène une vie sulfureuse sans se soucier des convenances. A sa mort, l’église catholique lui refuse un enterrement religieux mais la République française la célèbre : Colette est la première femme à bénéficier d’obsèques nationales. Intellectuelle aux multiples talents, elle est danseuse de music-hall pour assurer son indépendance financière, journaliste, comédienne, autrice d’une cinquantaine de romans.

      En 1945, Colette est la deuxième femme élue membre de l’académie Goncourt, dont elle devient présidente en 1949. En 1953, elle est élevée à la dignité de grande officier de la Légion d’honneur, la plus haute distinction honorifique française. Son œuvre est intimement liée à sa vie personnelle : écrire lui permet de se découvrir et de se construire, et en cela préfigure l’autofiction. “Elle s’est mise en scène comme le personnage d’un roman écrit par Colette sur Colette”, dit à son sujet l’écrivain et critique littéraire Serge Doubrovsky en 1999. Son style, épuré et percutant, frappe par sa modernité. De même que les thèmes qu’elle explore : la sensualité, la jouissance féminine, le rapport entre les hommes et les femmes. Dans le roman Chéri, un de ses plus grands succès, Colette raconte la passion entre une cinquantenaire et un très jeune-homme. Un fantasme ? Huit ans plus tard, à quarante-sept ans, elle devient la maîtresse du jeune fils de son époux… Sa personnalité est complexe.

      “Mais qui est Colette ?” feint de s’interroger son voisin et ami Jean Cocteau. Colette est une femme en avance sur son temps, qui aime s’habiller en homme, fume des cigarettes et vit entourée de chiens et de chats. Une femme libre et scandaleuse. “Je veux danser nue. Je veux sourire à tous les visages aimables et m’écarter des gens laids”. Sa vie ressemble aux premiers mots de son roman La Vagabonde: “Trois ans de music-hall et de théâtre ne m’ont pas changée, je suis toujours prête trop tôt”.

      Marie Marvingt, passionnée par les défis et femme inspirante pour Christophe

      Depuis que je sais tout ce qu’a fait Marie Marvingt je l’admire énormément. Elle est aviatrice, écrivaine, infirmière, patineuse de vitesse, journaliste, escrimeuse, cycliste, alpiniste, espérantiste et aérostière. Elle est née à la fin du XIXe siècle avant les 2 grandes guerres du XXe.

      Marie Marvingt, surnommée la fiancée du danger, ne démérite pas son surnom. Pendant la Grande Guerre, elle a même réussi à se faire passer pour un homme pendant 47 jours avant d’être démasquée. Elle est néanmoins autorisée à rejoindre le 3e régiment des chasseurs alpins.

      Mais, Marie n’est pas seulement une guerrière, c’est aussi une sportive. En tant que nageuse elle est la première française à faire les 12 kilomètres de la traversée de Paris à la nage. C’est une passionnée des sports d’hiver dont le ski, la luge et le patin. Mais de tous les sports, c’est peut-être bien le cyclisme dont elle est le plus éprise. En 1908, malgré le refus des organisateurs du Tour de France, elle participe quand même à quelques minutes de décalage. Elle réussit à finir la course comme 36 des 114 autres compétiteurs. C’est aussi une aviatrice chevronnée qui vivra énormément pour les avions. Avant la première guerre, elle avait même eu l’idée de faire des avions ambulances, projet qui n’aboutira jamais.

      Marie Marvingt ne s’est jamais arrêtée, toujours passionnée par de nouveaux défis et records. À 84 ans, elle passe son brevet de pilote d’hélicoptère, à 85, elle pilote le premier hélicoptère à réaction du monde. À 86 ans, elle fait le trajet Nancy Paris à vélo pédalant 10h par jour. Au cours de sa vie, elle a réussi à battre 17 records en tant que pilote. Elle meurt à Laxou à l’âge de 88 ans. Cette femme, qui m’inspire tous les jours est bien trop peu connue à mon avis. Il reste encore beaucoup de choses à dire sur sa vie.

      Serena Williams, la sportive et athlétique tennis woman, admirée par Lucille

      À toute personne qui s’intéresse au sport, et en particulier au tennis, c’est incontestablement la joueuse qui fait le plus parler dans sa discipline. Serena Jameka Williams, née le 26 septembre 1981 est la joueuse phare du tennis féminin, même si elle n’est plus actuellement à la tête du classement WTA (Women Tennis Association).

      Sa carrière professionnelle commence à l’âge de 14 ans. Initialement moins forte que sa sœur Venus Williams durant sa jeunesse, également grande joueuse de tennis, Serena a su s’imposer en simple dame, dominant la première place pendant plusieurs années. Elle a pourtant connu un déclin avec de nombreuses blessures, et a eu du mal à revenir au haut niveau après sa grossesse. Pourtant, aujourd’hui, elle se trouve à la 7ème place mondiale et a atteint le stade des demi-finales lors de l’Open d’Australie en février dernier.

      Ce qui me plaît le plus chez cette athlète, c’est qu’elle est une personne accomplie à la fois sur le terrain, avec son parcours tout simplement hors norme, mais aussi en dehors du court, puisqu’elle est devenue maman et a monté sa marque de vêtements de sports. Elle a même gagné un des grands chelems en étant enceinte ! En outre, elle a su parler de la difficulté d’être une joueuse professionnelle et d’avoir à s’entraîner chaque jour, et en même temps d’être maman et de ne pas pouvoir voir aussi souvent qu’elle le souhaite, sa fille grandir à cause de sa carrière. C’était un moment fort et touchant. J’apprécie aussi son leadership, et sa volonté de marquer toujours plus l’histoire en battant le record de la joueuse ayant gagné le plus de grands chelems dans sa carrière (elle est à 23, tandis que le record est détenu par Margaret Court, qui est à 24).

      En dépit de son fort caractère qui fait parfois parler, et de quelques attitudes qu’elle peut avoir sur le terrain, Serena Williams est une femme inspirante et hors du commun. C’est la meilleure joueuse de tous les temps. Le visionnement d’un seul de ses matchs permet de le prouver en moins de 5 minutes !

      Michelle Obama, femme de président mais pas seulement pour Paule

      Faudrait-il encore la présenter ? Nous la connaissons en tant qu’épouse de l’ancien président Barack Obama. Mais, elle est aussi la première Afro-américaine de l’histoire du pays à entrer à la Maison-Blanche, malgré le racisme répandu dans la société américaine. Venant d’un quartier défavorisé de Chicago, rien ne la prédestinait à cette position suprême. Mais grâce à toutes ses qualités, elle devient une icône incontournable, admirée et aimée par son public.

      De son nom de naissance, Michelle LaVaughn Robinson avec comme profession avocate et écrivaine. Michelle Obama est une source d’inspiration pour moi, notamment pour son parcours d’études, ses carrières professionnelles, ses nominations dans les magazines et ses nombreux engagements dans l’éducation, l’obésité, la lutte pour l’égalité des femmes…

      J’admire son implication face à la carrière politique de son mari, jusqu’au point de mettre entre parenthèses sa profession. La critique est quand même parfois dure mais Michelle Obama reste malgré tout concentrée sur les enjeux politiques. N’oublions pas aussi son autobiographie, Becoming (Devenir) dans laquelle elle retrace son quotidien à la Maison-Blanche, mais aussi son enfance dans le South Side de Chicago, son parcours semé d’obstacles, sa carrière et sa vie de famille.

      Voici quelques citations inspirantes de cette grande dame :

      Le succès ne se mesure pas à la quantité d’argent que vous gagnez, mais à l’impact que vous avez sur la vie des gens.

      “Ne t’entoure pas de personnes qui te rabaissent, et suis ton instinct.”

      “Restez toujours fidèles à vous-mêmes et ne laissez personne vous distraire de vos objectifs. Lorsque j’entends des attaques fausses et négatives sur mon compte, je n’y accorde aucune énergie dedans, car je sais qui je suis.”

      “Faites ce qui vous fait du bien, car il y aura toujours quelqu’un qui pense que vous devriez le faire différemment. Que vos choix soient des succès ou des échecs, au moins, ce sont les vôtres.” 

      À méditer…

      Malala, Prix Nobel de la paix et femme engagée pour Agathe

      Malala Yousafzai m’inspire depuis que je suis au collège. C’est en lisant par hasard son autobiographie que j’ai découvert ses combats et sa personnalité. Née au Pakistan, Malala grandit dans une région aux mains des talibans. Ils essaient d’interdire aux petites filles d’aller à l’école mais cela ne va pas arrêter Malala qui a soif d’apprendre. Elle tient un blog pour la BBC où elle parle de l’importance de l’éducation pour les petites filles et son quotidien sous la domination talibane. En octobre 2012, alors âgée de 15 ans, elle sera victime d’une tentative d’assassinat lorsqu’elle rentre de l’école. Elle sera transférée en Angleterre pour recevoir les soins dont elle a besoin. Aujourd’hui, elle s’est installée à Birmingham avec ses parents et ses frères. Malgré tout, Malala ne perd pas de vue son combat et continue à militer pour l’accès à l’éducation des filles à travers sa fondation, MalalaFund. Elle sera récompensée à de nombreuses reprises pour son engagement notamment en 2014 lorsqu’elle reçoit le Prix Nobel de la paix.

      Malala est un modèle de courage pour moi et je pense qu’elle peut en inspirer plus d’un. Malgré les menaces et les obstacles, elle n’a jamais renoncé à clamer haut et fort ses idées et à œuvrer pour un monde plus juste. En cette journée internationale pour les droits des femmes, je pense qu’il est important de la mettre en lumière. Il ne faut pas oublier que dans le monde, plus de 130 millions de petites filles n’ont pas accès à l’éducation. Pouvoir aller à l’école, apprendre et grandir correctement est d’une importance primordiale. Être éduquée permettrait à toutes ces jeunes filles de s’émanciper et de choisir la vie qu’elles souhaitent. La plupart habitent dans des pays extrêmement pauvres où elles sont obligées de travailler ou sont mariées avant leurs 18 ans. Il reste encore du chemin afin de réduire l’égalité entre les femmes et les hommes et cela commence par l’éducation.

       

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      Rosa Parks, la grande femme d’un mètre cinquante qui refusa d’obéir inspire Elisabeth

      Chaque fois que je vois une injustice, je pense à ce qu’elle aurait fait… 

      Une petite ville de banlieue parisienne, deux étudiants s’y promènent entre deux cours de la plus élitiste et renommée université du pays. En passant devant un salon de coiffure, ils décident d’y entrer. Bonjour, dit le jeune homme en s’adressant au coiffeur, qui s’occupe d’un client dans le fond de la salle. Ce serait pour une coupe, vous pouvez me prendre ?

      Le coiffeur se retourne à peine et consent à répondre sur un ton irrité : C’est complet.  Les étudiants se regardent, perplexes et pensent au même moment. Complet ? Le jeune homme insiste : « Très bien, quand pourriez-vous me prendre alors ?”. Le coiffeur répond sur un ton bourru : C’est uniquement sur rendez –vous ». L’étudiant insiste : Très bien, je peux prendre un rendez-vous. Le coiffeur souffle avec agacement, délaisse son client et se dirige vers le comptoir. Les étudiants l’y rejoignent. Le coiffeur se place derrière et ouvre un registre, il tourne les pages et lance après un long moment: Tout est complet. Les étudiants regardent le registre, toutes les pages sont vierges. Ils sortent choqués, l’un des deux étudiants soupire : Rosa Parks ne serait jamais sortie de ce salon sans être coiffée.

      Une femme d’un mètre cinquante, d’une quarantaine de kilos a mis fin à plus d’un siècle de discrimination, d’humiliations, d’injustices et d’iniquités envers les afro-américains. J’aime cette idée qu’en une fraction de seconde, Rosa Parks ait refusé d’obéir à ce chauffeur qui lui demandait de se lever de la place réservée aux passagers blancs. Ce même chauffeur qui quelques jours auparavant l’avait obligée à descendre pour rejoindre la partie arrière du bus réservée aux noirs et non de regagner cet espace par l’intérieur du car. Ce même chauffeur qui n’a pas attendu qu’elle remonte par l’arrière et l’a contrainte à rentrer à pied.

      Le jour où Rosa Parks a refusé de s’asseoir à l’arrière du bus est le jour qui marque un grand moment pour l’Humanité. Pas seulement pour les afro-américains. Nous avons le droit de ne pas obéir, de nous insurger contre ce qui est injuste. Un jour, une personne peut renverser l’establishment.

      Marina Abramović : Entre l’art et la vie, les performances extrêmes qui inspirent Marion

      Née en 1946, à Belgrade, Marina Abramović s’inscrit dans le courant artistique de l’art corporel. Pionnière de la performance artistique, elle est aujourd’hui une artiste incontournable dans le monde de l’art contemporain. Aujourd’hui, revenons sur la performance Rythm 0, emblématique et révélatrice de la pratique de l’artiste. Cette performance se déroule en 1973, à la Galleria Studio Morra, à Naples. Sur une table, l’artiste laisse les instructions suivantes :

      « Instructions. Il y a 72 objets sur la table que l’on peut utiliser sur moi à volonté. Performance. Je suis l’objet. Pendant cette période, j’assume l’entière responsabilité. Durée: 6 heures (20h – 2h) ».

      Marina Abramović, Rythm 0, performance issue d’une série, à la Galleria Studio Morra, à Naples, en 1973.

      Pendant six heures, elle se laisse manipuler par le public, composé de beaucoup d’hommes, avec les objets mis à leurs dispositions : une rose, une plume, un parfum, du miel, du pain, des raisins, du vin, des ciseaux, un scalpel, des clous, une barre de métal et un pistolet chargé d’une balle. Se détachant de son enveloppe charnelle, l’artiste devient un objet. Cette performance met en lumière la question suivante : dans quelle mesure, le public va-t-il disposer de son corps, un corps qui s’inscrit dès lors dans l’ambivalence d’un corps objet et non-objet ?

      Si au début, les gestes du public sont timides et hésitants, au bout de trois heures, ils deviennent violents et pernicieux, donnant l’impression que l’impassibilité et l’immobilité de Marina Abramović attise leur agressivité. Une atmosphère étrange et lourde inonde la galerie. La performance atteint son paroxysme lorsqu’un homme s’empare du pistolet et le pointe en direction de l’artiste. Éclatent alors des tensions et conflits entre les participants et les témoins. C’est à ce moment-là que le galeriste arrive pour mettre un terme à cette performance. In extremis, le pire est évité. Désormais nue, l’artiste recommence à bouger donnant ainsi l’impression de reprendre vie. Mais cette mobilité nouvelle fait peur au public qui préfère fuir la galerie, pour ne pas être confronté à la réalité.

      Dans cette perspective, Rythm O est la performance la plus extrême, la plus dérangeante mais aussi la plus fascinante de sa carrière. Pour anecdote, après avoir réalisé cette performance, l’artiste se découvre des cheveux blancs car cette performance a été pour elle « la plus dure pièce que j’ai faite parce que je n’avais pas de contrôle. L’audience avait le contrôle ». Dans une dimension sociologique, elle interroge le rapport entre l’artiste et son public. Et le constat est violent : si l’artiste laisse le public prendre pleinement le contrôle, sa vie est mise en péril. De plus, tout en mettant à l’épreuve son corps et les limites de son mental, Marina Abramović nous délivre une puissante démonstration des différents dynamismes de l’objectivation de la femme qui passe par la passivité de l’artiste. Même si cette dernière n’a de cesse de le réfuter, elle est aujourd’hui considérée comme une figure emblématique de l’art féministe.

      Simone Biles : G.O.A.T (Greatest Of All Time) pour Clémence

      Âgée de 23 ans et déjà la plus grande gymnaste artistique de tous les temps, Simone Biles est une inspiration pour toutes. Un exemple de travail et de persévérance, la jeune femme continue à inspirer les gymnastes. Avec sa sœur cadette, elle a été adoptée à l’âge de six ans par ses grands-parents. Elle découvre sa passion pour la gymnastique à l’âge de 6 ans et entame sa carrière professionnelle en 2011. Entre 2013 et 2019, soit en 6 ans, elle développe un palmarès de 25 médailles, d’or à bronze.

      Cette jeune américaine a ébloui le monde avec ses performances difficiles et magnifiques. Elle est la gymnaste américaine la plus médaillée dans le sport avec 4 médailles d’or et 1 bronze aux jeux olympiques et 19 médailles d’or, 3 médailles d’argent et 3 médailles de bronze aux championnats du monde.

      Aux Jeux Olympiques de Rio 2016, elle devient quadruple championne olympique : individuelle, par équipe, au saut de cheval et au sol. C’est une première dans l’histoire américaine de la gymnastique artistique. Elle est aussi la première gymnaste à obtenir 3 ans d’affilée le titre championne du monde au concours général. Actuellement, elle est quintuple championne du monde au concours général, triple championne du monde à la poutre et double championne du monde du saut de cheval. Elle révolutionne son sport en créant 4 nouveaux mouvements inscrits dans la compétition sous son nom.

      Malgré la repousse d’un an des Jeux Olympiques de Tokyo 2020, Simone Biles est motivée et compte bien rajouter plus de victoires et de médailles à son palmarès grandiose. Comme elle le dit dans une interview avec 60 Minutes aux États-Unis « Je ne suis pas arrivée jusqu’ici pour y rester » / « Je ne suis pas arrivée à ce stade pour seulement rester à ce stade ». On a tous hâte de voir ce qu’elle va accomplir à Tokyo en 2021 !

      Emma Watson : De Sorcière brillante à féministe engagée pour Clémence

      Le public l’a découvert en tant que Hermione Granger « La sorcière la plus brillante de sa génération. » On l’a vu grandir et devenir une femme brillante et engagée. Née à Paris le 15 avril 1990, cette actrice britannique a d’abord revêtu bien des rôles entre Hermione Granger, sorcière studieuse et courageuse et Belle dans la belle et la Bête. Malgré le glam de la vie d’actrice, elle a toujours privilégié l’éducation. Grandissante, ses parents avaient mis l’accent sur l’importance de recevoir une bonne éducation. Combat qui lui tient à cœur et dont elle se battra pour entant qu’adulte.

      « J’ai travaillé dur chaque jour dans cette école, pour rendre mon père fier de moi et pour lui faire savoir que j’appréciais cette chance. Et je l’apprécie toujours. »

      Une fois adulte, elle devient en 2014 une ambassadrice de bonne volonté pour l’ONU et travaille pour la cause des femmes, notamment l’accès à l’éducation pour les femmes. Elle lance aussi un discours féministe où elle lance la campagne « He for She » (Lui pour Elle). Le but de cette campagne est de motiver les garçons et les hommes de rejoindre le mouvement féministe et de les considérer comme des acteurs non négligeables dans la lutte d’égalité des sexes.

      En 2017, elle parait dans un article de vanity fair où elle discute féminisme et égalité d’opportunité tout en apparaissant dans une photo avec un haut jugée « trop sexy » pour les vrais féministes. Elle se voit critiquée par des médias qui estiment que l’on ne peut être féministe et féminine. On ne peut porter de choses osées tout en ayant un discours censé. Bref du grand n’importe quoi. Elle réplique ironiquement :

      « Le féminisme est une question de donner le choix aux femmes. Le féminisme n’est pas un bâton pour battre d’autres femmes. C’est une question de liberté, de libération, d’égalité. Je ne vois pas ce que mes tétons ont à voir là-dedans. »

      L’actrice engagée n’a aucune intention de s’arrêter maintenant, malgré les détraqueurs et c’est très bien comme ça !

      Des femmes inspirantes de par leur force de caractère, leur talent ou encore leurs actes féministes et engagés. Chacune a révolutionné le monde à sa façon. Cette liste non-exhaustive représente une infime partie des femmes qui, au quotidien, inspire. Et vous, quelle est la femme qui vous inspire le plus ?

      Just Focus
      JF est la page de publication des articles groupés ou de partenariats de JustFocus

      2 Commentaires

      1. Cet article est un très bel hommage à toutes ces femmes qui ont un parcours inspirant. Elles s’assument et ont le courage de leurs opinions. Je retiendrai les personnalités Marie Marvingt et Michelle Obama et Malala comme étant celles qui m’inspirent le plus. Cependant toutes ces femmes sont admirables!

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