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      Warriors all-stars : le crossover improbable et décalé

      On ne va pas se mentir : les crossover sont relativement à la mode en ce moment dans le monde vidéoludique. La palme revenant à Ubisoft, parce qu’entre Mario + Lapins Crétins et l’incursion improbable (et qui ne fait pas vraiment l’unanimité) d’Assassin’s Creed dans Final Fantasy XV, il y a de quoi faire au pays du fan service. Parce qu’il ne faut pas se mentir, le procédé est bien plus commercial qu’artistique. Tecmo Koei n’est d’ailleurs pas néophyte en la matière puisque les séries Dynasty Warriors et Samuraï Warriors ont déjà été réunies dans les Warriors Orochi. Elles ont été d’ailleurs rejointes par plein d’apparitions à droite à gauche, par exemple de Ryu Hayabusa ou même de la Jeanne D’Arc de Bladestorm (ça vaut le détour tant la vision japonaise est à mille lieux de ce qu’on peut se représenter par chez nous). Mais seulement voilà : Warriors Orochi c’était un univers bien particulier, assez réussi, avec un puissant démon qui vient mettre le dawa, un univers cohérent donc, même dans le crossover. Mais quand Koei annonce un jeu réunissant beaucoup plus de licences pour fêter leurs 30 ans, dont certains univers sont très loin de pouvoir être adaptés en beat’em all (parce que c’est bien de ça qu’il s’agit), on se demande si cela ne va pas partir en un incroyable festin raté de fan service à outrance. Réponse tout de suite en s’intéressant à Warriors All-Stars !

      Un gameplay toujours aussi orienté défouloir

      S’il y avait une chose qui n’inquiétait pas grand monde, c’était le gameplay. Il faut bien dire que Tecmo Koei et Omega Force développent des beat’em all de masse depuis déjà une vingtaine d’années. On a vu même des licences tiers conclure des marchés afin d’être adaptées par Omega Force (One Piece, Zelda, Berserk…).Et il faut bien avouer que c’est rarement raté (du moins côté gameplay). Avec Warriors All-Stars, on retrouve un bon défouloir comme ils en ont le secret. C’est nerveux, les combos s’enchaînent bien et les ennemis meurent à la pelle. Les différents personnages proposent des styles de jeu propres qui ne font pas échos les uns aux autres. Mêmes les personnages que vous avez déjà joués sur une dizaine d’opus (je pense notamment à Zhao Yun et Yukimura Sanada) proposent des petites variantes qui gommeront totalement toute impression de déjà-vu. Vous partirez au combat accompagné de 4 équipiers qui pourront se battre indépendamment ou décocher des attaques spéciales sur demande. On regrette seulement que l’on ne puisse leur donner des ordres, et surtout switcher de personnage jouable en combat (comme ce fut le cas dans les Warriors Orochi ou dans les derniers opus de Samuraï Warriors).

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      Même vos coéquipiers s’éclatent…

      Les graphismes, toujours une référence (négative)

      Autant on a l’habitude de voir un gameplay nerveux et jouissif dans les beat’em all Omega Force, autant on commence à s’habituer à des graphismes qui ont quasiment dix ans de retard. Le moteur de jeu n’est pas de dernière jeunesse, ça on à l’habitude. Mais il est compensé parfois par un certain soin apporté aux environnements. Samuraï Warriors 4, par exemple, compensait assez bien par sa direction artistique, et semblait proposer une nette amélioration, même si nous étions encore loin de la claque graphique. Mais pour Warriors All-Stars, c’est du degré de fainéantise extrême. Non seulement les textures des décors sont très moches, mais même les personnages ne brillent pas par leur modélisation (ce qui est quand même dommage pour un crossover qui mise à fond sur le fan service). La direction artistique est clairement en minimum syndical, il faut croire que pomper vaguement des environnements de certaines licences suffisait amplement. 

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      C’est moche, disons le

      Un univers en décalage avec le style de jeu

      Warriors Orochi était un univers de crossover, certes, mais au visuel cohérent. Un terrible roi serpent, des engeances, des espèces de démons, de la mythologie asiatique, et même si l’histoire cassait pas des briques, ça avait de la gueule. Dans Warriors All-Stars, on s’en tamponne clairement de la cohérence. Parce que rajouter un personnage un peu décalé dans un univers cohérent, ça peut le faire, mais quand plusieurs aspects de l’univers entrent en opposition, là c’est autre chose. Ainsi, Geralt, heu pardon, William de Nioh se retrouve parfois à attaquer des bestioles très loin des oni de son univers de base. Au final, c’est un peu la même pour Ryu Hayabusa de Ninja Gaiden, ou même les héros de Toukiden. Ce qui est un comble, c’est que l’on croise aussi très peu de soldats de l’univers des trois royaumes ou de l’ère Sengoku, alors qu’ils sont liés aux deux principales franchises de beat’em all de Koei (Dynasty Warriors et Samuraï Warriors, pour ceux qui suivent pas). Ici, point de bad guy charismatique comme le fût Orochi, mais trois sortes de divinités qui représentent trois camps différents pour lesquels les personnages se battront. Au bout d’un certain moment, ils pourront éventuellement s’allier contre « insérez une menace aléatoire et prévisible » et boum le pouvoir de l’amitié vaincra. Au moins, ce dénouement attendu ne constitue qu’une des possibilités.

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      William de Riv va en découdre avec de terribles démons !

      Une durée de vie colossale

      Si, comme parfois, on avait juste dû se taper un nombre défini de batailles avant de voir une fin attendue, cela aurait baissé considérablement l’intérêt de Warriors All-Stars proche du néant. Au lieu de ça, on a une carte avec une foule de batailles secondaires (répétitives et dispensables, certes), des batailles pour débloquer des personnages jouables, et d’autres qui feront évoluer la trame principale. Si certaines conditions sont réunies, comme un personnage débloqué par exemple, vous débloquerez une autre bataille. Selon vos choix, l’histoire prendra une orientation différente. En effet, réaliser certaines batailles vous en fermera d’autres, et vous aboutirez à des fins inédites. Procédé assez inédit dans les musou, les fins multiples apporteront une rejouabilité excellente à Warriors All-Stars et vous pousseront au new game plus. Les liens entre les personnages seront également à augmenter si vous voulez débloquer toutes les scènes. Si vous accrochez au principe, vous verrez défiler les heures par dizaines, en tout cas si vous parvenez à oublier la répétitivité assez violente des batailles qui ont des objectifs assez redondants.

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      Ah tiens il nous manquait une méchante, c’est vrai

      Un univers complètement incohérent qui pompe uniquement sur le fan service, une ambiance presque magical girl qui ne va vraiment pas avec certains ennemis (et personnages d’ailleurs), les personnages jouables pas toujours bien choisis. Franchement, osez me dire qu’il n’y avait pas mieux pour représenter Dead Or Alive qu’Honoka et Marie Rose ? Tous ces éléments font de Warriors All-Stars un titre qui ne fera clairement pas l’unanimité, et même chez les fans, ce qui est un comble pour ce genre de titres. En revanche, le gameplay, la variété du style de combat des personnages jouables et les fins multiples apportent clairement un intérêt à Warriors All-Stars. Si vous parvenez à passer outre l’univers totalement foiré et une répétitivité plus que prononcée, il se pourrait que vous y trouviez un intérêt. Mais franchement, c’est dommage. Pour les 30 ans de l’éditeur, on aurait pu s’attendre à bien mieux. 

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      Sauvons le monde, oui, mais propres

       

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