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      Test de Metal Gear Solid V The phantom Pain

      Metal Gear Solid. Quoi rêver de mieux comme phrase d’intro ? En fait, le nom de la série de Konami suffit à provoquer une chair de poule incontrôlée à un bon nombre de fans, moi y compris ! Alors normalement, c’est là que je vous parle de la série, à quel point elle est ancrée dans l’histoire même du jeu vidéo avec sa narration inspirée directement du cinéma grâce à Hideo Kojima, cinéphile revendiqué, son univers absolument épique passant du présent, puis au passé et au futur sans sourciller. Le bilan est clair : il s’agit bel et bien d’une des séries de jeux les plus mythiques de l’histoire, et franchement il n’est nul besoin de la présenter plus que cela. Et, si cela n’est pas encore fait, je vous conseille de vous plonger sans réserve dans les quatre opus numérotés de 1 à 4, le reste étant un peu plus réservés à ceux connaissant déjà l’univers, s’agissant d’opus un peu plus annexes. Après tout ça, la sortie de Metal Gear Solid V est un réel événement, surtout après nous avoir fait méchamment saliver après la magnifique démo jouable à 30 euros Metal Gear Ground Zeroes sortie en mars 2014. Je sais, j’entends déjà crier au scandale les fans scandant haut et fort que c’est un prologue, mais bon, un prologue d’une demi-heure quoi. Bref, tout ça pour dire que ce cinquième épisode, on l’attendait de pied ferme. Alors oui, je sais, ça fait un mois qu’il est sorti, et la presse s’est exclamée d’une même voix pour dire que l’on tenait là un chef-d’œuvre, mais franchement chez Just Focus, on aime pas qualifier un jeu de chef-d’œuvre à la légère, parce que le propre du chef-d’œuvre est sa rareté, son caractère exceptionnel, à ne pas confondre avec un jeu simplement bon. Metal Gear Solid V est-il un chef d’œuvre ? On a mis un mois pour répondre de façon parfaitement objective à cette question.

      Le Fox Engine diablement efficace

      Franchement, à moins de zoomer sur un brin d’herbe et de constater quelques imperfections et donc de chipoter comme un vieux type constamment blasé, on a du mal à râler sur le Fox engine. Il faut dire que les moyens étaient mis pour que Metal Gear Solid V en jette de ce côté-là. Le développement du moteur de jeu Fox Engine a débuté juste après Metal Gear Solid 4. D’après le journal japonais Nikkei, il aurait coûté près de 73 millions d’euros. Rien que ça, surtout que l’on rappelle qu’il n’avait pour vocation initiale de ne servir que pour Metal Gear Solid V et sa démo jouable (j’accepte les lettres d’insultes, cordialement, bisous). Que l’on trouve justifié ou non un tel déploiement de moyens, force est de constater que l’on se trouve là devant une prouesse technique complètement maîtrisée, et qui plus est taillée sur mesure. Déjà, c’est beau, c’est très beau même, que ce soit pour le design des personnages ou les environnements de jeu. Les visages sont réellement bien modélisés, et un simple coup d’œil au vigoureux Big Boss qui essaie de compter jusqu’à l’infini plusieurs fois dans son hélico montrera à quel point les expressions faciales sont bien rendues. Tout est profondément pensé pour le jeu et son gameplay : la gestion de la profondeur de vision, l’éclairage et le cycle jour/nuit qui a un réel effet sur votre capacité de vous fondre dans le décor, les bruits qui alertent les gardes à proximité suite au moindre baril frôlé, tout est réellement conditionné pour faire de Metal Gear Solid V le jeu d’infiltration ultime.

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      Franchement ça en jette

      Le gameplay magistral

      Le moteur graphique aidant, le gameplay proposé vous mettra réellement dans le rôle du Big Boss et vous obligera à vous adapter à une grande variété de situations. Première constatation : l’approche bourrinator sera rarement une bonne idée. L’IA se montre intelligente, s’adapte et peut se planter de façon naturelle parfois. Il n’est pas rare de voir un ennemi paniquer et tirer vers une direction où vous n’êtes pas. Pour arriver à vos fins, un grand arsenal digne de MacGyver vous sera proposé : pistolet tranquillisant, fusils snipers, armes automatiques, bras bioniques multifonction et traditionnels cartons seront dans la collection automne hiver de Big Boss. Le jeu reprend globalement les mêmes mécanismes que Ground Zeroes alliés à un arsenal et une variété d’approches bien plus grande. Pour vous acquitter de vos missions diverses, vous disposerez du soutien de différents coéquipiers. Le D-Horse, cheval de son état, sera très utile pour parcourir de longues distances. Le D-Dog (D pour diamond et Dog pour… chien) repérera les animaux sauvages, plantes et ennemis et pourra les attaquer sans pitié si vous lui en donnez l’ordre (pas les plantes). Le D-Walker est une sorte de véhicule bipède armé que vous pourrez utiliser pour l’attaque frontale ou pour vous déplacer. Et, enfin, Quiet est un sniper que vous recruterez vers le premier quart du jeu. Mais si, vous l’avez forcément vue partagée sur les réseaux sociaux par vos amis aussi pervers que Kojima ! Cherchez une femme quasi nue, censée se battre dans le désert sans prononcer un mot, et vous avez Quiet. Tout cela a beau être justifié plus tard dans le scénario, ça n’en reste pas moins une grosse excuse d’Hideo Kojima pour pouvoir ajouter au jeu son prototype de la femme parfaite : une bimbo prenant des poses lascives dans l’hélico, quasi nue, et qui ne dit rien. Pour la peine je vois difficilement comment faire pire au niveau misogynie à peine déguisée. Metal Gear Solid V réussi donc à faire pire que Metal Gear Solid 3 avec le personnage d’Eva, agent double se trimbalant en combinaison moulante à moitié ouverte sur un bikini dans la jungle. Au moins, elle, était déterminante pour le scénario. D’ailleurs en parlant de ça, attaquons sérieusement des choses qui fâchent.

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      Elle ? Une femme objet ? Que vous avez l’esprit mal tourné.

      The Phantom Scénar

      Hideo Kojima, si j’avais une question à te poser : il s’est passé quoi ? Non mais sérieusement, sur internet tout le monde te compare à Dieu avec un grand D (le D-God, sans doute) et toi tu te rates à ce point sur le scénar ? Je n’ai pas peur de le dire, côté scénarisation, Metal Gear Solid V est raté, pas sabordé, pas nanard, juste raté. Alors pourquoi j’ose dire ça alors que partout on évoque un léger manque de rythme mais que, bon, ce n’est pas grave au final ? Parce que si, c’est grave. Comprenez-moi bien : le jeu est bon, certes, on ne peut pas le nier, mais ce fait n’excuse pas que le scénario soit totalement inintéressant, surtout si on le compare par rapport aux opus précédents. Metal Gear Solid 3 est un des meilleurs scénarios que j’ai pu voir depuis le début de l’histoire des jeux vidéo, même le 4ème épisode tenait la route niveau construction scénaristique, et ce même si le gameplay était bien plus inégal, et si la moustache du vieux Snake était presque aussi dérangeante que celle de Végéta (J’ai dit presque). Mais là on n’est pas dedans. On part d’un prologue excellent pour arriver à un banal « vengeons-nous des méchants en reconstruisant ce qu’ils ont détruit ». Et par la suite, quelques éléments par-ci par-là pour montrer que les méchants sont très méchants, et voilà. Bon soyons clair : je n’évoquerai pas la fin. Certes il y a des révélations importantes que je ne spoilerai pas, mais quel que soit le caractère épique de la fin du jeu, cela ne change rien : la mise en scène est bel et bien aux fraises, ce qui est un comble pour une des premières séries à avoir joué à fond le rapprochement avec le cinéma. Parce que si vous êtes fan du septième art, vous devez savoir que dans un film, la mise en scène est aussi importante que le scenario. Digressons sans vergogne, et prenons pour exemple un excellent film : A toute épreuve, de John Woo. Le scénario est loin d’être compliqué, ce n’est qu’une banale histoire d’un flic badass qui affronte une mafia pour venger la mort d’un coéquipier, mais la mise en scène est tellement maîtrisée, les scènes d’actions tellement inspirées, si parfaitement chorégraphiées, que le film se hisse au rang d’incontournable pour les amateurs de films d’action. Metal Gear Solid, c’était cette maîtrise de la mise en scène renforcée par le côté joueur du spectateur (et vice versa d’ailleurs) alliée à des histoires complexes où l’on mêlait la politique, la science, les complots, l’épique, l’action, la technologie, la réalité historique et la fiction dans un parfait dosage. Ce n’est malheureusement plus le cas avec Metal Gear Solid V

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      Pour s’occuper dans les longues soirées d’hiver dans l’hélico…

      Big Muet

      J’avais déjà évoqué Quiet, le modèle féminin selon Kojima, mais je n’ai pas encore parlé de Punished Venom Snake, alias Big Boss qui participe à sa propre histoire comme un spectateur inutile. Pendant les révélations, les scènes importantes, même quand ses amis se font torturer devant lui, Snake est pour la plupart du temps totalement muet. Il faut bien avouer que les raisons de ce mutisme sont révélées à la fin, on peut aussi supposer que Kiefer « Jack Bauer » Sutherland était bien plus cher à la ligne de dialogue prononcée que le mythique David Hayter, mais quelle que soit la raison principale, on a toujours l’impression d’avoir affaire à un figurant, ce qui est quand même bien dommage quand il s’agit du personnage principal. A noter aussi qu’il manque d’opposants charismatiques, comme les fameux boss, tous aussi mythiques les uns que les autres. On peut citer : Psycho Mantis, Sniper Wolf, Liquid Snake, Vamp, The Pain, The Sorrow, The Boss …Nous avons à la place une unité d’élite, les skulls, qui est bien pensée mais hélas trop peu exploitée. J’ai failli oublier, à ceux qui hurlent aux spoilers à chaque seconde sur internet, Kojima vous a entendu et vous spoile lui-même dans une vidéo in game qui annonce le chapitre 2. Elle est pas belle la vie ?

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      Oh mon dieu, on a cloné Asajj Ventress !

      Pimp my motherbase

      On va terminer tout de même sur du positif. Si vous accrochez au gameplay et à l’ambiance, vous aurez de quoi faire avec Metal Gear Solid V. Une cinquantaine de missions principales, plus de 150 missions secondaires, une base à construire et des gadgets à perfectionner : vous aurez largement de quoi vous occuper. La mother base vous demandera du temps puisqu’il faudra non seulement recruter du personnel compétent en extrayant des soldats dans un système rappelant celui de Metal Gear Solid Peace Walker mais aussi rassembler des ressources pour développer des armes ou votre base. Vous pouvez également personnaliser votre emblème, votre hélicoptère et bien d’autres choses. Hélas, la répétitivité pourra venir pointer le bout de son nez à un moment donné. En effet, les missions secondaires sont assez souvent basées sur le même moule : extraire un truc, que ce soit un prisonnier, un soldat qualifié, des ressources, un ancien compagnon ou encore un mouton perdu (ce n’est pas une plaisanterie). Heureusement, la grande variété du gameplay atténuera largement cette répétitivité. Les missions principales, elles, sont hélas presque aussi secondaires que les autres, surtout celles du chapitre 2, qui sont pour la plupart des anciennes missions proposées en difficulté supérieure. Un peu dommage surtout que ces missions principales censées camper le scénario donnent un peu moins de liberté d’action. Cependant, un système de rang vous poussera à les refaire pour accomplir une meilleure performance et en visant des objectifs secondaires.

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      Ils sont pas beaux, mes Eastern Venom ?

      Non, Metal Gear Solid V n’est pas un chef-d’œuvre. Il l’aurait été si le scénario mais surtout sa mise en scène avait été bien meilleure. Certains diront qu’on peut largement en apprendre plus sur les détails de cet opus via les cassettes. Il est vrai qu’une bonne centaine d’enregistrements audio nous permettent d’écouter des dialogues supplémentaires, certains cruciaux pour comprendre les détails de l’histoire. Typiquement le genre de bonus qui sont parfaits pour connaître les événements qui ont conduit Kazuhira à rechercher la meilleure recette de hamburgers possible. Mais, pour en apprendre plus sur des événements majeurs, rien de mieux qu’une scène cinématique, ou au pire un dialogue en temps réel. Au lieu de ça, le jeu passe son temps à nous faire des ellipses complètement abusées, ce qui casse totalement le rythme du jeu et de sa mise en scène qui paraît dramatiquement décousue. Si Christopher Nolan avait fait d’Interstellar un film d’une heure vingt accompagné d’un livret de 600 pages pour expliquer ce qu’on a pas vu à l’écran, auriez-vous tout de même crié au génie ? D’ailleurs vous remarquerez que je n’ai pratiquement pas parlé du gameplay, parce que oui il est excellent, mais tout le monde le connaît déjà par cœur. On en avait déjà vu la grande majorité dans Ground Zeroes. Internet, les twitchs et le bouche-à-oreille ont fait le reste. De ce fait, améliorer quelques points de la série pour en dégrader d’autres (pourtant cruciaux) peut suffire à faire un bon jeu, mais pas un chef-d’œuvre. Bien dommage roi Arthur, tu repasseras pour le saint Graal. D’ailleurs, vu que Konami commence déjà à évoquer d’autres épisodes en se passant des traditionnels « à Hideo Kojima Game », « Produit par Hideo Kojima« , « scénario de Hideo Kojima« , « Croissants apportés le matin par Hideo Kojima« , je peux d’ores et déjà parier qu’il ne viendra pas par cette série autrefois mythique. Dommage, on pourra toujours se consoler en rejouant aux anciens opus qui se suffisent à eux-mêmes. C’est peut-être ça, le saint Graal, après tout.

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      A moins de zoomer, j’ai dit !

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