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      Star Wars Battlefront 2 : le côté obscur du bad buzz

      Y’a pas à dire : Star Wars Battlefront 2 a su faire parler de lui depuis sa sortie. Bon pas forcément en bien, même pas du tout, à tel point que l’action EA a fortement chuté en bourse depuis. La raison, vous la connaissez sans doute : les micro-transactions. Personnellement, je me réjouissais au départ de cette révolution populaire qui exprimait un refus net de se faire arnaquer. Allait-on vivre dans un monde sans season pass désormais ? Est-ce que les joueurs allaient enfin boycotter les studios qui sont un peu trop confiants et s’engraissent au quotidien sur le porte-monnaie des honnêtes joueurs ? La révolution avait plutôt bien commencé, déjà par les ventes du jeu qui ont été jusqu’à présent assez décevantes (on est assez loin du retournement de veste monumentale des fameux « rip cod » qui ont tous fini par acheter sagement le dernier call of qui aurait pu être sous-titré : « le retour de la guerre mondiale qu’on avait pas vu depuis 10 ans après avoir été surreprésentée dans les années 2000 »). Mais maintenant que les joueurs se retrouvent conscients des dérives de la consommation, qu’en est-il du futur ? Mais avant d’y penser, on va évaluer le présent : Star Wars Battlefront 2 est-il un si mauvais jeu ? Mérite-t-il son bad buzz ? On va s’y intéresser dans ce test (garanti sans micro-transactions, vu qu’il n’y en a plus). 

      Un contenu presque honnête

      Pour clore définitivement avec le côté « pigeonnage » en règle, on va s’attarder d’abord sur le contenu, ce qui est assez inhabituel, mais j’assume. Donc : si je vous dis absence de contenu, compensation par un season pass hors de prix, arnaque et invasion de cheater sur pc vous me dites … Star Wars Battlefront premier du nom (celui de 2014 hein, parce que le vrai premier du nom était un excellent jeu en son époque, et peut-être même aujourd’hui). Déjà, Star Wars Battlefront 2 ne propose pas de season pass, cela voudrait-il dire que nous aurions du contenu décent cette fois-ci ? Eh bien un peu plus. Déjà, la possibilité de la coop en local laisse déjà un peu plus passer la pilule. Au programme : un nombre de cartes et une variété des époques et des environnements assez honnêtes (pour un jeu DICE / EA, entendons-nous bien). Vous pouvez vous taper des petits scénarios en solo avec des héros, des batailles hors lignes contre des bots, du multi sur des modes assez efficaces, une variété de gameplay appréciable sur terre ou dans l’espace et une campagne solo de 5 heures triste comme le désert mongol (DICE…). 

      Des events débarquent après la sortie

      Scénariste, utilise les clichés ! (Padawan, prends garde au spoil !)

      Bon, on va quand même reconnaître quelques points positifs à la campagne solo. Déjà, elle mêle l’histoire connue de la saga à une histoire originale, et ce, en mélangeant bien les environnements. De plus, on reconnaîtra l’audace de placer une héroïne, qui plus est du côté impérial, ce qui est assez original. Pourrait-on espérer voir une histoire non manichéenne qui nous montre l’absurdité de la guerre tout en montrant une combattante forte aux aspirations …. Non. Rassurez-vous : on a droit au bon gros cliché de la fille hardcore qui déteste le camp adverse, avant de se rendre compte que son propre camp est très méchant, et du coup de rejoindre les gentils et, champagne : son père est un amiral impérial qui est du genre à arborer un rire maléfique en explosant une planète (Imaginez Tarkin en méchant Disney quoi…).  Ok, vous allez me dire que l’Empire n’est pas présenté de manière altruiste non plus dans Star Wars, mais … on en est à cette extrémité ? Alors visiblement dans cette nouvelle histoire, la guerre ne s’est pas arrêtée à la mort de l’empereur, parce qu’une version posthume de lui-même a continué de gueuler des ordres à ses larbins qui se sont connement contentés de les suivre sans se rendre compte qu’un mec mort, normalement, ben ça ne peut pas gouverner. Mmmm’kay. Et en plus, exploser des mondes sous domination impériale non contestée, c’est utile (pour l’exemple forcément). Bon de toute façon la campagne est complètement daubée et accumule les clichés qui ne sont rien d’autre que des prétextes à la con pour te balancer du fan service à outrance. Ça, c’est fait (et ça fait du bien).

      Salut Han, tu t’es perdu ?

      La technologie d’une galaxie lointaine, très lointaine…

      De ce point de vue-là il faut bien le reconnaître : Star Wars Battlefront 2 est un des plus beaux jeux sortis actuellement, et je n’y ai pas joué en 4K (parce que … j’suis pauvre) mais sur PC quand même donc ça compense. Après je l’ai aussi testé sur Xbox One (merci test de l’EA access) et il est magnifique aussi (et toujours pas en 4K !). On retiendra quelques environnements particulièrement réussis, notamment Kamino qui est un pur régal visuel. La bande-son colle bien avec Star Wars (en même temps, comment on aurait pu rater ça en ayant accès à la base de données officielles ?) et la variété des environnements est une réussite, surtout comparé au premier opus qui s’était gaufré avec 4 planètes sous-exploitées (hors season pass, forcément). 

      C’est la classe

      Une expérience multi dynamique

      Pour les férus du multijoueur, il y a de quoi faire. Le mode Assaut Galactique propose de faire s’affronter deux équipes de 20 joueurs sur terre et parfois dans les airs. Ce mode a été clairement amélioré depuis le premier opus. Si vous vous souvenez, l’équivalent était les « attaques de marcheurs » qui proposaient des affrontements assez déséquilibrés pour ceux qui devaient détruire la machine, et qui, finalement, n’étaient pas si bien pensés que ça. Cette fois-ci, certaines manches proposent des choses équivalentes, mais vous trouverez des objectifs beaucoup plus diversifiés comme des défenses de territoires, des captures de zones, ou tout simplement baisser l’effectif de l’armée ennemie. Du côté des champs de bataille, on traversera trois époques différentes : la guerre des clones, la rébellion contre l’empire et l’avènement du premier ordre. Dans les airs, on a toujours des combats de vaisseaux, qui, cette fois, ont le bon goût de se passer dans l’espace. De ce côté-là, la jouabilité a été revue et corrigée, et propose une expérience toujours aussi fun et immersive. D’autres modes comme les escarmouches ou les affrontements de héros constitueront un petit plus supplémentaire, clairement non négligeable. Il y en a pour tous les goûts.

      Oui, je suis la seule andouille à jouer en TPS

      Les boîtes de loot, fléau des temps modernes ?

      On ne va pas revenir sur l’aspect « carte bleue » évoqué dans l’introduction. Pour le moment, les micro-transactions ont été désactivées, et on espère qu’elles le resteront. Et pour cause : le jeu était véritablement un pay to win. Avec de l’argent réel, au-delà des héros à débloquer, on pouvait acheter des boîtes de loot. Elles sont toujours présentes dans le jeu à acheter avec des crédits virtuels. Elles contiennent des cartes pouvant apporter des avantages aux différentes classes de personnages : plus de santé, capacités améliorées, rechargement accéléré, et j’en passe. Imaginez vous commencer tranquillement le jeu et vous faire exploser la tronche par tout ce qui passe (mention spéciale aux détonateurs thermiques, plus que jamais spammés). Déjà sans micro-transactions, il y a de fortes chances que ça vous arrive, puisque les joueurs qui ont beaucoup plus de temps de jeu seront, eux, suréquipés, et bien plus efficaces en mode multijoueur. Le skill compte peut-être, mais le temps de jeu comptera bien plus dans vos performances.

      Les héros aussi peuvent bénéficier de cartes de boost

      Star Wars Battlefront 2 est-il un bon jeu ? Difficile de répondre à cette simple question. Techniquement, le jeu est réussi. Si l’on met de côté une campagne ratée et prétexte aux petits placements de produits de John Boyega au calme à l’E3, le tout à quand même de la gueule, et pas qu’un peu. Les graphismes sont magnifiques, l’immersion dans l’univers de Star Wars est au top, le multijoueur est efficace, et les batailles spatiales grandioses. Qu’est-ce qui pêche donc ? Encore et toujours cette politique de faire des jeux en calculant beaucoup plus les profits éventuels que le produit fini. Sauf que Star Wars Battlefront 2 est loin d’être un cas d’école. Pour info, les profits d’EA autour des micro-transactions de FIFA Ultimate Team s’élèveraient en 2016 autour de 800 millions de dollars. Du coup, à la question : est-on arrivé à une révolution des joueurs ? Si c’est le cas, il est probable que ceux ayant boycotté Star Wars Battlefront 2 pour les micro-transactions réagissent de la même façon pour la sortie de FIFA 19. A moins que tout cela ne soit qu’une vaste hypocrisie, ou une simple histoire de bad buzz… L’avenir nous le dira.

       

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