Une deuxième mi-temps décisive dans le tome 11 d’Ao Ashi

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Dans le tome précédent d’Ao Ashi, le club de jeunes de l’Esperion vivait un première mi-temps dramatique menaçant de pousser le groupe vers la relégation. L’équipe pourra-t-elle se relever ?

Le tout pour le tout

L’Esperion se retrouve mené à la mi-temps par Musashino mais il y a bien plus grave. En effet, le début du tome onze d’Ao Ashi est choquant. Juste avant la sonnerie de la pause, le défenseur Kuroda empêche un but au prix d’une blessure au crâne. Le groupe de l’Esperion n’a jamais été aussi en crise et les jeunes ne trouvent pas de solution sur le terrain. Dans les vestiaires, les divisions et les faiblesses se font jour. Togashi est la pointe qui divise le groupe mais il met aussi à jour les véritables faiblesses. C’est nécessaire selon lui pour aller plus loin. Les critiques fusent entre eux malgré les remarques justes d’Ashito puis la mise au point de l’entraineur. Débordant d’une rage renouvelée de vaincre, l’équipe se présente sur le terrain pour la deuxième mi-temps qui déterminera l’avenir de l’équipe. Tout le reste du tome suit cette haletante deuxième mi-temps.

Le sport est un combat

Pourquoi le lecteur d’Ao Ashi est-il passionné même si l’on déteste le foot ? Plusieurs réponses personnelles sont possibles. Cependant, on peut aussi se dire que c’est parce que l’enjeu des épisodes n’est pas la technique mais le fait que la victoire ou la défaite détermine la vie des joueurs. Ao Ashi devient alors bien plus une série de guerre qu’un manga de foot. Kuroda est un blessé de guerre. Par fierté, on préfère mourir sur le terrain que de laisser sa place. Les coéquipiers sont des camarades du front voulant venger leur frère d’arme car son sacrifice réclame une victoire. Les entraîneurs parlent comme des généraux donnant des ordres parfois mal compris. Ils replacent sèchement certains et positionnent d’autres vers une meilleure position. Ashito n’accepte pas d’être en défense et veut monter à l’attaque. Tel un général en chef, l’entraîneur en chef du club donne des ordres mais son adjoint n’en sait rien. Pendant un temps calme entre deux combats, en fait la mi-temps, les combattants révèlent leur sentiments et leurs ressentiments. Les ados s’expriment sur le terrain par une volonté de briller individuellement mais aussi en dehors du terrain par une prétention aboutissant presque à des bagarres. Face à eux, l’ancien coéquipier des sélections Kaneda est en rage d’avoir raté le but décisif. Il cherche la vengeance.Ao Ashi ou la lutte sur le terrain

L’élément guerrier se voit dans le vocabulaire choisi par le scénariste et dessinateur Yugo Kobayashi. Un joueur doit se relever après une blessure s’il veut survivre dans ce monde. Sur le terrain, il faut charger ou couvrir. Dans Ao Ashi, le dessin exprime aussi ce thème. Il y a des duels et le perdant finit à terre. Les balles filent comme des balles. Le terrain est un champs de bataille avec des blessés portant des bandages comme après un coup de fusil. Au début de la deuxième mi-temps, les regards sont remplis de haine et des flammes apparaissent autour des corps.

Le sport est une école

Mais Ao Ashi est également une réflexion sur l’éducation. Lors d’un débat, deux entraîneurs se demandent comment faire progresser les jeunes. Tous les deux se refusent à donner des ordres et préfèrent guider les jeunes vers la solution. Cependant, l’entraîneur en chef estime que son adjoint n’en dit pas assez. Pour lui, quelques mots suffisent à tout changer.

Ao Ashi ne renie pas la hiérarchie et l’objectif est souvent de rester à sa place. L’entraîneur en chef recadre Ashito. Il doit cesser de vouloir être un buteur, car, en s’avançant trop, il brise la cohésion collective de l’arrière. Ce partage entre individu et collectif parcourt la série. Pour espérer progresser, le joueur doit s’intégrer dans un groupe mais on peut aussi le diriger. Le chef conseille à Ashito de donner des ordres pour s’imposer. Ensuite, une fois le cadre respecté, l’entraîneur motive le joueur : il conseille à Togashi de rester comme il est.

Ce onzième tome d’Ao Ashi édité par Mangetsu prolonge avec réussite la tension de la série. Bien que tout un tome soit consacré à une mi-temps, le rythme ne faiblit pas. Les rebondissements sont nombreux et la grosse surprise en fin de tome est un dribble pour le lecteur qui n’avait rien vu venir.

Retrouver l’UEFA des chroniques sur le site avec des textes sur les débuts de la série et sur les meilleurs mangas de sport.