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    The Silent Sea la nouvelle série coréenne Netflix : une mer pas aussi tranquille que ça

    Si, de toute évidence, le cinéma coréen connaît un essor qui le rend enfin visible, et surtout reconnu du monde entier, il est indéniable qu’une série de science-fiction dans la foulée ne peut qu’attiser notre curiosité. Serait-il aussi bien que… ? Mais, si le premier pas est aussi hésitant que celui donné sur la lune, on se laisse très vite embarquer dans cet univers figé et angoissant.

    The silent sea est basée sur le court métrage « La mer de la tranquillité » (« Koyoui Bada ») réalisé par Choi Hang-Yong en 2014. Il est aussi le réalisateur du drama coréen distribué par Netflix.

    L’histoire

    Dans un futur sinistre, la terre est ravagée par l’épuisement des ressources essentielles. La pénurie d’eau frappe toute la planète et la terre sombre dans la famine et la maladie. Une équipe d’élite est recrutée pour récupérer un mystérieux échantillon d’une base de recherche abandonnée sur la lune. Ils devront faire face aux conséquences d’un accident survenu cinq ans auparavant.

    Fiche technique

    Drame: The Silent Sea (titre anglais) / The Sea of Tranquility (titre littéral)
    Romanisation révisée : Goyoui Bada
    Hangul : 바다
    Réalisateur : Choi Hang Yong
    Scénariste : Park Eun-Kyo
    Producteur : Jung Woo-Sung
    Réseau : Netflix
    Épisodes : 8
    Date de sortie : 24 décembre 2021
    Langue : Coréen
    Pays : Corée du Sud

    Distribution

    Bae Doo-Na : Song Ji-An
    Gong Yoo : Han Yoon-Jae
    Lee Joon : Ryu Tae-Seok
    Kim Sun-Young : Hong Ga-Young
    Lee Moo-Saeng : Gong Soo-Hyuk
    Lee Sung-Wook
    Choi Hee-Jin
    Heo Sung-Tae

    Impressions

    La terre sombre dans le chaos et il n’y a plus d’eau. Il faut donc, la chercher ailleurs. Jusque-là, rien de nouveau. L’ambiance, très posée depuis le début, nous situe déjà dans ce qui sera l’atmosphère de tout le drama. Très vite, l’action évolue dans ce calme dense et incroyablement silencieux qui est l’espace lunaire. Les couleurs bleues foncées, noires et grises ne nous quitteront plus. Nous pouvons sentir le froid, la précarité de la situation et c’est à ce moment-là qu’on se rappelle du titre.

    La mer de la Tranquillité est une mer lunaire devenue célèbre puisque, c’est sur la base de la Tranquillité que s’est posé l’Eagle, le module lunaire de la mission américaine Apollo 11, le 20 juillet 1969. Située sur la face de la Lune tournée vers la Terre, il s’agit en fait d’une vaste plaine de basalte (roche volcanique).

    La lune et la base spatiale, reproduites avec 5 décors dans un espace d’environ 9000m², ont donné un résultat très réaliste. On pourrait dire que les effets visuels (VFX) et les travaux d’infographie (CG) visent à nous montrer l’évolution des films coréens de science-fiction après Space Sweepers, film réalisé aussi en 2021. Alors, maintenant que le contexte est bien édifié, on peut passer à autre chose et se concentrer sur l’histoire.

    Si nous avons dépassé un certain âge, nous nous rappellerons de cette période où les films de science-fiction se résumaient à des méchants extraterrestres qui voulaient prendre possession des malheureux astronautes. « Alien, le huitième passager » aura marqué une époque. Le sujet a souvent été imité avec une maladresse catastrophique. (Se mesurer à Ridley Scott n’est pas donné à tout le monde). Il est vrai qu’une fois qu’on a exploité la bestiole affreuse qui parasite les êtres humains et qui aime bien faire son apparition démolissant des thorax, il ne reste plus grand-chose à exploiter. On peut changer d’endroit, des bestioles et des personnages (ces derniers se faisant pour la plupart bouffer, traîner puis bouffer, choper puis bouffer, étrangler puis bouffer, histoire de justifier les suites…), mais la base reste la même et finit par ennuyer.

    Virus, ce vicieux qui ne lâche pas l’affaire

    En ce moment, nous sommes malheureusement dans une époque qu’on pourrait traiter de science-fiction. Nous vivons un scénario propre à Stephen King. Alors bien sûr, il n’est pas étonnant que les virus aient remplacés les extraterrestres. Le sujet avait déjà été abordé mais d’une façon plus isolée. L’action se concentrait dans un village, dans un pays et c’étaient souvent les cow-boys, pardon, les Américains qui venaient sauver la planète.

    The Silent Sea nous présente plusieurs sujets avec une telle finesse et une telle esthétique, que nous ne pourrons que regarder, émerveillés, la suite des événements. Même le générique est magnifique. Mourir de noyade alors qu’il n’y a pas d’eau, il faut le faire. Il faut surtout le penser. Il faut surtout l’imaginer, le concevoir parfaitement pour que l’idée reste ferme et ne tombe pas dans les méandres de la nullité. Tous ces éléments étonnants nous feront pardonner ou plutôt, passer outre certaines ressemblances à d’autres films (il y a toujours quelqu’un qui sait des choses que les autres ignorent. Ou qui doit faire réussir la mission même si tout le monde meurt. Ou qui saura toujours ce qu’il faut faire…).

    Acteurs

    Gong Yoo

    N’importe quel amateur du cinéma coréen regardera un film ou un drama dès qu’il aura pris connaissance de la présence de Gong Yoo dans le casting. On ne se posera même pas la question. Le reste, le scénario, le genre, le réalisateur (hélas) viennent ensuite. Parce que Gong Yoo est l’acteur par excellence et il nous le prouve dès qu’il en a l’occasion.

    Interrogé lors d’une conférence de presse sur les raisons de son apparition dans The silent sea, il a répondu : « j’ai accepté le rôle parce que je me suis dit que je pourrais contribuer un peu à l’expansion du genre alors que je m’inquiétais de la diversité des œuvres coréennes. » (Source). Une fois de plus, il s’implique dans son rôle, il devient le personnage. Son charisme se ressent même à l’intérieur de sa combinaison (8 kg, quand même).

    Cela ne restera peut-être pas le rôle de sa vie car, il pourrait pêcher légèrement d’une performance assez linéaire. La façon de jouer imposée à chaque acteur, fait partie de toute évidence, de la pesanteur recherchée. À tout moment, nous sommes dans cette ambiance lourde et dense.

    Bae Doo-na

    Bae Doo-na, Air Doll, Cloud Atlas, Sense8, Kingdom… a été le première à apparaître dans le générique. Avec ces deux monstres de la scène coréenne (plus le coup de marketing : deux acteurs de la série Squid Game), il était vraiment impossible de rater cette série. Peut-être pas non plus le rôle de sa vie mais, ainsi que Gong Yoo, et le reste des acteurs, d’ailleurs, cette façon de jouer uniforme et plate s’adapte absolument à cette mer aussi tranquille que dangereuse. Pas de Mel Gibson complètement déchaîné dans son heure de gloire science-fiction, pas de Sigourney Weaver en train de faire ami ami avec un monstre de l’espace (quoi que…), mais l’intensité est la même, peut-être plus profonde.

    Le reste du casting s’avère aussi exceptionnel que l’équipe de personnages envoyés sur la lune. Avec des gros succès à leur actif, ils nous prouvent une fois de plus leur capacité d’adaptation à ce nouveau contexte et genre pas très exploré qui est la science-fiction en Corée du Sud. Nous saluons l’interprétation de Kim Si-A, jeune actrice de 14 ans vue entre autres dans The Closet et Ashfall.

    Production

    Woo-Sung Jung produit The silent sea (il s’agit de sa deuxième production après le film ‘Don’t Forget Me’, 2016). Fasciné par le projet, il n’a pas lésiné sur les dépenses. Il confirme sa passion pour la création et il arrivera, par son goût du détail, à nous faire vivre dans ce territoire inconnu et froid qui peut évoquer la lune. Pour rendre honneur à ses efforts et d’ailleurs, à tous ceux qui ont participé à ce projet, il est très important de ne pas tomber dans la comparaison des films américains dans lesquels nous avons baigné jusqu’à présent. Ce drama de science-fiction à la coréenne se présente au monde entier sans complexes, avec une assurance qui nous laissera perplexes.

    Fin

    La Corée du Sud a encore des efforts à faire pour que la fin de leurs films ou dramas soit parfois moins ouverte, plus compréhensible. Ces fins qui pourraient nous faire croire que nous venons de voir l’introduction et que le sujet principal arrivera dans une autre saison. Ou pas. Il est toujours très intéressant d’assister à une conclusion légèrement floue ou radicale qui laisse place à notre imagination, malheureusement souvent assez limitée. Comme dans le cinéma japonais, ce qui compte c’est l’histoire, l’action dans le présent. Comme une photo prise au hasard. Le plus important n’est pas l’avant ou l’après, mais ce qui se passe maintenant. Ce genre de style est inhérent au cinéma asiatique et parfois, juste parfois, une fin un tout petit peu plus claire, plus achevée, serait la bienvenue.

     

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