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      Snowdrop, un drama coréen d’une extrême qualité et profondeur

      Il est clair qu’on ne peut pas parler de ce drama sans faire allusion à la controverse qui lui a valu une pétition, appelant à la fermeture du réseau de télévision sud-coréen JTBC, le diffuseur du drama, signé par plus de 30 000 personnes. La série, qui met en vedette Jung Hae-In et Jisoo de Blackpink, avait été accusée de distorsion de l’histoire avant même que les deux premiers épisodes tant attendus soient diffusés. Deux pétitions ont été adressées à la Maison Bleue et plusieurs sponsors ont retiré leur soutien à cause des commentaires négatifs que tout cela a engendré. Dans un communiqué officiel, JTBC a demandé au public de faire confiance et d’attendre le déroulement de la série.

      L’histoire

      Le drama se passe entre novembre et décembre 1987, une époque très conflictuelle dans l’histoire de la Corée du Sud. Lim Soo-ho est poursuivi et blessé. Il arrive à se cacher dans le dortoir d’une université pour femmes et Eun Yeong-ro, qu’il avait déjà rencontré auparavant, soigne sa blessure et le cache de ceux qui le poursuivent. Mais une prise d’otages au sein du dortoir met à sa place chacun des personnages, les rendant les pions d’une situation absolument ingérable.

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      Fiche technique

      Écrit par Yoo Hyun-Mi
      Réalisé par Jo Hyun-Tak
      Musique de Kim Tae-Seong
      Pays d’origine : Corée du Sud
      Nb d’épisodes 16

      Distribution : Jung Hae-In, Jisoo, Yoo In-Na, Jang Seung-Jo, Yoon Seah, Kim Hye-Yoon, Jung Yoo Jin

      Impressions

      Bien que Snowdrop se passe à l’époque d’un « régime militaire », lors des élections présidentielles de 1987, l’histoire en soi n’est que fiction. Il est clair aussi qu’il est très difficile de passer outre cette époque si dure qui a poussé plus d’un million de sud-coréens à manifester pour la démocratie. Une époque de chasse à l’homme, de torture, où les gens disparaissaient comme en Argentine ou Chili. À se demander si dans un autre contexte, la série aurait eu un tel relief, une telle importance, un tel impact.

      La Maison Bleue a publié une réponse officielle à la pétition, rejetant les appels à l’annulation de l’émission. La réponse indiquait que la Maison Bleue n’avait pas l’intention d’interférer dans la production de Snowdrop, citant la protection de la liberté d’expression dans la loi sud-coréenne sur la radiodiffusion, qui garantit l’indépendance des radiodiffuseurs et interdit toute réglementation ou ingérence extrajudiciaire. (Source)

      16 épisodes d’environ 1h20 qui ne parlent que d’une prise d’otages et qui arrivent à captiver notre attention sans relâche, il faut le faire. Mais alors que le premier épisode nous montre tout un amalgame de personnages assez impersonnels, ces mêmes personnages s’affirment au fur et à mesure et deviennent les piliers de l’intrigue. À tel point, que la relation romantique se voit décidément relégué au deuxième plan, voire troisième et que le rôle de Jisoo devient presque accessoire. Son interprétation nous a fait fortement penser au rôle de Lee Yo-Won dans Bad Love (2007). L’actrice traîne des pieds affichant une expression tellement affligée, qu’elle finit par nous gaver. Et cela pendant 20 longs épisodes ! Les deux actrices ont de quoi se montrer désespérées, affligées, misérables, consternées et toute une ribambelle d’adjectifs qui voudraient dire la même chose, puisque l’expression est toujours la même. En plus, comme nous entre-voyons très clairement que la situation ne va pas s’arranger, on sait déjà que cette expression ne changera pas d’un poil. Heureusement, il y a Jung Hae-In, ce qui mérite un point la ligne.

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      Jung Hae-In. Nous l’avons vu dans des dramas comme One Spring Night et Something in the Rain, puis plus récemment dans D.P. Nous avons aimé sa performance, nous l’avons presque chéri. Il a cette capacité, vraiment très particulière en lui, de transmettre des émotions juste avec un regard ou avec ce petit mouvement des sourcils qui le caractérise. Cette description pourrait donner une impression banale et trop calculée, mais par sa gestuelle, il arrive à mettre vraiment une direction à l’émotion de la scène. Comme s’il savait exactement le bouton qu’il faut appuyer. Mais c’est surtout depuis D.P. qu’il s’affirme. Il a mûri et cette maturité transpire dans ses derniers rôles, plus durs, moins légers. Le gamin est resté derrière, maintenant nous avons affaire à l’homme. Et il assure.

      Cette illusion de romance se désagrège et finit presque par devenir invisible. Il se passe trop de choses, pas trop la place pour roucouler même si, évidemment leur romance est très mignonne. Nous voyons ce point faible depuis le début. Nous savons. Nous serons confrontés à l’abnégation, le sacrifice, mais trop tard pour faire marche arrière. Nous sommes très vite pris dans le filet de cette série pas du tout anodine. Une bromance touchante, plus qu’improbable, qui prend tout son temps pour se confirmer et nous montrer qu’elle peut être bien réelle.

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      Ce n’est pas la première fois que le scénariste Yoo Hyun-Mi et le réalisateur Jo Hyun-Tak travaillent ensemble (on va éviter le mot « collaborer »). Même si les deux histoires sont complètement différentes, les deux dramas sont encerclés par des murs. Ce sont des grands espaces mais qui se heurtent contre ces grands murs, immenses et terriblement solides. Les personnages deviennent parfois comme ces petites voitures pour enfants qui changent de direction dès qu’elles percutent une résistance. Ces murs sont à prendre au premier et au deuxième degré. Les murs physiques existent vraiment mais les pires, ce sont les murs sous forme d’idéaux, de convictions, de manipulation. Sans trop vouloir rentrer dans le complotisme, il y a de quoi se poser des questions concernant la politique.

      La camera

      Des rebondissements, des histoires qui gravitent, une lutte pour le pouvoir… le tout filmé avec grâce, avec fermeté. Aucun détail n’est oublié et la caméra sait toujours quel est le bon moment pour une vue d’ensemble, ou pour zoomer et montrer seulement les yeux des personnages. Dans les moments les plus critiques, elle tremble, comme pour nous montrer l’instabilité de la situation. Comme si l’épée de Damoclès qui les menace depuis le début, allait finir par tomber pour du bon.

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      Bande originale

      La bande originale de Snowdrop est absolument magnifique. Il est clair – aussi – ou qu’elle n’est pas prête à nous remonter le moral et qu’elle pourrait pêcher de trop tristounette et mélancolique. Cela pourrait être le cas si nous écoutions sans avoir regardé le drama. Mais elle donne une dimension aux images. Elle s’accorde parfaitement à chaque scène et donne ce dernier point de coordination.

      Vraiment, un drama d’une extrême qualité et profondeur.

       

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