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    Miss Kuroitsu from the Monster Development Department. Critique de l’épisode Un de l’anime : Un délicieux délire

    La popularité des super-héros ne se dément pas. Au cinéma (Spiderman no way home), en anime (Tiger et Bunny), en série (The boys, Umbrella Academy) ou en manga (My Hero Academia, Shy), les productions se succèdent avec de jolis succès à la clé. Mais l’échec de la série Jupiter Legacy rappelle que si le public répond vite présent, il se lasse aussi rapidement dès que l’œuvre manque d’originalité, de qualités techniques ou simplement reprend des thèmes déjà largement explorés. Ainsi, en se lançant dans l’écriture de Miss Kuroitsu from the Monster Development Department, Hiroaki Mizusaki est conscient du défi qui l’attend. Il le relève en proposant un récit en total décalage avec ce qui se fait. Son idée : inverser les points de vue. Ce sont les méchants qui sont à l’honneur. Mais pas les chefs, leurs employés. Ces petites mains, ces travailleurs de l’ombre qui tentent vaille que vaille de donner vie aux projets mégalomaniaques, farfelus  de leurs commanditaires. Il en résulte une série pétillante, follement drôle où se percutent sans cesse l’imaginaire super-héroïque et les tranches de vie de ces simples employé(e)s.

    Once upon a time in the monster developement

    La société Agastia est une entreprise en apparence respectable. Mais c’est une façade derrière laquelle se cache une organisation secrète de super-vilains. Dirigée comme une entreprise classique avec ses directeurs et ses services, elle essaie de contrôler le monde. Cependant, elle essuie échec sur échec face aux super-héros. Cette situation embarrassante accentue la pression sur Kuroitsu et ses collègues.

    Membre du service de développement des monstres, elle doit sans cesse livrer des prototypes capables de vaincre enfin les défenseurs du monde. Mais entre les idées loufoques de ses chefs, les demandes de modifications, les restrictions budgétaires et le manque de temps, le service est débordé. Le quotidien de Kuroitsu devient vite impossible d’autant que dans sa vie privée elle ne peut pas parler de son travail. Or vivre avec une identité secrète crée sans cesse des quiproquos qui n’arrangent pas ses affaires.

     

     

    Miss Kuroitsu from the Monster Development Department : dur dur d’être un méchant

    Dans sa série, Hiroaki Mizusaki propose de plonger dans le quotidien, le monde méconnu des super vilains. Celui-ci est présenté comme une vraie firme avec son P.D.G, ses directeurs techniques, financiers, ses rapports. Mais ce business n’est pas si rentable. Les défaites s’enchaînent, les désillusions enterrent tous les espoirs de domination. Pourtant, cette société ne se résigne pas. La puissance des super-héros les contraint à toujours innover. Une véritable course à la recherche- développement agite leur bureau d’études.

    Malheureusement, si l’envie est là, les progrès sont minces. Et la série explore les raisons présentes des échecs permanents des super-vilains. L’administration, la bureaucratie alourdissent la machine. Les projets doivent en effet par de longs processus de validation. Avec toujours la crainte de déplaire à l’un de leurs sur-puissants patrons. Ce premier épisode pose cet univers extrêmement drôle où  se confrontent l’hyper-puissance des vilains et l’inertie de la structure. De ce décalage naissent des scènes très drôles où les super-vilains se plaignent de la paperasse et se heurtent à la toute puissance de la machine bureaucratie. Ils baissent finalement les bras, vaincus par la pire des kryptonites : le formulaire !!

    Le chant d’amour pour la culture super-héroïque

    Ce premier épisode transpire le respect pour la culture des super-héros. Miss Kuroitsu s’appuie en effet sur l’univers des super-sentai japonais et des metal hero : ultraman, bioman, X Or évidemment. Il en reprend les codes visuels notamment au travers des costumes, des postures. Il s’inspire aussi en les détournant de la mythologie du monstre, ces créatures super-puissantes conçues par des esprits machiavéliques pour vaincre les héros. Tout ce que nous raconte Miss Kuroitsu est très cohérent, référencé et intégré dans une narration qui se veut très sérieuse.

    Cet amour s’étend aussi aux comics nord-américains. Comment ne pas lire derrière la société Agastia, une Justice League, un Shield inversé ? C’est toute la magie de cet épisode de nous proposer un  » what if » centré sur le quotidien des super-vilains. La gestion de leur double vie est en effet complexe. Il n’y a pas que Peter Parker qui en souffre. Leurs tracas quotidiens perturbent également leur projet de conquête du monde. Sans oublier leur obligation de se créer un personnage terrifiant et de ne jamais laisser poindre leur vrai visage. Un vrai drame personnel pour beaucoup d’entre eux.

     

    Miss Kuroitsu from the Monster Development Department : humour et audace à tous les étages

    C’est cet immense respect pour le matériau d’origine qui permet aux créateurs de la série de déployer toute la dimension comique du récit. Ce premier épisode exploite en effet à merveille la confrontation entre l’imaginaire ultra sérieux et un contenu totalement décalé. Tout passe à la moulinette de l’humour. Les projets farfelus, les monstres kawaï, les super-vilains en crise existentielle. La seule qui semble tenir la route dans ce joyeux bazar, c’est Kuroitsu. Et c’est l’un des autres ressorts de la comédie. Ce décalage constant entre la nature de ses projets démoniaques et son attitude détachée comme si elle travaillait pour une entreprise normale.

    Le premier épisode montre aussi que ses concepteurs ne vont pas hésiter à pousser loin les blagues. Plusieurs séquences évoquent en effet des passages de City Hunter (en beaucoup plus soft). Quand les super-héros purs découvrent la plastique de certains super-vilains, les choses se gâtent et l’affrontement dérape !! De même la carte du travestissement, du changement de sexe, de l’ambiguïté sexuelle intervient également dans le récit. Notamment grâce à la chef d’Agastia, leader totalement loufoque dont on peine à comprendre pourquoi tous ces « méchants » lui obéissent.

    Un épisode techniquement irréprochable

    Si l’histoire de Miss Kuroitsu from the Monster Development Department est drôle et bien construite, la réalisation technique ne souffre d’aucun défaut. On peut d’abord souligner la beauté visuelle, le luxe des détails et la diversité des propositions. En un épisode, l’univers de la série est en effet posé. Beaucoup de héros, de super vilains. Des pouvoirs nombreux. Des costumes qui lorgnent à la fois vers les super-sentai mais aussi vers les comics. L’ensemble se fond dans un univers très coloré lorgnant vers le kawaï. Cette justesse technique explique dès lors pourquoi le spectateur est dès la première seconde happé par l’univers.

    D’autant plus que l’animation fonctionne totalement. Les scènes de combats sont efficaces, lisibles. Elles iconisent idéalement les « méchants » de l’histoire (les super-héros). La démonstration de leur pouvoir renforce encore l’immersion dans la psyché des super-villains. Mais pourquoi s’obstinent-ils ? Les scènes de la vie quotidienne du bureau d’étude soulignent, elles aussi, la qualité de l’animation. Celle-ci accompagne parfaitement les changements de ton de la série en se concentrant sur les émotions, les visages des employé, leur folie. Tout concorde pour proposer 26 minutes de loufoquerie totale.

    Miss Kuroitsu from the Monster Development Department nous a, en un épisode, totalement conquis. Cette proposition alléchante sur le papier a tenu toutes ses promesses visuelles. Serait-ce premier coup de coeur de cette rentrée ? Trop tôt encore pour le dire mais cet O.V.N.I en a tout le potentiel. A découvrir sur la plateforme crunchyroll.

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