Les chats dominant le monde dans la suite de Nyaight of the Living Cat

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Après un premier volume démontrant le danger des chats, la suite de Nyaight of the Living Cat illustre un dilemme : comment lutter contre des créatures si mignonnes ?

Un nouveau maître du monde : le chat

Ce volume de Nyaight of the Living Cat s’ouvre par des citations d’écrivains sur les chats démontrant que ces monstres ont déjà conquis le monde de l’esprit. La suite se concentre sur l’effondrement politique du monde. Le Premier Ministre veut enrayer l’épidémie en organisant une réunion au sommet. Cependant, tous ces hauts fonctionnaires se retrouvent à court de moyens. L’armée admet son impuissance car un être humain ne peut tirer sur un chat. Ensuite, on retrouve quatre personnages tentant de fuir la ville. Ils doivent traverser des rues alors que les chats se multiplient par les métamorphoses des humains qu’ils touchent. Cependant, les personnages principaux utilisent une arme de détection précise : l’allergie de la jeune Tsutsumi aux chats. Par les errances des survivants, le lecteur découvre que l’épidémie est dirigée par un chat, Diva, au miaulement puissant. Des éléments demeurent mystérieux : quelle est cette vision qui fait de Kunagi un sauveur ?

Pour réussir le projet étrange de Nyaight of the Living Cat, il fallait le talent du dessinateur Mecha-Roots.  Ses cases mélangeant les genres vous font miauler de rire. La salle de crise du premier ministre est envahie de photos de chats tout mignons posant pour se rendre désirables. Les militaires montrant l’avancée du danger avec des dessins naïfs de chats. Ses passages sont un moyen anarchiste de montrer l’absurdité du pouvoir. Le style est sale. Les visages grimacent. Le regard est souvent perdu. Les traits sont trop nombreux pour du noir et blanc. Pourtant, cette maladresse colle parfaitement à l’ambiance de fin du monde burlesque. De plus, le trait singulier de Mecha-Roots ne l’empêche pas de réaliser une haletante poursuite en moto.

L'invasion dans Nyaight of the Living Cat
L’invasion dans Nyaight of the Living Cat

Une douce apocalypse

Nyaight of the Living Cat est une série étrange. On trouve certes les codes des séries postapocalyptique. Une menace provoque l’effondrement de nos repères. Le lien est aussi très clair avec les zombies. Les auteurs s’amusent à détourner de ce genre comme une couverture parodique de Walking Dead. Pourtant, les chats ne sont pas présentés comme un danger. Ils séduisent plus qu’ils ne mangent. Ils font de leurs victimes des chats et donc les intègrent à leur communauté. Leur nouveau monde n’est pas pire que l’humanité. Héros principal de la série, Kunagi ne tue pas les chats et ne peut même pas les laisser enfermés. A l’inverse, il fuit et s’inquiète pour eux. Dans ce tome, il devient pourtant une proie et constate la dangerosité de ce prédateur.

L’étrangeté de Nyaight of the Living Cat se marque également par la constante présence de l’humour. Des scènes sont totalement absurdes. Alors qu’ils risquent de se faire tuer, les survivants sortent leur portable pour immortaliser une pose d’un minou. Les dialogues du scénariste Hawkman désamorcent la crise dans Nyaight of the Living Cat. Le premier ministre est réticent à agir car il adore les minous. En effet le principal obstacle à l’éradication de la crise est la mignonitude (sic) suprême des félins. Les titres politiques sont changés comme la directrice de chat-binet.

Édité par Mangetsu, Nyaight of the Living Cat est une série de salut public. Avec plus d’humour que de gravité, Mecha-Roots et Hawkman démontrent que les chats sont une force irrésistible pouvant provoquer l’apocalypse. JustFocus vous conseille donc instamment d’opter pour un chien fidèle plutôt que d’adopter un dangereux félin.

Retrouver sur le site la chronique du premier tome ainsi que Ping Kong, une autre série déjantée.