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      La minute Yaoi #5 : Rendez-vous à Udagawachou

      Rendez-vous à Udagawachou est le deuxième manga de la prolifique et talentueuse Hideyoshico. Publié en 2016 aux éditions Boy’s Love, il nous offre à lire l’histoire d’amour naissante entre deux adolescents maladroits mais passionnés.

      L’histoire

      Keigo Momose est un lycéen solitaire. Introverti, son physique imposant et sa voix grave impressionnent ses camarades. Cette situation lui convient néanmoins très bien car Momose n’est pas du genre à s’intéresser aux affaires des autres… Jusqu’à ce qu’il croise la route d’un jeune travesti dans le quartier animé de Shibuya ! Pour lui, aucun doute, il s’agit de son camarade de classe, Tomoya Yashiro !  Mais pourquoi ce garçon populaire et brillant est-il habillé en fille ? Est-il homosexuel ? Est-ce vraiment lui ?! Assailli de questions, Momose ne peut plus détacher son regard de Yashiro… Et il est bien déterminé à découvrir la vérité !

      Le miroir des apparences

      Hideyoshico se place depuis ses débuts comme le chantre de l’originalité dans le monde du Yaoi. Ses histoires sont toujours touchantes et à contre-pied des certaines histoires plus « faciles » ou classiques qui abondent dans les catalogues spécialisés. Avec Rendez-vous à Udagawachou (Udagawachô de mattete yo en VO), elle s’impose clairement comme une figure à suivre.

      Rendez-vous à Udagawachou est une histoire d’amour entre deux lycéens, l’un aimant se travestir en femme et l’autre taciturne. Mais c’est aussi bien plus que cela. Loin d’utiliser le travestissement comme un fétiche, la mangaka nous offre un portrait extrêmement touchant de garçons écorchés vifs. Si le mystère persiste sur la raison pour laquelle Yashiro aime s’habiller avec des vêtements de femme, cette caractéristique fait partie intégrante de sa personnalité, voire de son identité. Il ne se sent pas femme, ni particulièrement attiré par les hommes, mais son être tout entier n’est au complet que lorsqu’il se pare de ses plus beaux habits féminins.

      Momose, quant à lui, subit la solitude dans laquelle il vit plutôt qu’il ne la cherche. Les relations sociales sont source de difficultés pour lui. Et ce n’est pas sur sa sœur qu’il peut compter pour les lui expliquer, leurs liens étant plus qu’orageux ! Ses propres camarades de classe ignorent beaucoup de choses de lui. A l’abri derrière ses écouteurs et ses cheveux longs, Momose semble se protéger d’un danger inconnu.

      Pourtant, le voilà irrésistiblement intrigué par Yashiro. Le choc de l’avoir surpris habillé en femme dépassé, Momose ne va cesser de se questionner, jour et nuit. Une sourde inquiétude jaillit dans son cœur : et si Yashiro était victime d’un pari ? D’un chantage ? Et si on l’obligeait à se prostituer ? A sa manière extrêmement maladroite, il se met à observer continuellement Yashiro, jusqu’à faire peur à celui-ci. Des sentiments inconnus l’assaillent, et il ne sait absolument pas comment les gérer !

      Fuis-moi, je te suis

      Une valse très émouvante débute alors entre les deux garçons. Si Yashiro craint que Momose ne dévoile son secret, il découvre également à travers son regard qu’il peut être aimé comme il est réellement. Mais durant une bonne partie de l’histoire, le jeune homme refuse d’accepter ses sentiments. La peur du regard des autres, la honte et le dégoût qui le submergent parfois, toutes ces années à se cacher ne peuvent s’effacer si facilement. D’autant plus que Momose n’est pas extrêmement rassurant dans sa façon d’être, souvent impulsive et brusque.

      Hideyoshico met parfaitement en scène les hésitations des deux héros, les moments de rupture et ceux où une complicité s’installe. Leur relation se construit pas à pas, fait parfois des retours en arrière, tandis que Yashiro et Momose apprennent lentement à se connaître et à se faire confiance. Elle démontre de façon magistrale que l’amour n’est pas une question de genre ou d’orientation sexuelle mais bien un attachement profond à une autre personne humaine que l’on accepte dans sa totalité.

      Enfin, les sublimes graphismes sont un atout majeur de cette lecture. Le trait anguleux et reconnaissable d’Hideyoshico transmet tout à la fois la fragilité des corps et la puissance des émotions des personnages. Les échanges de regard rendent inutiles tout dialogue superflu, tandis que le découpage des cases instaure une ambiance cinématographique, très près des personnages, permettant au lecteur de s’identifier facilement à eux. Les couleurs flashy de la couverture et des premières pages attirent l’œil et rendent hommage à cette œuvre puissante et résolument positive.

      En conclusion, Rendez-vous à Udagawachou est un manga qui transcende le genre Yaoi pour livrer une histoire d’amour universelle. Au-delà des apparences, c’est bien la relation entre deux êtres qui s’aiment pour ce qu’ils sont qu’Hideyoshico nous raconte. Sa justesse et sa sensibilité rendent ce manga indispensable et susceptible de rendre espoir même aux pires misanthropes ! Et s’il vous reste encore un peu de place, n’hésitez pas à jeter un œil aux précédentes minutes Yaoi !

      Autres œuvres d’Hideyoshico, aux éditions Boy’s Love : Stay Gold, Gentleman & Sadistic, Nennen Saisai.

       

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