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      Ghost and Lady : soigner les âmes et les corps ou l’histoire fantastique de Florence Nightingale

      Le Black Museum de Kazuhiro FUJITA chez Ki-oon réouvre ses portes avec Ghost and Lady, l’histoire tourmentée et flamboyante de Florence Nightingale, jeune lady anglaise dont la vocation est de s’occuper des malades, mais qui rencontre de nombreux obstacles. Ce personnage a réellement existé et est fondamentale dans l’histoire de la médecine occidentale. Mais qu’est ce qui tourmentait à ce point la jeune Florence ? Réponse dans les deux tomes de cette mini série.

       

      Ghost & Lady

       

       

      Titre original : 黒博物館スプリンガルド

      Titre traduit : Kuro Hakubutsukan – Ghost and Lady

      Dessin : FUJITA Kazuhirô

      Scénario : FUJITA Kazuhirô

      Editeur français : Ki-oon Collection – Black Museum

      Editeur japonais : Kôdansha

      Type : Seinen

      Genre : Fantastique, Suspens 

      Origine : Japon – 2015 

       

      Synopsis

      Le théâtre royal de Drury Lane est, dit-on, hanté par un homme en gris depuis plusieurs décennies. Loin d’effrayer les spectateurs, les apparitions de Grey, comme tout le monde le surnomme, sont le signe que la pièce sera un succès. Ce fantôme, qui profite tranquillement de son éternité, fait un jour la rencontre d’une jeune femme particulièrement tourmentée. La jeune lady se présente comme Florence Nightingale et lui demande de la tuer. D’abord surpris par cette requête, Gray finit par accepter. Mais son goût pour le théâtre veut en faire une tragédie et emporter la jeune Florence au moment où elle sera au fait de son désespoir.

      Leur rencontre va profondément les métamorphoser et les conduire toujours plus loin vers l’objectif de la jeune Florence.

       

      Ghost and Lady :

      une biographie romancée d’une pionnière des soins infirmiers

       

      Cette femme au destin exceptionnel a bravé les conventions de son époque, refusé le destin que sa famille lui avait tracé. Loin des actions de charité propres aux jeunes ladies de l’époque victorienne, elle va au contact des malades et des pauvres pour leur venir en aide. C’est elle qui donne ses lettres de noblesse au métier d’infirmière, jusque là occupé par des nonnes ou des femmes dites de mauvaise vie, aux compétences et à la moralité douteuse.

      Durant sa jeunesse, Florence a voyagé dans toute l’Europe et a visité de nombreux hospices et sanatoriums, elle en a tiré de très nombreux enseignements en médecine et en hygiène. Grâce à ses talents en mathématiques statistiques, elle a également mis en évidence les carences des hôpitaux d’alors, et mis en pratique ses connaissances pour améliorer l’accueil et les soins médicaux, pour améliorer les soins aux malades et diminuer le taux de mortalité. Depuis des siècles et jusqu’alors, les patients se rendaient dans les hospices pour trépasser. Ceux qui en avaient les moyens étaient soignés à domicile.

      Pourtant, malgré ses bons résultats et ses idées innovantes, elle a rencontré de très vives oppositions. Que ce soit dans le civil ou surtout dans l’armée, ses méthodes novatrices de soins aux malades soulèvent des critiques cinglantes. La Guerre de Crimée marque un tournant dans la vie de la jeune femme. Florence y est confrontée non seulement à la maladie et la mort, mais en plus aux horreurs de la guerre et à la lourdeur administrative de l’armée impériale britannique et la mauvaise foi des médecins. Le débat autour de sa personne fait alors rage dans l’opinion publique et les sphères politiques. Ce sont ses actions lors de cette période, qui l’ont fait entrer dans l’Histoire.

       

      Une femme non conventionnelle

       

      Issue d’une famille distinguée, dont les deux filles ont reçu une éducation soignée dans l’optique de faire de beaux mariages, Florence, qui affirme avoir été appelée par Dieu, refuse cette vie.
      Elle se dresse contre l’avis de sa famille, contre les conventions de son temps et contre les autorités médicales militaires. Sa vie est faite de luttes et la période de la Guerre de Crimée en est le point d’orgue, l’époque où sa foi et sa vocation sont le plus mises à l’épreuve avant qu’elle ne soit reconnue et soutenue non seulement par sa famille, mais également par l’ensemble de la population britannique.

      Ghost & Lady

       

      Une touche de surnaturel

       

      En plus de ses convictions, dans le manga, Florence est sensible aux esprits et à la part d’ombre de chacun. L’idée de l’associer à un fantôme cynique permet de confronter deux personnalités très différentes avec une touche de roman gothique très XIXe siècle. Plusieurs idées comme les spectres noirs ou la matérialisation des sentiments négatifs de chacun, sont intéressantes.

      Les graphismes sont étranges, à la fois sombres et anguleux, avec un grand sens du détail. Les yeux tout particulièrement sont d’une intensité rare. Les planches sont à la fois dynamiques, lisibles et très expressives. On retrouve l’ambiance oppressante de l’ère victorienne.
      L’édition est de belle qualité avec sa couverture à grains, façon vieux livre. On est en plein dans l’édumanga, mais c’est un vrai plaisir. Encore plus prenant que Springald, cette seconde histoire du Black Muséum mérite amplement le détour.

      Ce récit est impressionnant de vivacité et de ténacité. Nous aurions adoré retrouver la suite des aventures de Florence Nightingale, mais hélas ce n’est pas possible… Nous savourons donc les deux seuls tomes de Ghost and Lady

       

      Un récit biographique empreint de fantastique, qui parlera à tous ceux touchant de près ou de loin à la sphère médicale, mais aussi à tous les autres. A mettre entre tous les mains ! 

       

      Sandrahttp://katatsumurinoyume.com/
      Sandra est passionnée de découvertes culturelles au sens large et d'Asie plus particulièrement !

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