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      Elio le fugitif : bataille pour le trône de Castille !

      Parmi les nouveautés parues chez Glénat en avril 2021, Elio le fugitif, première œuvre de Masami Hosokawa publiée en France, s’ajoute au catalogue shônen de l’éditeur. Découvrez ici nos impressions sur le premier tome de cette saga historique !

      L’histoire

      Emprisonné à la prison de Hell Dorado depuis ses quinze ans, Elio Sanchez est un garçon désinvolte en apparence. Cependant, ses poings redoutables et sa volonté de fer lui ont permis de survivre aux nombreux combats que doivent mener les prisonniers de ce sordide établissement. Ayant vaincu mille de ses camarades, le jeune homme est libéré et se retrouve à déambuler dans l’immensité du royaume de Castille. Mais ce territoire, qui couvre la quasi-totalité de l’Espagne actuelle, n’est pas dans la meilleure des situations. Il est en effet soumis à des lois autoritaires et des conditions de vie très difficiles, tant à cause de la peste noire qui ravage l’Europe que des guerres de religion qui n’en finissent pas. Personne n’échappe à la justice aveugle que des prévôts se chargent de faire valoir dans tout le pays.

      C’est ce que comprend Elio lorsque sa route croise celle de Lara Resmondo. Cette jeune fille issue de la noblesse est sur le point d’être exécutée après avoir été accusée de meurtre. Alors, face à la détresse de cette fille de chevalier, Elio l’arrache aux mains de ses geôliers. Débute ainsi une cavale à travers les terres de Castille, qui amènera nos deux protagonistes à déterrer bien des secrets…

      Un shônen classique mais honnête

      Le premier intérêt d’Elio le fugitif est son contexte historique assez peu usité. Dès le départ, Masami Hosokawa indique avoir fait d’importantes recherches pour créer une base solide sur laquelle son récit pourra s’appuyer. On sent qu’une certaine passion l’anime quant à cette période de l’histoire européenne. Néanmoins, ce premier tome laisse assez peu de place au développement de cet arrière-plan, au profit de la rencontre entre Elio et Lara.

      Par ailleurs, Elio le fugitif ne déroge pas à la règle des shônen et offre une intrigue classique : un héros au passé trouble et à la force assez colossale, accompagné d’une jeune fille qui pour le moment fait plutôt office de side-kick. En effet, si le personnage d’Elio dévoile rapidement ses cartes, Lara, quant à elle, est dans ce premier tome assez transparente. Elle semble ainsi subir passivement son destin, sans s’inquiéter outre mesure ou se révolter. Par conséquent, on a l’impression d’un personnage assez plat, aux réactions plutôt étranges. Nous y reviendrons un peu plus loin.

      Deuxième règle des shônen que coche complètement ce premier tome : de l’action. Beaucoup d’action. Peu de temps morts sont laissés au lecteur ! Les évènements s’enchaînent, faisant écho à la course contre la montre dans laquelle se sont engagés Elio et Lara. Quelques touches d’humour un peu loufoque parsèment le récit, tandis que les principaux antagonistes font leur apparition sans ambages.

      Du potentiel, mais des progrès à faire ?

      Elio le fugitif n’a évidemment pas l’ambition de révolutionner le genre du shônen. Masami Hosokawa déroule son récit sans accroc, mais sans vraiment nous accrocher non plus. Le chara-design très classique manque de finesse dans les traits, donnant parfois une impression de fixité voire de lourdeur, notamment au niveau des expressions faciales. Il y a peu de jeu d’ombres et de lumières. Cette technique aurait pu apporter de la profondeur à des planches qui paraissent un peu vides (sans que cela soit un effet de style et serve les personnages, comme dans Dogs : Bullets & Carnage, par exemple).

      Par ailleurs, les combats sont assez répétitifs et sans vraiment de suspense. Un effet de flou tendrait à donner une impression de rapidité aux mouvements des armes et des personnages. Mais à trop l’utiliser, le mangaka amène l’effet inverse et rend ses planches un peu brouillonnes.

      De plus, Elio le fugitif ne comptant que cinq tomes, l’intrigue se déroule à vitesse grand V, posant rapidement son contexte et ses personnages. Si rapidement que nous n’avons pas réellement le moyen de nous attacher ni de nous identifier à eux. Les motivations restent floues, et les réactions de certains protagonistes nous laissent un peu dubitatifs.

      Une héroïne qui manque de mordant

      Il en va ainsi de Lara, pourtant l’un des personnages principaux. En effet, et ce dès le départ, la jeune fille semble accepter sans broncher son sort. Si Masami Hosokawa met en avant sa foi pour justifier son attitude, cette acceptation instantanée de l’injustice qu’elle subit est déstabilisante. Heureusement, Lara change rapidement d’avis, aidée par Elio !

      Enfin, l’un des rouages les plus importants de la saga est dévoilé très rapidement : Lara a des origines cachées, et non des moindres… Si cette révélation apporte une touche en plus et promet une intrigue à ressorts, elle nous semble néanmoins survenir un peu trop tôt dans le récit. Faire traîner le mystère des origines de Lara plus longtemps aurait permis de développer plus avant tant les personnages que l’intrigue. Là, toutes les cartes sont posées face découverte sur la table ! C’est un peu dommage… d’autant plus que Lara accepte encore une fois cette annonce quasiment sans sourciller ! Sa réaction est assez étonnante, voire déroutante. Pas de déni, ni de questionnements, simplement de l’acceptation.

      Cela a pourtant l’avantage de permettre à notre duo de fugitifs de passer rapidement aux choses sérieuses. Ils envisageront alors un plan d’action pour démasquer le commanditaire du meurtre dont est accusée la jeune fille. Mais celle-ci n’a pour l’instant pas les atours d’une héroïne forte et marquante… Les épreuves qu’elle traversera et la relation tissée avec Elio pourront peut-être la faire éclore !

      Malgré quelques défauts, Elio le fugitif est donc un shônen qui « fait son boulot ». C’est un manga efficace, rapide et sans fioritures, qui a pour lui la particularité de son contexte historique. Espérons néanmoins que Masami Hosokawa prendra un peu plus son temps pour poser son intrigue et développer la psychologie de ses personnages, avant le cinquième et dernier tome !

      Pour lire un extrait, c’est par ici !

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