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    Critique de Mission Yozakura Family Tome 2 : une suite encore plus déjantée

    Un lycéen, des espions, une famille déjantée, des agents doubles, des tueurs infiltrés. Voici le cocktail détonnant de Mission Yozakura Family, concocté par Hitsuji Gondaira et publié aux éditions Kana. Shonen d’action mâtiné d’espionnage et de chronique famille, le volume 1 nous avait enthousiasmé par son ton décalé, son humour total, son action débridée et la qualité de son dessin. Dans cette suite, le héros Taiyo continue de s’intégrer dans une famille d’espions gentiment loufoque, terriblement attachante et portée par un haut sens de l’honneur. Avec talent et maîtrise, le mangaka nous entraîne dans un tourbillon d’aventures déjantées et captivantes.

    Mission impossible

    Lorsque Taiyo Asano, lycéen timide et orphelin, se lie d’amitié avec Mutsumi Yozakura, il ignore qu’il vient de mettre le doigt dans un engrenage infernal. La lycéenne se trouve être la chef d’une famille d’espions. Pour la protéger, son grand frère Kyoichiro, s’est fait engager comme sous-directeur. Depuis ce poste, il traque tout ennemi tentant de s’approcher de sa chère sœur. Et Taiyo, a tout de l’agent infiltré qu’il faut à tout prix éliminer.

    Pour le jeune lycéen, une seule issue : épouser Mutsumi, devenir un membre du clan et échapper à la mort. Pour mieux basculer dans une autre réalité : celle des espions agissant dans l’ombre. Toujours sous la surveillance de Kyoichro qui attend le moindre faux pas pour l’éliminer du tableau, Taiyo se forme à son nouveau métier, découvre une famille peu commune et affronte de redoutables agents. Mais avec les premières missions viennent la célébrité, les entraînements encore plus exigeants et la difficulté de concilier sa double vie avec ses sentiments.

    Mission Yozakura Family : sous le signe de la famille

    Ce deuxième volume approfondit la découverte de cette étrange famille. Il faut dire en effet que l’auteur nous concocte une maisonnée haute en couleurs. Entre le grand-frère ultra protecteur au point d’en devenir malsain, l’autre frère expert des armes et qui passe son temps dans une poubelle, une geekette, une sœur experte en arts martiaux, une autre férue en déguisement et un dernier membre à la force surhumaine mais qui porte en permanence un seau sur la tête, Taiyo a de quoi perdre la raison. Chaque aventure est ainsi le prétexte à en apprendre plus sur leur enfance, leur peur, l’origine de leur talent. Le tout, sous le regard bienveillant de Taiyo l’orphelin trouvant un amour chaleureux qui lui a été retiré.

    Mais rien n’est simple, car cette famille, c’est aussi un lot d’épreuves permanentes. A commencer par celles inventées par le grand frère. Avec une malice frôlant la perversité, il tend à notre héros une série d’embûches hilarantes. Et avec sa fonction scolaire, il peut s’inviter dans la vie officielle du lycéen et transformer un banal cours en séances d’entraînement. Et le reste de la famille n’est pas en reste. C’est auprès de chacun d’eux en effet que notre héros doit parfaire sa formation à ses risques et périls. Entre un interrogatoire musclé, une séance de karaoké ou un marathon de jeux en ligne, les épreuves le poussent aux limites de ses capacités.

    Les espions : un monde fou, fou fou

    Ce second tome approfondit l’un des points forts du 1er opus : le monde des espions. L’auteur s’intéresse d’abord à la dimension action en construisant plusieurs missions mettant en scène leurs incroyables capacités. Déguisement, maniement des armes, hacking, toute la panoplie de l’agent secret défile. L’auteur y ajoute une dose de fantasme, une once d’exagération pour conduire son récit sur les pentes d’une joyeuse folie qui ressemble à bien des côtés à Full Metal Panics. Tout est exagéré, déformé. Mais avec un tel amour pour son sujet que le lecteur se laisse capter.

    Hitsuji Gondaira place également cette plongée dans le monde des agents secrets sous le signe de l’amour. Comment concilie-t-on cette vie secrète avec les sentiments ? Comment se passe une querelle d’amoureux ? Tombe-t-on amoureux dans ce monde dangereux ? Les espions vivent-ils des peines de coeur? Comment déclare-t-on sa flamme ? Mission Yozakura family nous offre des scènes savoureuses dignes de City Hunter. L’auteur trouve la juste tonalité pour nous faire rire du décalage sans rendre ridicules ses personnages.

    Mission Yozakura Family : un dessin de qualité au service d’un humour ravageur

    La qualité graphique de ce second volume ne se dément toujours pas. Le trait est limpide, l’action lisible, le découpage énergique. Le manga oscille entre la chronique famille, la romance lycéenne et le combat endiablé. En quelques cases, l’ambiance passe du shojo au shonen pour flirter avec le seinen. Avec une grande maestria qui permet à l’ensemble de conserver une grande cohérence artistique.

    Ce dessin sert un humour qui ne s’essouffle pas. Ce volume convoque en effet des univers très codifiés : celui du zombie, des yakuzas, du kawaï. Mais en les détournant à chaque fois pour nous faire saisir l’incongruité de la situation, les effets dévastateurs du télescopage de l’univers des espions avec celui de la réalité. D’autant plus que l’auteur entrecoupe son récit d’interludes où il brise le quatrième mur et se lâche. En découlent des mini saynètes ponctuées de dialogues dignes de Tarantino ou d’improbables notes de production. En résulte un récit au rythme très enlevé dont les pages se dévorent très rapidement.

    Avec ce second tome, Hitsuji Gondaira continue de nous surprendre. Mission Yozakura Family s’impose comme un manga de pur divertissement porté par un humour ravageur et une parfaite maîtrise de la narration. Pour ceux et celles qui avaient adoré Full Metal Panic Fumoffu, cette série est pour vous. A retrouver la série aux éditions Kana.

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