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      Critique animation : Ride your wave, de Masaaki Yuasa

      Ride your wave, dernier film de Masaaki Yuasa sorti cet été, nous entraîne dans une romance atypique au message bien plus complexe qu’il n’y paraît.

      L’histoire

      Hinako est une jeune femme insouciante qui ne vit que pour le surf. Après avoir quitté la maison familiale, elle démarre, bon gré mal gré, une nouvelle vie dans une cité balnéaire. Mais à peine installée, Hinako voit son appartement partir en fumée dans un incendie criminel ! Cet évènement se transforme pourtant en chance grâce à Minato, l’un des pompiers qui l’a sauvée. En effet, le jeune homme a remarqué la flamboyante surfeuse, et ressent un lien inexplicable avec elle. C’est le début d’une histoire d’amour tendre et passionnée… mais qui sera bientôt chamboulée par un terrible évènement.

      Ride your wave : la déferlante Masaaki Yuasa

      Actif depuis le début des années 2000, le réalisateur de Ride your wave (Kimi to nami ni noretara) a fait bien du chemin. Depuis Mindgame et Kaiba, en passant par Ping Pong the Animation et Night is short, walk on girl, sa renommée s’est amplifiée. Et l’arrivée sur la plateforme Netflix du tonitruant et torturé Devilman Crybaby ainsi que de Japan Sinks et Keep your hands off Eizouken a confirmé le talent du cinéaste nippon.

      Dans la lignée du poétique Lou et l’île aux sirènes, Ride your wave fait écho à son univers coloré, dont les traits déliés et les personnages longilignes sont très reconnaissables. Accompagné cette fois par les studios Science Saru, du scénariste Reiko Yoshida et du compositeur Michiru Oshima, Masaaki Yuasa nous entraîne dans une fresque douce-amère au parfum de sable chaud. La sélection du festival d’Annecy 2019 ainsi que celle des festivals de Shanghai (prix du meilleur film d’animation) et de Sitges (prix du meilleur film) ne s’y sont pas trompées : Ride your wave est une pépite à ne pas manquer. Mais quelles sont les raisons d’un tel succès ?

      La valse des émotions

      Difficile de parler de Ride your wave sans révéler des éléments majeurs de l’intrigue. Masaaki Yuasa mêle habilement tragédie et romance, douceur et drame. Ride your wave est un film qui prend son temps pour s’installer. Nous découvrons pendant une large partie comment la relation entre Hinako et Minato se construit, tout en rencontrant les autres personnages qui constituent les pierres angulaires du film et amèneront Hinako à surmonter la terrible épreuve qu’elle a à affronter. Ainsi,  la petite sœur de Minato, Yôko, et son kôhai de la brigade des pompiers, Wasabi, ne sont pas seulement là pour faire joli : ils deviennent indispensables au récit et à son évolution.

      En effet, chacun des personnages représente une manière de faire le deuil de Minato, après que celui-ci ait été emporté par la mer. Ainsi, Yôko use de colère puis surmonte sa tristesse en réalisant le rêve de son frère. Wasabi, lui, s’appuie sur la figure de son sempai pour devenir un valeureux pompier. Cependant, c’est pour Hinako que l’évolution sera la plus lente et difficile. Comme un reflet de la puissance de son amour pour Minato, son deuil apparaît d’abord comme impossible. D’autant plus lorsque surgit un évènement surnaturel propice à lui redonner espoir.

      Que l’on entende ce dernier élément comme une métaphore, ou qu’il soit pris comme une réalité métaphysique, Masaaki Yuasa l’utilise pour décrire le lent et douloureux cheminement de Hinako. Tout en subtilité, il place ses proches comme des témoins maladroits de sa douleur, tout en apportant une touche de fantaisie qui évite au film de sombrer dans la mélancolie.

      Ride your wave : atmosphère, atmosphère…

      Si Ride your wave a autant marqué les esprits, c’est également grâce à sa photographie acidulée. Les couleurs sont chatoyantes, et les animateurs des studios Science Saru semblent s’en donner à cœur joie. Bien évidemment, l’accent est mis sur les éléments. L’océan bien sûr, et l’eau en général, tour à tour brillants et attirants, puis sombres et fougueux après le décès de Minato. Masaaki Yuasa joue sur cette opposition, jusqu’à faire se combattre l’eau et le feu dans une séquence magistrale qui prend un tour onirique et nous éblouit pendant plusieurs minutes.

      L’accent est donc mis sur les sens, que des myriades de sons viennent titiller. A commencer par la bande originale, qui s’articule tout autour de la chanson Brand new story, par le groupe GENERATIONS from EXILE TRIBE. Ce titre fonctionne comme un cri de ralliement pour Hinako, ce à quoi elle se raccroche pour continuer de vivre. Le réalisateur fait chanter ses personnages, et à travers leur voix parfois frêle et hésitante, parfois vibrante et brillante, il les rend d’autant plus humains.

      En conclusion, Ride your wave s’affirme comme une œuvre forte et impactante à bien des égards. Une brillante réussite, qui nous offre une transition parfaite pour garder encore un peu la chaleur de l’été dans nos cœurs.

      Pour voir la bande-annonce en VOSTFR, c’est par ici !

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