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      A un doigt de la mort dans Soten No Ken

      Gonflez vos muscles pour suivre les aventures de Kenshirô. L’histoire de la Chine et du Japon, les gangs, les techniques mortelles de combat reviennent dans le tome 2 de Soten No Ken chez Mangetsu.

      Sortir de sa retraite

      Soten No Ken sur le ring

      Le premier tome de Soten No Ken a révélé que le professeur adulé par les élèves d’une école de fille était auparavant l’un des chefs d’un puissant gang à Shanghai dans les années 1930. On le surnommait le roi des enfers. Accompagnant le dernier empereur de Chine au Japon, un ancien compagnon lui apprend la mort de ses camarades du gang de la main de l’Union du Pavot Sanglant. Le gang rival de la main de l’Union du Pavot Sanglant a gagné et s’est embourgeoisé. Kenshirô prend alors la décision de revenir en Chine pour les venger. Cette quête commence par Goran, ancien lieutenant du groupe et désormais organisateur de combats clandestins. Même la religion ne pourra les sauver. Ce volume est la suite directe du précédent. Kenshirô combat sur un ring totalement délirant avec des barbelés et, à chaque coin, des cheminées brûlantes. Il faut dire que le dessin insiste sur cette irréalité : Tetsuo Hara rend épique chaque coup faisant d’un combat un moment de stress intense.

      Un récit frappant (au sens propre)

      Soten No Ken et la violence

      Dans Soten No Ken, des rivières de sang et de sueur coulent. A l’image du premier tome, on retrouve le style du scénariste Tetsuo Hara : l’outrance dans tous les domaines. La supervision du scénariste originel de la première série, Buronson, renforce cette fidélité. Les combats sont démesurés et les lieux totalement improbables. Un coup de poing fait se retourner un homme. Un homme est découpé comme un saucisson par un épéiste. Des tortures sont difficilement soutenables pour les lecteurs les plus fragiles. La sexualité est aussi débridé qu’étrange. Cette outrance devient même drôle par la bêtise des personnages. Les méchants sont tous des idiots et foncent tête baissée au lieu de préparer un plan. Sont-ils poussés par la panique ? La venue de Kenshirô réveille la violence de ces mafieux… mais aussi leurs peurs. En raison de blessures anciennes, ils sont harnachés avec des attelles délirantes. A la fois dans le passé prestigieux du gang et le présent plus sombre, Soten No Ken alterne entre ces combats et des intrigues des gangs.

      La représentation de Shanghai retranscrit bien le mélange entre l’occidentalisation des immeubles modernes et le maintien de taudis orientaux. Cependant, il ne faut pas voir Soten No Ken comme un récit historiquement juste ou une vision morale du passé. Tetsuo Hara mélange les genres avec un sabreur avec une cape et un homme (De Guise) comme sortis d’un roman de Dumas alors que l’on est dans les années 1930. Cette série met en image le délire d’un auteur utilisant le passé pour exprimer ses pulsions : la force et la virilité. Tels Gabin ou Eastwood, Kenshirô est un idéal masculin à l’ancienne : un combattant hors pair, un stratège unique, un fumeur invétéré et même un pianiste talentueux. Au début, un homme brûlé et affamé devient un combattant olympique puissant et souple en montant sur le ring… Enfin, on peut le croire. Ce masculinisme et la vision très stéréotypée des femmes pourraient à juste titre déranger certain.e.s.

      Comme dans le premier tome de Soten No Ken, le lecteur ne s’ennuie jamais. L’action du scénario et le dynamisme du dessin rendent la lecture très fluide et captivante. Les enjeux montent alors que Kenshirô poursuit sa vengeance et remonte progressivement au sommet du gang rival. Mais que vont faire les occidentaux dominant Shanghai ?

      Vous pouvez retrouver une chronique d’une autre série du même mangaka, Keiji et Manchuria opium squad se déroulant à la même période historique.

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