Prey : Quand un FPS puise ses inspirations dans le 7ème art (Test)

Prey : Quand un FPS puise ses inspirations dans le 7ème art (Test)

Initialement, Prey est un FPS sorti en 2006. Une suite avait été annoncée par Bethesda en 2011. Suite à un développement plutôt chaotique et de nombreuses rumeurs, Prey 2 avait été finalement annulé fin 2014. Toutefois, la précision avait été faite que la franchise n’était pas abandonnée. La promesse a été tenue puisqu’un reboot surgissait de nulle part à la conférence Bethesda de l’E3 2016. Cette fois-ci, c’était Arkane Studios avec Raphaël Colantonio à la tête du projet (déjà connu pour être derrière la franchise Dishonored). Le reboot de Prey s’annonçait alors comme une dystopie prenant place dans un futur hypothétique où le président Kennedy ne serait pas mort à Dallas. Outre ces inspirations assez originales, le jeu se présentait également comme un digne héritier de nombreux films comme The Thing de John Carpenter, Alien de Ridley Scott mais aussi Total Recall de Paul Verhoeven. Que des bons films donc présentés à Paris dans un événement exclusif début mai. Après tout ça, on attendait de voir avec impatience ce que ce reboot allait donner.

Un scénario réellement bien pensé

Il va être réellement compliqué de parler de l’histoire de Prey sans vous spoiler. En général, le pitch de départ ne comporte que peu de surprises et on peut en parler librement. Mais dans ce cas présent, le prologue contient déjà son lot de surprises qui peuvent réellement vous retourner le cerveau. Je vais donc essayer d’être le plus évasif possible. Vous incarnez donc Morgan Yu qui se réveille tel un lendemain de cuite sur la station spatiale Talos I. Celle-ci semble relativement mal famée puisqu’elle est infestée d’une race alien, les typhoons. Ces bestioles peuvent se révéler particulièrement traîtresses puisqu’elles possèdent des pouvoirs relativement pratiques comme celui de camoufler leur présence en prenant l’apparence d’un objet. Morgan va donc devoir trouver un moyen d’en finir avec ces choses et accessoirement essayer de survivre. Mais ce n’est pas tout. Il est également frappé d’amnésie, et devra tout faire pour découvrir ce qui s’est passé et de prendre les meilleurs choix possibles.

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Tiens, coucou JF !

De l’importance de ses choix

Prey était présenté comme une expérience qui laisse des choix au joueur. Le premier (qui pourra influer sur certains événements) c’est le sexe de votre personnage. Parce que vous noterez que Morgan peut être un prénom féminin ou masculin (en français ça s’écrit pas pareil, mais bon chipotez pas non plus). Vous aurez donc une liberté d’action assez importante puisque vous aurez la possibilité d’avancer les quêtes principales comme vous le souhaitez, de faire telle ou telle quête secondaire ou de sauver des employés de la station (ou de les laisser crever, pourquoi pas). Selon ce que vous faites, vous influerez pour obtenir une des différentes fins (et tout ce que vous faites compte, croyez-moi). Vous pourrez également faire le choix de maîtriser ou non des pouvoirs typhoon ce qui aura également une importance. Vous vous ferez déjà allumer par les tourelles qui ne feront pas la différence entre vous et les aliens, mais ces pouvoirs risqueraient de constituer une grande aide dans votre périple. En ligne droite, Prey pourra être bouclé en assez peu de temps, mais les conséquences de vos actes assurent une excellente rejouabilité, surtout le côté exploration qui a de quoi rallonger l’expérience de jeu.

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Morgan de toi

Talos I est à vous !

Si vous pensez foncer dans le tas en exterminant des hordes d’aliens qui se trouvent devant vous, c’est que vous devriez peut-être songer à jouer à Doom, titre relativement différent mais néanmoins excellent. Dans Prey, il s’agira surtout d’avancer doucement. Déjà parce que vous risquez de faire un bond sur votre chaise en vous faisant attaquer par un mimic déguisé en bonbonne à oxygène, mais surtout parce que le jeu regorge d’objets, de chemins annexes et de secrets en tous genres. Les ordinateurs vous proposeront souvent des échanges de mails qui vous éclaireront sur la situation et ce qui s’est passé avant l’infestation, mais aussi des mots de passe. Je ne saurai que trop vous conseiller de fouiller un peu partout pour trouver des cartes d’accès mais aussi des objets superflus que vous pourrez recycler. Ceux-ci, une fois passés dans un recycleur, vous donneront différents types de matériaux (minéral, exotique, ect) qui vous serviront pour crafter différents objets plutôt utiles comme des trousses de soin, ou encore des munitions (et vous n’en aurez jamais de trop, je vous l’assure !). Talos I est assez vaste, et même si la progression est assez limitée en raison des cartes d’accès et autres mots de passe dont vous aurez besoin, l’impression de linéarité sera relativement limitée en raison des divers chemins possibles, de l’exploration extrêmement utile et immersive, tout cela renforcé par un bon level design. 

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Non ce n’est pas un jeu de construction pour bébé

Une technique efficace mais sans plus

Prey n’est pas moche (faut pas déconner non plus) mais on aurait aimé un peu plus de finesse dans ses textures un peu vieillissantes. On a un peu l’impression d’être devant Dishonored, sauf qu’on ressent un peu plus la motivation de l’économie plutôt qu’un réel choix artistique. D’autant plus que les environnements essentiellement basés sur de l’intérieur ne présentent pas une grande complexité. Par contre, le voyage de Morgan en hélicoptère dans le prologue montre clairement les limites du moteur de jeu. Le pire, c’est que malgré ça, les chargements sont plutôt longs. Un peu dommage, mais au moins il est relativement bien optimisé sur PC (heureusement). 

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Les textures « piquouillent » un peu on va dire !

Prey n’est peut-être pas le titre rêvé si vous vouliez dézinguer de l’alien à foison. Cela dit, il réussit parfaitement son pari pour ce qui est de poser une dystopie oppressante. Il étoffe très bien son contexte en vous faisant fouiller un peu partout. De nombreuses informations se cachent dans Talos I, et vos choix influeront véritablement sur le dénouement qui paraît assez surprenant. Le jeu réussit d’ailleurs quelques fois des retournements de situation forts bien pensés au détour de vos nombreuses explorations dans Talos I. L’ambiance est un des points forts du titre et le tout, relativement cohérent, risque bien de vous donner envie de retenter l’expérience en prenant des choix complètement différents. Pari réussi pour Arkane Studios et Bethesda qui signent ici un excellent reboot, et un excellent jeu qui parvient à se créer son identité propre malgré ses illustres inspirations clairement revendiquées.  

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Ce bon vieux Clive, toujours le mot pour rire !

 

Prey : Quand un FPS puise ses inspirations dans le 7ème art (Test)

Graphismes

Scénario

Originalité

Jouabilité

Bande son

Durée de vie

Summary:
Si on analyse le tout, rien n'est révolutionnaire dans Prey. Cela dit, les retournements de situations sont bien exploités et les différents mécanismes de gameplay servent très bien l'aspect exploration, aspect très prononcé. Les multiples choix ainsi que les fins nombreuses assurent également une très bonne rejouabilité au titre.

72%

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