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      Mariana van Zeller: Face au crime saison deux

      Mariana van Zeller est un peu une superstar du journalisme. Face au crime, son émission, en est à sa deuxième saison sur National Geographic. Elle s’intéresse au marché noir, sous toute ses formes. Au cours d’une rencontre en direct de Los Angeles nous avons pu lui poser certaines questions.

      Just Focus : Vous animez une émission sur National Geographic, Face au crime, qui suit différents trafics illégaux dans le monde. Pourquoi avoir choisi ce sujet d’étude ?

      Mariana van Zeller : La plupart des gens ne se rendent pas compte de l’importance économique du marché noir. En réalité, près de la moitié de la population en active vit avec ou de ces marchés sous-terrains. Ces marchés ont une grande importance et pourtant on les connaît si peu. En tant que journaliste, je crois que mon but est de chercher cette information, de la transmettre au public. On a tellement peu d’informations sur ces sujets je crois, c’est l’aspect principal de l’émission.

      JF : Quand vous parlez du rôle du journaliste,  pensez-vous qu’il s’agit avant tout de donner l’information au public ou de lui donner une explication de celle-ci ?

      MVZ : Je pense que c’est les deux, donner l’information certes mais aussi faire en sorte qu’il s’y intéresse. Trouver l’information dans des endroits peu communs, là où elle ne veut pas être trouvée. C’est le sujet de Face au crime. Faire en sorte que le public s’attache aux gens que l’on rencontre. Vu qu’il y a des rencontres, on ne fait pas que raconter des histoires, on les vit dans Face au crime.

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      JF : Quand on se renseigne sur votre travail on tombe toujours sur les mêmes mots : compassion, empathie…  pensez vous que c’est un bon résumé de votre travail ?

      MVZ : C’est quelque chose de vraiment important pour moi. Quand on travaille sur des sujets aussi spéciaux que le trafic de drogue, le traffic d’armes. Je veux dire et je dis toujours au gens que je ne suis pas là pour les juger mais pour comprendre. Si les gens continuent de nous parler c’est grâce à ça. C’est parce qu’au final on reste le plus humain possible dans notre travail. Quand on voit des gens comme ça c’est important de se sentir connecté. Grace à la place qu’on leur donne, non pas en tant que criminel mais qu’humain sur lequel on peut dans l’émission, apporter un nouveau regard.

      JF Commet trouvez-vous vos sujets et surtout les personnes que vous interrogez ?

      MVZ : C’est particulièrement difficile. Pour chaque « oui », on a une douzaine de « non ». On se repose beaucoup sur les journalistes locaux. On les appelle des « Fixers »,  ils partagent avec nous leurs sources. C’est eux qui prennent le plus de risques, nous, à la fin ont rentre à la maison, eux non. Nous, de notre côté, on doit leur rendre justice, ne pas dénigrer ni raconter des choses fausses sur eux et sur leurs sources. Pour nous, certes, mais aussi pour eux, leur sécurité.

      JF : N’avez-vous jamais peur des gens que vous rencontrez ou de certaines situations ?

      MVZ : Parfois, j’ai souvent une dualité entre la peur et la curiosité. La curiosité l’emporte souvent (rire). J’ai étudié les marchés noirs depuis longtemps et la sécurité est sûrement la première chose qui entre en compte. On a beaucoup de travail en amont pour être sûr que cela se passe bien. Disons que l’on ne va pas sur place s’il y a le moindre soupçon de danger pour nous avant le tournage, si les conditions ne sont pas remplies.

      JF : avez-vous de nouveaux projets après celui-ci ?

      MVZ : Pour l’instant, je me concentre sur les saisons suivantes de Face au crime. J’espère pouvoir en faire plusieurs. Il y a encore plein de sujets à faire.

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      JF : Pensez-vous arriver à trouver de nouvelles manières de traiter des sujets ?

      MVZ : Dans la saison 2, j’ai cette impression que l’on est allé plus loin, mais surtout qu’on a mieux traité les sujets dans leur ensemble, non pas comme un sujet unique mais aussi comme un sujet dans leur globalité. Quand on traite de certains sujets comme le suprémacisme blanc, on a pu s’éloigner de cette idée de trafic matériel. Au lieu de vendre de la drogue ou des armes,  ils vendent des idées.

      JF : Une dernière question sur le suprémacisme blanc, pensez-vous que c’est une des plus grandes menaces aujourd’hui pour la démocratie américain,  comme le FBI l’a dit dans un de ses rapports ?

      MVZ : Aux Etats-Unis oui, mais pas seulement. Ce sont des groupes très bien organisés. Ils apprennent vite et utilisent des réseaux pour convaincre de nouveaux membres. Ils ont la possibilité de s’entraider et de s’entraîner. On a filmé cela en Ukraine et c’est fascinant, que ce soit leurs méthodes ou leurs combats. Ce sont des groupes problématiques, ils sont capables d’attaquer rapidement, comme on l’a déjà vu. Mais surtout ils ne sont pas cantonnés qu’à l’ère américaine. On voit cette montée de groupes extrémistes un peu partout en occident, c’est là le danger.

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