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    La victoire des alliés, ça se fête en livres et en BD !

    En honneur des 75 ans de la victoire des alliés en Europe, la rédaction propose une liste (non exhaustive) de romans et de BD/ romans graphiques portant sur la deuxième guerre mondiale.

    Romans :

    Ken Follet propose aux lecteurs trois immenses pavés retraçant les heures sombres du 20ème siècle à travers les yeux des divers personnages allemands, anglais, russes et américains. Venez découvrir la grande guerre, la seconde guerre mondiale et la guerre froide à travers les yeux de ces personnages attachants et leurs descendants. Intrigue, amour, haine, toutes les émotions sont au rendez-vous.

    Critique :

    Ce projet ambitieux est un régal pour les fans de l’histoire. Ces trois pavés montrent les conditions sociales, politiques et économiques des pays qui nous ont amené aux pires conflits de l’histoire d’Europe. Ken Follet rend vivant l’histoire à travers ses personnages. Le style des livres est le format « histoire de famille » — les lecteurs découvrent le 20ème siècle à travers les yeux de certains personnages et leurs descendants. Chaque livre s’axe sur la prochaine génération. Le seul « bémol » est que parfois le lecteur peut être confus sur l’identité des personnages. Il y en a tellement que parfois on se mélange les pinceaux sur qui est le descendant de qui. Mais heureusement, l’auteur a tout prévu y compris un arbre généalogique pour aider les lecteurs.  La rédaction estime que cette série est un « must » pour les amateurs d’histoire.

     

    1989. Justine, récemment veuve rend visite à sa cousine Marie en Allemagne. Le Mur de Berlin tombe et l’Allemagne s’ouvre de nouveau. Avec elle, les souvenirs de jeunesse de Justine se réaniment. 1944. Justine tombe amoureuse de Franck, un jeune soldat allemand. Ce dernier fait partie des forces vaincues. Leur amour est passionné, plein de fougue de la jeunesse mais interdit. Pendant le temps de son emprisonnement en Bretagne, les deux vont apprendre à se connaitre et s’aimer. Mais tout a une fin. Comment Justine va faire pour éviter l’infamie de la tonte ? Comment leur amour va-t-il perdurer une fois Franck rendu à l’Allemagne ?

    Critique :

    C’est un petit roman qui se lit d’une traite. C’est un agréable passe-temps. Bien sûr, la passion et l’amour de jeunesse sont aux premières loges donc, amateurs de romans sentimentaux, vous allez être servis. C’est vraiment une histoire d’amour avec le contexte de la guerre. Le style de jongler avec les époques est intéressant car nous apprenons par épisodes le déroulement de l’histoire de Justine et de Franck. Marie est un personnage secondaire fort sympathique et qui représente la voix de la raison, même dans l’âge. On pourrait reprocher aux personnages principaux, Justine et Franck une naïveté qui pourrais sembler étrange dans un contexte de guerre. Tous deux sont adultes, l’une victime de guerre, l’autre soldat, ils ne devraient donc pas être aussi idéalistes qu’ils le sont dans le livre. Mais ça peut plaire : cela montre l’innocence de la jeunesse après tout.

     

    1920 : Paulus et Otto Stengel sont jumeaux. Ils sont Allemands. Ils sont juifs. Tous deux vont grandir à Berlin durant la république de Weimar. Ils assisteront à la montée du nazisme et de l’écroulement de leur monde. Dans un roman d’amitié, de famille, de survie, de mensonges et de trahison, les deux frères vont devoir se battre pour survivre à la haine des nazis et la guerre de 1939.

    Critique :

    Inspiré par l’histoire de ses oncles, Ben Elton livre un roman imprégné d’émotion et très personnel. On découvre une famille moderne et sympathique en la famille des Stengel, une amie loyale en Silke, leur copine d’enfance et une fille à la personnalité et aux motivations complexes en Dagmar. C’est une lecture addictive qui est présentée au public. Le style est facile à lire et rend attachants les personnages qui fait que les lecteurs veuillent suivre leurs parcours jusqu’au bout. La montée du nazisme et la guerre vont faire ressortir le meilleur mais aussi le pire de tous. Le lecteur ne voudra par en perdre une seule miette.

     

    Ile de Jeju, Corée 1943 : Hana est haenyeo, femme plongeuse en mer. Malgré la liberté que lui apporte la mer, elle ne connait que l’occupation japonaise. Un jour, pour sauver sa petite sœur, Hana la cache et se montre à un soldat japonais. En prenant sa place, Hana va devenir une « femme de réconfort ». Ôtée de toute humanité, violée et humiliée dans les camps tenus par les japonais en Mandchourie. Plus de soixante ans plus tard, Emi, sa sœur, doit faire face à son passé remplit de questions et de fantômes.

    Critique :

    C’est un roman émouvant qui détaille le calvaire vécu par des milliers de femmes coréennes durant la seconde guerre mondiale. A travers les yeux de Hana, l’auteure dévoile le traitement horrifique des « femmes de réconfort » kidnappées et mis en prostitution pour les soldats japonais. A travers les yeux d’Emi, nous découvrons les conséquences de l’occupation japonaise, l’arrivée du communisme en Corée et la séparation du pays. Bien que cette histoire soit une fiction, elle reflète la réalité de ces milliers de femmes. L’auteure manie sa plume avec beaucoup d’émotion, qui s’imprègne sur les lecteurs. À la fin du livre, l’auteure donne aux lecteurs des liens, des lectures historiques et un dossier pour arracher le voile sur un sujet toujours assez tabou.

     

    Rencontrez Bruno, petit garçon allemand qui est le fils d’un officier nazi. Un jour, sa famille déménage dans une maison lugubre hors de Berlin. En explorant les environs, Bruno rencontre un autre petit garçon derrière une barrière de barbelés vêtu d’un pyjama rayé…

    Critique :

    Ce petit roman frappe en plein cœur le lecteur. John Boyne a réussi à mettre en mots l’incompréhension, la confusion et la cruauté des hommes concernant une des pages les plus sombres de l’histoire. Malgré le fait que le protagoniste soit un enfant, CE LIVRE N’EST PAS QUE POUR LES PLUS JEUNES ! Ce livre traite le thème de l’holocauste donc que le lecteur soit adulte ou adolescent tous se retrouveront émus par l’histoire. En revanche, on conseille ce livre pour ceux qui ont déjà un peu étudié le sujet des camps de concentration et l’holocauste, pour comprendre certaines références. Mais ce n’est pas une obligation pour pouvoir apprécier ce livre à sa juste valeur.

     

    BD/ Romans Graphiques :

    Louis Fischer est Alsacien à la fac. La France a perdu la guerre et l’Alsace retombe entre les mains de l’Allemagne. Au fur et à mesure que la guerre progresse, il se retrouve enrôlé de force dans la Waffen SS. Découvrez les mésaventures de ce jeune alsacien qui tente de survivre pour revenir vivant vers les siens.

    Critique :

    Malgré Nous illumine une section de l’histoire de France peu explorée. Il y a toujours eu débat sur la nationalité de l’Alsace entre la France et l’Allemagne. Au fil du 20ème siècle ce territoire a souvent changé de mains. Française en 1914, allemande en 1939 puis de nouveau française en 1945. Pendant la guerre, suite à la capitulation française, les Alsaciens se retrouvent enrôlés dans les forces allemandes et doivent prendre la nationalité allemande. Ces albums font un excellent travail de mise en scène de l’équilibre compliqué entre les Alsaciens et les Allemands. Ils démontrent la complexité du problème auquel ont fait face les Alsaciens malgré eux. Joliment dessinés avec un vif détail sur les expressions faciales des personnages, ces albums sont instructifs et divertissants.

     

    Walter et Natalia sont totalement opposés. Il est Américain pacifique et elle est Russe révolutionnaire. Ils n’auraient jamais dû se rencontrer ni même s’aimer mais le destin en a décidé autrement. À travers leur amour pour l’art, le lecteur va suivre leur relation à travers les débuts de la révolution russe jusqu’à la chasse aux œuvres d’art dérobées par les nazis en 1945.

    Critique :

    Romantiques et artistiques, ces albums ont tout pour plaire. Ils explorent le changement des sociétés allemande et russe depuis l’angle de l’évolution artistique. Les lecteurs reconnaîtront des lieux historiques tels que le Bauhaus en Allemagne aussi la chasse aux trésors des « Monuments Men ». C’est une lecture divertissante et agréable qui s’offrent aux lecteurs ainsi que de belles références artistiques pour les amateurs d’art.

     

    La France ne doit pas ses hommages et remerciements uniquement aux résistants français. Elle a eu aussi des résistants guinéens, sénégalais, algériens, marocains, indochinois, espagnols etc. Hommes, femmes, juifs, chrétiens, musulmans, athés ou communistes pour n’en citer d’autres. Constatez dans cette BD « dossier », des épisodes distincts durant la guerre qui racontent l’histoire de ces braves personnes qui se sont battues et sacrifiées pour la liberté de la France.

    Critique :

    Cette BD est un excellent outil d’éducation pour montrer le chapitre « oublié » de l’histoire française. La France doit beaucoup aux forces « coloniales » militaires et aux résistants issus des anciennes colonies françaises. Bien que ce soit une BD, cet album se focalise plus sur le détail des textes, sur l’information transmise à travers les témoignages des figures qui ont réellement existées. Contrairement aux autres textes de cette liste, cet album raconte les histoires de personnes réelles. La France inculque le « devoir de mémoire » à son peuple. Cet album tente d’illuminer le rôle non négligeable de ces hommes et révèle ce manquement à l’histoire de France pendant la deuxième guerre mondiale.

     

    1944 Thiaroye, Sénégal : L’armée française ouvre le feu et massacre des centaines de tirailleurs sénégalais, anciens prisonniers de guerre. Par la suite, l’Armée et l’État Français mentent sur les conditions de ces meurtres. Maquillés comme des mutins et que les actions étaient de la légitime défense, les documents officiels sont tronqués et les témoignages effacés ou falsifiés. Armelle Mabon, historienne, va œuvrer pendant une vingtaine d’années pour rétablir la vérité sur les événements tragiques. Elle va ainsi découvrir l’étendue du déni français.

    Critique :

    C’est un album qui révèle un épisode honteux de l’histoire militaire française. Accompagné d’un dossier informatif, cet album montre à quel point l’état français a menti et falsifié les documents officiels pour éviter d’entacher l’honneur de l’armée. C’est un album émouvant focalisé sur la recherche et la vérité historique. Le lecteur va se retrouver révolté par le mensonge d’état. Les dessins sont jolis avec un détail sur les expressions. Il est aussi très soutenu par les textes entre les personnages. Cette BD montre aussi à quel point il est difficile de soutirer la vérité quand elle est cachée et tronquée par les autorités nationales. Cet album rend hommage aux combattants « indigènes » qui se sont battus POUR la France et tués PAR la France…

     

    Nous sommes à Paris en 1942. La France a perdu la guerre et doit s’adapter à l’occupation allemande. Rose vit seule avec son fils, tandis que son mari est prisonnier de guerre. Un jour, l’officier allemand Mark Dinkelbauer, du service des renseignements, ayant reçu une lettre dénonçant Sarah Ansburg comme étant juive, se rend à l’immeuble où réside Rose. Celle-ci, voulant aider son amie Sarah, intervient et le rencontre à sa place. Tout à coup, les deux cœurs chavirent dans un amour aussi passionné qu’interdit.

    Critique :

    Déjà faite dans un autre article ; explorez plusieurs histoires entremêlées des habitants de l’immeuble parisien. La guerre fait ressortir le meilleur et le pire de l’humanité. Elle démontre que les choix faits ne sont pas aussi tranchés que l’on ne le pense. C’est un roman graphique joliment illustré et habilement raconté, qui régalera les fleurs bleues du public.

     

    Clemence Waller
    Journaliste passionnée de livres, de voyages et d'écriture.

    2 Commentaires

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