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      Exposition au Petit Palais : Londres, terre d’exil des artistes

      Du 21 juin jusqu’au 14 octobre, le Petit Palais met à l’honneur une page méconnue de l’histoire artistique du XIXème siècle : l’exil à Londres de nombreux peintres français fuyant l’invasion prussienne de 1870 et l’insurrection de la Commune de Paris en 1871.

      Les événements de 1870

      Lorsque Napoléon III déclare la guerre au Royaume de Prusse en 1870, les Français sont loin de se douter des calamités qui s’abattront peu de temps après. 

      La défaite de Sedan puis la capitulation de Napoléon III provoquent la chute du régime impérial. L’avènement de la IIIème République, alors qu’une partie du Parlement demeure royaliste, accentue le chaos qui règne en France. Dans l’incapacité de défendre Paris face à l’avancée des Prussiens, le gouvernement de défense nationale dont fait partie Léon Gambetta s’exile laissant les Parisiens livrés à eux-mêmes.

      Le 19 septembre 1870, l’armée prussienne arrive aux portes de Paris, l’état de siège est alors proclamé. Lorsque l’armistice est signée, Paris n’est plus que l’ombre d’elle-même. Face aux pénuries et aux désolations causées par les bombardements, les Parisiens, essentiellement parmi les classes populaires, se soulèvent contre le gouvernement de Thiers. L’insurrection du 18 mars 1871 à Montmartre marque le début de la Commune de Paris prenant la forme d’un mouvement politique et social fondé sur l’autogestion et l’absence d’un pouvoir centralisé.

      La barricade du boulevard Puebla lors de l’insurrection de la Commune de Paris, photo anonyme, 1871

      Dans ce contexte tourmenté, de nombreux artistes dont certains seront appelés plus tard impressionnistes, quittent Paris pour se réfugier au Royaume-Uni devenu terre d’asile. Camille Pissarro puis Claude Monet se réfugient à Londres à l’automne 1870 où ils retrouvent Charles Daubigny. Ils seront ensuite rejoints par Jean-Baptiste Carpeaux, célèbre sculpteur de la cour impériale qui s’exile à Londres pour trouver une nouvelle clientèle.

      Un hommage aux artistes de l’exil

      L’exposition « Les impressionnistes à Londres, Artistes français en exil 1870-1904 » fut conçue à l’origine par la Tate Britain de Londres puis exportée à Paris au Petit Palais depuis ce 21 juin.

      Contrairement à ce qu’indique son intitulé, l’exposition ne se limite pas au seul courant impressionniste qui n’émergea d’ailleurs qu’en 1874. Attirés par le dynamisme économique, une clientèle aristocratique et la stabilité d’un pays alors au summum de sa puissance, les artistes français de tout horizon affluent dans l’espoir de trouver une vie meilleure.

      Certains ont déjà acquis une bonne réputation en France comme Carpeaux ou Daubigny, d’autres sont déjà établis et reconnus à Londres comme le peintre Alphonse Legros. Les premières années pour les futurs impressionnistes sont cependant plus difficiles. Malgré le soutien et la générosité de Legros et du marchand Durand-Ruel, Pissarro ou Sisley ne parviennent pas à séduire le public anglais. Quant à Monet, il ne peint quasiment rien lors de sa première année d’exil. Pourtant cette parenthèse sur les bords de la Tamise fut particulièrement féconde pour les échanges artistiques. Ces artistes apportèrent avec eux une modernité dont s’inspirèrent d’autres artistes britanniques alors même que l’expérience londonienne exerça une influence nouvelle sur l’art français. 

      Au-delà des chefs d’œuvres impressionnistes de Monet, Pissarro ou Sisley l’exposition a le mérite de nous faire (re)découvrir des artistes tombés dans l’oubli comme le peintre Alphonse Legros ou le sculpteur Jules Dalou. Au total, ce sont plus de 140 œuvres, peintures, sculptures et gravures qui sont réunies au Petit Palais.

      La scénographie de l’exposition du Petit Palais 

      L’exposition commence avec une première salle dédiée à l’histoire mouvementée de Paris lors de la guerre de 1870, le siège de Paris puis l’insurrection de la Commune. Le visiteur pourra ici contempler l’oeuvre cauchemardesque de Corot « Le rêve : Paris incendié, 1870 ».

      Camille Corot, Le rêve: Paris incendié, 1870, h/t 30.5 x 54,5, Musée Carnavalet

      La visite se poursuit avec un espace immersif consacré au dépaysement et au voyage. La scénographie s’appuie notamment sur une installation audiovisuelle plongeant le visiteur dans le Londres des années 1870 tel que le vécurent les exilés à cette époque.

      Comme point d’orgue, l’exposition s’achève avec les impressionnistes où triomphent les œuvres de Monet dépeignant le Parlement dans le brouillard ou celles de Pissaro avec une peinture bucolique de Kew Green. Cette aventure sur les bords de la Tamise s’achève en 1904 avec Derain qui vient peindre un Londres aux couleurs du fauvisme.

       

       

       

       

       

       

       

       

      Camille Pissarro, Kew Green, 1892, h/t, 46 x 55cm, Paris Musée d’Orsay

       

       

       

       

       

       

                                                                                                                               André Derain, Charing Cross Bridge, Londres, 1906, h/t, 80,3 x 100,3 cm, Washington National gallery of Art

       

      « A qui donc sinon aux impressionnistes, devons-nous ces admirables brouillards fauves qui se glissent dans nos rues ? […] Le climat de Londres est entièrement dû à cette école d’art. »

       

      Oscar Wilde

       

      Les Impressionnistes à Londres – Artistes en exil, 1870-1904

      • Horaires

        Tous les jours et fêtes sauf lundi, de 10h à 18h, et pour vendredi de 10h à 21h.

      • Lieu

        Petit Palais 

        avenue Winston-Churchill
        75008 Paris 
      • Dates

        Du jeudi 21 juin 2018 au dimanche 14 octobre 2018

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