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      Et In Libertalia Ego par Mathieu Briand

      Et In Libertalia Ego est un projet de Mathieu Briand, présenté à La maison rouge jusqu’au 10 mai 2015. Depuis 2008, l’artiste mène à bien un travail sur une petite île au Nord-Ouest de Madagascar, invitant des confrères à collaborer avec lui.

       Depuis quelques années donc, Mathieu Briand a entrepris un projet artistique impliquant la création sur une île isolée, comptant pour seuls habitants une famille d’une dizaine de personnes. Invitant des amis artistes à participer, il travaille sur l’île en créant des oeuvres qui s’inscrivent en elle. Mathieu Briand la pense sous l’angle de la tradition de piraterie: Libertalia étant le nom d’une colonie libertaire, réelle ou fictive, fondée par des pirates au XVIIe siècle.

      Mais comment une exposition peut-elle rendre compte de la manière de procéder de l’artiste? Car, finalement, celle-ci se place presque à l’encontre du système de fonctionnement de l’art actuel: les oeuvres font souvent partie de l’île et sont éphémères. Nous ne nous trouvons plus dans le cas d’une oeuvre exposable mais bel et bien dans une expérience, un vécu.

      et in libertalia ego

      L’exposition nous montre en premier lieu des cartes, représentations de l’île. Puis, petit à petit, nous découvrons cette île. D’abord une salle présentant des toiles, une pyrogue à la voile peinte, un arbre. Nous descendons ensuite à l’entresol, des vidéos, des photos, des oeuvres et des accessoires y sont exposés. Finalement, nous arrivons dans une petite salle où trois films sont projetés, sur trois murs, musique de fond et sons de vagues. Un passage de l’espace de l’île, au sens strict, à la contemplation plus personnelle par des vidéos filmées caméra en main.

      Et puis, on est séduits. Parce que le projet de Mathieu Briand n’est pas simplement la réalisation du rêve d’un homme qui se prend pour Robinson Crusoé. Nous sommes transportés car c’est une expérience qui pose de vraies questions sur l’art, et des interrogations qui nous touchent. Au fond, elles ramènent l’art à son côté le plus humain. On nous rappelle ici que l’oeuvre n’est pas cet objet à vénérer, l’intouchable qui se trouve dans le lieu clos qu’est le musée. Ici l’art est collectif, éphémère, intime et surtout vivant. Cette petite utopie nous montre qu’il est aussi important de vivre l’art que de le laisser vivre, quite à ce que les oeuvres disparaissent.

      Une expérience saisissante à découvrir jusqu’au 10 mai.

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