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      Une sirène à Paris : un mélodrame qui peine à convaincre

      Adaptation du roman éponyme de Mathias Malzieu, Une sirène à Paris replonge le spectateur dans un Paris fantasmé au style rétro, le faisant voyager dans le temps et dans l’espace par son récit tacheté de fantastique. Avec Nicolas Duvauchelle dans le rôle du crooner au cœur brisé, et Marilyn Lima (révélée par la série Skam France) dans celui de la sirène, le film partait du bon pied. Pour autant, malgré le cadre onirique qu’il parvient à recréer et des décors parfaitement reconstitués, la magie n’opère pas.

      Une sirène à Paris : un début envoutant et intrigant

      A Paris, Gaspard est crooner au Flowerburger, le cabaret familial à l’ambiance des années folles. Un soir, alors qu’il s’apprête à rentrer chez lui, il trouve une sirène échouée sur les bords de Seine. Il décide alors de l’amener à l’hôpital, mais comprenant qu’ils ne peuvent rien pour elle, Gaspard la ramène chez lui. Il l’installe dans sa baignoire, la soigne et apprend à connaître cette singulière créature, prénommée Lula. Cette dernière le somme alors de la remettre à l’eau avant le lever du soleil : en effet, les hommes qui la croisent tombent follement amoureux d’elle, si bien qu’ils finissent par en mourir. Seulement Gaspard sortant d’une rupture amoureuse douloureuse, s’est promis de ne jamais retomber amoureux et se pense insensible à son charme. Une nuit, deux nuits, trois nuits passent et Lula n’est toujours pas remise à l’eau : une relation assez particulière, semblable aux prémisses d’une romance s’entame alors.

      C’est un début de film assez prometteur : Lula au regard envoutant et au passé mystérieux parvient à capter notre attention. C’est une sirène distante, peu loquace qui parvient progressivement à s’ouvrir, à découvrir la vie parisienne, et à éprouver une diversité de sentiments qui auparavant lui semblaient inaccessibles. Gaspard quant à lui apparait dès le départ obnubilé par Lula bien qu’il n’en n’ait pas conscience. Il se montre très attentionné à son égard, met tout en œuvre pour la protéger de l’extérieur, laissant peu à peu grandir en lui ses sentiments. Il est régulièrement aidé par sa voisine Rossy incarnée par la pétillante Rossy de Palma qui apparait en décalage avec ces deux personnages pour mieux pimenter le scénario.

      Un rythme qui s’effrite, des questions qui restent en suspens

      D’où vient-elle ? Pourquoi a-t-elle échoué à Paris ? Pourquoi son chant, ensorcelant tous les hommes ne fait initialement aucun effet à Gaspard alors que ce dernier tombe progressivement amoureux ? Des questions trop peu abordées, insuffisamment creusées et qui auraient pourtant permis au spectateur de s’y retrouver dans cette mise en scène de plus en plus farfelue. Lula nous intrigue au début du film, évolue, mais ne parvient à nous émouvoir. Les dialogues sans profondeur, teintés de niaiserie établissent le portrait d’une sirène potiche, attendant passivement dans sa baignoire que Gaspard se démène pour elle, ou que Rossy lui vienne en aide.

      Les rebondissements finissent par être prévisibles malgré la poésie qui entoure les personnages et leurs actions. Progressivement s’installe un semblant de routine qui contraste avec le dynamisme et l’impromptu des premières scènes. Seule Rossy de Palma, fidèle à elle-même, parvient tout au long du film à nous enchanter en apportant cette touche de fantaisie et de légèreté qu’on aurait aimé retrouver chez les deux personnages principaux. Par son extravagance elle nous amuse et nous surprend permettant de redonner vie à cette histoire aux allures fantastiques qui nous laisse perplexe.

      Une sirène à Paris avait tous les ingrédients pour nous convaincre : un riche casting, d’excellents décors, une histoire singulière dans une ambiance fantastique et rétro. Pour autant la distribution des rôles est décevante, en particulier celui de la sirène qui incarne un personnage féminin passif attendant l’action salvatrice de son prince charmant. La fin du film semble bâclée, on s’ennuie progressivement devant une romance à laquelle on accroche de moins en moins. Si pour Gaspard « l’amour c’est comme de la joie, ça pique, ça pique très fort », il n’a en tous cas pas réussi à nous piquer en plein cœur.

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