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      Parents d’élèves : une délicieuse comédie, drôle et enjouée

      C’est en s’inspirant de ses expériences personnelles de parent d’élève que la réalisatrice Noémie Saglio a eu l’idée de ce film, portrait en miroir des parents d’aujourd’hui.

      Elle nous fait rentrer dans cet univers singulier où « tous ces fous sont en même temps très généreux et très tendres » ; chaque parent pourrait presque (parfois honteusement) s’y reconnaître, et c’est affreusement drôle. En parallèle, l’ambiance légère permet à la romance entre l’institutrice (Camélia Jordana) et Vincent (Vincent Dedienne) de se profiler avec maladresse et tendresse. Au-delà de son potentiel comique, le scénario nous invite à une réflexion sur la société et les débats actuels qui la traversent, c’est une vraie réussite.

      Des parents d’élèves à l’image des familles d’aujourd’hui

      Dans une école du 12e arrondissement de Paris c’est la rentrée des classes, avec sa traditionnelle réunion parents-professeurs de début d’année. Tout le monde est présent, sauf la maman de Bart qui ne peut s’y rendre. Elle charge alors Vincent, le nouveau babysitteur de son fils, d’y aller à sa place. Réticent à cette idée, il finit par accepter, mais le jeune garçon le désigne rapidement comme son père devant ses camarades et son institutrice. Vincent se montre au début mal à l’aise avec cette position. Cependant, comprenant que cette dernière lui donne l’opportunité de revoir Nora Portel (l’institutrice), il va alors pleinement s’investir dans ce rôle. De là, il intègre l’association des parents d’élèves, encadre les sorties scolaires, et finit par suivre la scolarité de Bart, apparaissant malgré lui et aux yeux de tous comme le véritable père de ce dernier.

      Mais il n’est pas le seul personnage à ne pas représenter le parent « traditionnel », généralement mis en scène au cinéma. En effet, des familles monoparentales et homoparentales sont présentes, ainsi que des pères très investis, inquiets, des mères tête en l’air, protectrices… Noémie Saglio effectue ici une représentation conforme aux familles d’aujourd’hui dans leur diversité. Un brin caricaturale mais suffisamment juste pour ne pas tomber dans le cliché. Elle affirme à ce sujet « ce qu’on montre aussi ce sont que les liens entre les gens peuvent vraiment dépasser le côté le papa, la maman et l’enfant ».

      Un duo Vincent Dedienne / Camélia Jordana qui fonctionne à merveille

      Vincent Dedienne incarne ici un babysitteur proche de la trentaine mais qui ne semble pas tout à fait être sorti de l’adolescence… Il fuit les responsabilités, prend chaque situation avec légèreté, fait preuve d’immaturité ce qui crée un décalage comique avec les autres parents. Ce rôle de parent improvisé va cependant le faire grandir, amenant une belle évolution de ce personnage auquel on s’attache très rapidement.

      Nora Portel quant à elle est une femme mûre, organisée, bienveillante et qui sait s’imposer lorsque cela est nécessaire. Camélia Jordana affirme à ce titre qu’elle a particulièrement aimé ce rôle dans la mesure où « Nora n’est pas un personnage qui n’a nulle autre fonction que celui de maîtresse. C’est une femme qui est présentée sous différents angles, et j’aimais que ce soit une telle femme que j’incarne, et dont le métier est presque secondaire ». Ces deux caractères qui paraissent à première vue aux antipodes l’un de l’autre vont progressivement se révéler complémentaires, créant à l’écran une belle alchimie.

      Quand le théâtre s’invite à l’écran

      Les parents d’élèves ont dans ce film une allure de troupe : et pour cause, nombre d’entre eux sont issus du théâtre à l’image d’Emmanuelle Bougerol (Molière de la révélation féminine 2005), d’Eric Verdin ou encore d’Alix Poissons qui présentent d’importantes carrières au théâtre. Cette influence est visible tout au long de cette comédie où ces parents affichent une belle complicité malgré la diversité de leurs tempéraments. Ils incarnent chacun des rôles très différents à l’image de Samir Guesmi dans le rôle du père omniprésent et misogyne, Eric Verdin en père dépressif ou encore Emilie Gavois en mère angoissée ; pour autant, ils parviennent à s’apprécier malgré les discordances, jusqu’à devenir solidaires et dévoués. Insupportables au début, hilarants tout du long et touchants à la fin, cette troupe d’acteurs parvient à nous livrer une belle conclusion de cette comédie qui est définitivement une réussite.

      Parents d’élèves tout en finesse parvient à représenter la diversité des parents d’aujourd’hui, en mettant en scène des rôles de femmes et d’hommes en dehors des stéréotypes genrés auxquels le cinéma est habitué. Cette bande d’acteurs menée par un remarquable Vincent Dedienne n’offre aucun temps mort, pendant 1h30 on rit, on s’émeut, on réfléchit, et surtout on en redemande.

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