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      « Lost River » : la BO signée Johnny Jewel de Chromatics et l’univers de Italians Do It Better

      Premier film réalisé par l’acteur Ryan Gosling, le sex symbol de « Drive », « Lost River » est un film singulièrement troublant sur une ville ravagée par la crise économique et livrée à elle même. La plupart des scènes appèlent à la poésie, la musique qui a été choisie pour les accompagner ne devait donc pas être prise à la légère. C’est Johnny Jewel, fondateur du label américain electro-dark Italians Do It Better, qui s’y colle.

      Johnny Jewel? Un véritable gourou dans la très respectable sphère indépendante de la musique électronique, le fondateur du label Italians Do It Better, membre des groupes Chromatics et Glass Candy. La BO du film « Lost River » s’écoute comme une série de moments oniriques. On les imagine lorsqu’on entend des bouts d’airs, des brèves ritournelles, ou des prothèses de refrains electro-pop desquels on a retiré les voix, les rythmes, pour n’en garder que la moelle. Difficile de juger donc de ce qu’est l’esprit de Italians Do It Better en écoutant cela, notre attention sera juste retenue par quelques morceaux pénétrants aux accents rythmiques lourds et magnétiques, qui enfoncent l’esprit tout autant qu’il la libère : un espace aérien dans un milieu sous-marin, si on devait décrire la chose de manière imagée. C’est forcément mieux en regardant le film.

      La BO qu’il signe n’illustre pas le mieux sa musique, donc, mais Johnny Jewel nous tend ici une perche bienvenue pour s’intéresser aux disques qu’il a produits. Ils redéfinissent, à leur manière et dans leur registre, la musique électro des 30 dernières années, pour ensuite la refondre. Ce n’est pas trop dire, vraiment, lorsqu’on écoute par exemple les compilations emblématiques « After Dark » vol. 1 et 2, et ses reprises des tubes disco mythiques comme « Last Night a DJ Saved My Life » par Indeep ou « Miss Broadway » de « Belle Epoque« . La réinterprétation enveloppe ces tubes d’hier d’une aura qui prolonge la stimulante disco pour quelques décennies encore, car elle y insuffle une modernité ravageuse doublée d’un fond gothique intemporel. Dans ces compilations, parmi les autres compos originales, la production sonore très élaborée donne un fil conducteur inquiétant, vertigineux, ésotérique. A écouter des titres aussi vaudou que ceux de Farah, aussi aériens que Symmetry (qui a conçu d’ailleurs une BO d’un film… imaginaire), aussi envoûtants que Glass Candy ou Chromatics, on jubile sur cette tension qui jaillit de ces vapeurs blanchâtres transpercées ça et là par les rayons verts des nightclubsDes artistes au talent rare et qui s’inscrivent dans une belle continuité de l’histoire de l’électronica.

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