Festival des Arcs 2017 – “La fête est finie” de Marie Garel Weiss : Académique et merveilleusement interprété

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Le Festival du Cinéma Européen des Arcs s’est clôturé le 23 décembre dernier et en a profité pour nous présenter une dernière oeuvre percutante : La fête est finie. Production française réalisée par Marie Garel Weiss, cette histoire traite de la descente aux enfers due à la drogue ainsi que des difficultés pour se désintoxiquer. Un film impactant malgré son académisme, porté par d’excellentes actrices. Focus ! 

Une histoire forte merveilleusement interprétée

La force de La fête est finie réside sans nul doute dans l’interprétation fournie par ses deux actrices principales : Zita Hanrot et Clémence Boisnard . Au delà de leurs interprétations individuelles absolument impeccables, la puissance du film réside dans l’osmose créée entre ces deux jeunes femmes. 

La fête est finie 2 Festival des Arcs 2017 - "La fête est finie" de Marie Garel Weiss : Académique et merveilleusement interprété

L’évolution de leur relation depuis la maison de désintoxication jusqu’à la tentative de réinsertion est aussi touchante que réaliste. On ressent une véritable envie de la part de Marie Garel Weiss de nous immerger au plus proche de ces deux jeunes femmes en perte de repères. Ainsi, nous sommes plongés au cœur des difficultés de ces protagonistes. Cela va des complications pour se réinsérer, à l’enfer de la rechute, en passant par les conflits permanents avec les personnes qui entourent ces filles. Il est impressionnant de constater à quel point les dégâts endurés mais également engendrés par les toxicomanes sont bien retranscrits. Les dégâts sur elles-mêmes sont bien sûr visibles d’office.  Mais les dégâts subis par leurs proches sont également montrés par le film avec beaucoup de réalisme. Le film est donc un parfait mariage entre le réalisme et l’interprétation de ses deux actrices. Si cela en fait un oeuvre très percutante, il est un peu dommage que la réalisation se confine à un certain classicisme. 

Une réalisation très (trop ?) académique

Soyons clairs : la réalisation de La fête est finie est loin d’être ratée. Au contraire, celle-ci nous permet une véritable proximité avec les personnages et s’avère suffisamment crue pour nous offrir un sentiment de réalisme. Toutefois, l’imagerie du film manque peut-être d’une certaine audace, qui aurait pourtant été la bienvenue pour étayer cette histoire si intéressante. 

La fête est finie 3 Festival des Arcs 2017 - "La fête est finie" de Marie Garel Weiss : Académique et merveilleusement interprété

La drogue et ses ravages sont des sujets bien trop peu abordés par le cinéma. Il en va de même pour tous les cas de dépendance d’ailleurs. La fête est finie nous plonge au plus proche de ces travers en nous exposant toutes les facettes de la dépendance. Il aurait donc été opportun de la part de la réalisatrice Marie Garel Weiss (initialement scénariste), de coupler ce sujet délicat à une réalisation un petit peu plus mémorable. Toutefois, comme indiqué ci-dessus, on peut saluer un aspect de la réalisation : son réalisme. La proximité instaurée avec les protagonistes permet vis-à-vis d’elles un attachement quasi-instantané. En outre, on peut saluer l’aspect très cru et réussi de certaines scènes, notamment les scènes de sexes. Cela vaut aussi bien pour les scènes mettant en avant des relations consenties, que celles relatant les rapports douteux dus à la drogue. 

Parfaitement interprété, réaliste et sans concessions, La fête est finie traite d’un sujet que l’on devrait mettre plus en avant dans notre société : la dépendance. Si l’on peut regretter l’académisme de la réalisation, on ne peut nier l’impact que produit cette histoire, surtout si l’on a déjà eu affaire à des personnes dépendantes ou à des problèmes de dépendances… A découvrir dès le 28 février de toute urgence !