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      Festival de Cannes (Un certain regard): Critique de « La danseuse »

      Pour son premier long-métrage, Stéphanie Di Giusto a choisi d’adapter « Louïe Fullerdanseuse de la Belle Epoque », oeuvre de Giovanni Lista, qui décrit le parcours d’une femme, artiste et avant-gardiste mal dans sa peau, mais à l’ambition sans limite. Fort d’un casting impressionnant (Soko, Mélanie Thierry, Gaspard Ulliel, François Damiens, et Lily-Rose Depp) et d’une histoire aussi véritable que fondamentale, autant dire que La danseuse méritait le détour.

      Un scénario qui pêche dans sa longueur.

      De son vrai prénom Marie-Louise, la future danseuse choisi son nom de scène en effaçant 2 lettres de Louise, écrites à la craie: U.S. C’est à ce moment qu’elle décide de quitter l’Amérique pour retourner en France, où la réussite est plus envisageable et le monde des cabarets moins peuplé de requins. Jusqu’ici, et dans la première partie du film, la direction artistique est intéressante, et l’ascension de la jeune femme passionnante. Moment mal choisi pour faire durer l’histoire dès l’arrivée du personnage de Lily-Rose Depp.

      Isadora, danseuse prometteuse, fascine Loïe dès le début, à tel point qu’elle se retrouve entre un homme torturé aux allures de vampire, et une belle nymphe dont tout le monde voit qu’elle cache quelque chose. Deux personnages lui tournant autour, sans qu’ils ne soient plus développés.

      Dancer

      L’image et l’univers créés au service de la danse et de l’art.

      Ce film parle à fois de l’art, et de la danse. À mi-chemin entre le music-hall et la danse moderne, cette danseuse, alors star, rappelle l’importance de l’éclairage et de la lumière sur les effets de son spectacle. Ce clin d’oeil aux techniciens de lumière du cinéma et de l’invention des premiers projecteurs électriques, est une preuve de l’avant-gardisme de cette jeune femme à qui on déconseille pourtant de trop en utiliser, faute de puissance, ou faute d’argent. La réplique de Mélanie Thierry à ce sujet résonne également comme un parallèle avec l’industrie du 7ème art : « L’important, ce n’est pas ce que ça coute, mais ce que ça rapporte ».

      Le film, lui, utilise bien son budget : Comédiens de renom, images sombres au début qui se veulent artistiquement très gracieuses jusqu’à la fin. La réalisatrice a tourné chacune des scènes à la façon d’une fresque, qui peut sortir directement de l’imaginaire de Loïe Fuller, faisant elle même ses propres dessins et croquis. Tout est soigné, jusqu’aux points culminant : les scènes de danse.

      Les comédiens? François Damiens ne déçoit finalement jamais dans un rôle sérieux et dramatique alors que le talent et le charme de Mélanie Thierry sont en revanche sous exploités. Lilly-Rose Depp, Elle, ne brille que par ses talents de danseuse, et sa ressemblance frappante avec sa mère.

      Première œuvre de Stéphanie Di Giusto, La danseuse nous emmène dans un opéra de grâce et de sensualité, à l’image travaillée comme la soie, dont l’histoire vaut la peine d’être connue, et que les failles de rythme ou de scénario ne remettent pas en cause. Même si on ne vit pas le drame de la protagoniste assez profondément, on a là une jeune cinéaste qui, si elle continue sur cette voie, a un bel avenir dans le cinéma.

      Extrait du film

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