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      Festival de Cannes – double critique : « Vers la lumière » et « Good time »

      Les deux films en compétition abordés ici nous viennent respectivement du Japon et des USA. Vers la lumière réalisé par Naomi Kawase avec Ayame Misaki et Masatoshi Nagase, et Good time réalisé par les frères Sadfie avec Robert Pattinson en tête d’affiche. La présence sur le tapis rouge de ce dernier aura généré moins de hurlements que lors de sa dernière venue en 2012 pour Cosmopolis de David Cronenberg.

      Vers la lumière de Naomi Kawase

      Misako est une jeune femme enthousiaste qui aime décrire tout ce qu’elle voit, et ressent. Quoi de plus parfait pour elle que son métier d’audio-descriptrice ? Lors d’une séance de test avec des non-voyants pour améliorer son travail, elle fait la connaissance de Nakamori, un photographe dont la vue s’éteint lentement. Une relation pleine de tendresse et de respect commence alors entre eux. Après son film, Les délices de Tokyo, sélectionné dans la catégorie « un certain regard » il y a deux ans, Naomi Kawase revient à Cannes dans la compétition officielle. Son film part d’une idée qui consiste à se demander comment seraient les films s’il étaient fait par des non-voyants. Cette histoire émouvante et poétique parle donc des films, de la manière dont ils sont racontés et celle dont ils sont perçus malgré la cécité.

      Hikari vers la lumière

      Naomi Kawase choisit pour cela de filmer la quasi totalité de son film en très gros plans. Toujours proche des visages, se focalisant beaucoup sur leurs yeux. On ressent vite leurs émotions, leurs regards et leurs sentiments. Avec une caméra plus qu’intimiste, elle saisit la moindre expression de ses personnage et surtout de Misako. D’une grande sensibilité, le visage angélique d’Ayame Misaki est constamment capté par l’objectif. Son envie de capter ces visages et la lumière de cette façon est une douce estime de l’invention même du 7ème art. Avec des images tantôt lumineuses, tantôt sombres, parfois lisses et d’autres fois voilées, Vers la lumière offre un très beau moment de cinéma agréé d’une identité propre. On aime beaucoup.

      Good times de Ben et Joshua Sadfie

      Tout part d’un braquage raté par Connie et Nick, son frère handicapé mental. Après s’être échappés, Nick (Ben Sadfie) est arrêté et Connie (Robert Pattinson) tente d’utiliser l’argent du braquage pour payer la caution. Quand on lui demande les 10.000$ qui manquent pour y parvenir, il décide alors de faire évader son frère de la chambre d’hôpital où il est admis. L’interprétation attachante, voire émouvante de Nick (par l’un des frères Sadfie) est une des forces du film. Un Robert Pattinson étonnant et déjanté use de tout son vice pour retrouver son frère. Le long-métrage est une longue nuit de poursuite presque sous acide dans la banlieue new-yorkaise. Parmi les autres points forts, il y a la musique qui constitue, dans la mise en scène, le fondement de tout le suspens ressenti. Une tension constante qui gratifie beaucoup le périple de ces personnages ratés.

      Robert Pattinson
      Robert Pattinson

      Malheureusement pour le duo de réalisateurs talentueux, l’ambition et l’intention ne sont pas flagrantes. Le découpage vient gâcher la composition avec des images qu’on aimerait plus belles. Choisir une esthétique sonore plus que visuelle s’avère aussi décevant que le manque d’ambition évoqué. Good time s’en sort avec un trio d’acteurs saisissants et une musique percutante mais servant un tout peu original. On reste sur notre faim.

      Les frères loosers de Good time
      Les frères loosers de Good time

      Bande-annonce de Good time:

      Bande-annonce VO de Vers la lumière:

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