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      Festival de Cannes – Double critique des films coréens: « The Villaines » et « Sans pitié »

      C’est une tradition depuis quelques années au Festival de Cannes : les réalisateurs sud-coréens sont à l’honneur sur le tapis rouge. Ainsi, Park Chan Wook fait parti du jury de la 70ème, lui qui était en compétition l’année dernière avec Mademoiselle.

      En 2016, Cannes accueillait aussi Train to Busan qui avait fait sensation et qui avait été suivi d’un succès public. Okja et Le jour d’après font partie des films de la compétition en 2017 alors qu’en dehors de celle-ci, 2 autres productions coréennes de genre sont présentées sur le tapis rouge : Sans pitié et The Villaines.

      The Villaines de Jung Byung-Gil

      Sook-Hee est une tueuse redoutable. Lorsqu’elle tue un gang entier à elle seule, elle se fait prendre par la police. Voyant le potentiel prometteur de la jeune femme, le gouvernement décide alors de lui donner sa chance en lui demandant d’être à son service pendant 10 ans contre la liberté à la fin.

      The villaines
      The villaines

      Avec une scène d’ouverture en plan séquence ultraviolente, le réalisateur ne fait pas dans le détail. L’action est filmée de manière subjective (que les gamers appellent FPS, c’est à dire « First Player Shooting »). Une fois qu’on est dans la peau de la tueuse, le coté jeux vidéo est enclenché, et les cadavres s’empilent. Le principe est le même que dans le film russe Hardcore Henry, tourné entièrement de cette façon. Avec des techniques visuelles incroyables, on découvre une caméra pilotée par ordinateur, comme si elle était robotisée pour effectuer des mouvements impossibles. Cela donne une scène de poursuite en moto plus que surprenante. Malgré cet esthétique étonnant, l’action reste elle, décrédibilisée, et parfois même ridicule. Cette femme, mélange de Nikita et du transporteur, exécute des homme un par un avec bien trop de temps laissé entre chaque mort. Même un Jet li achevant un régiment de policiers français dans un dojo parisien est plus crédible.

      Concernant l’histoire, beaucoup de rebondissements la rendent intense lorsque les 2 hommes de la vie de l’héroïne entrent en jeu. Les intérêts de chacun sont certes, poussifs, mais ils ramènent le spectateur sur terre. N’étant pas d’une psychologie ultra profonde, ce film d’action pur s’avère tout de même efficace et percutant. Un potentiel dont le talent et le budget mériteraient d’être mieux exploités.

      Sans pitié de Byun Sung-Hyun

      Un chef de gang réputé fait la loi dans la prison afin d’avoir le contrôle sur les prisonniers et sur le personnel. Son autorité va changer avec l’arrivée d’un jeune détenu.

      Le synopsis paraît simple, mais l’histoire est bien plus complexe et parfaitement mise en scène. Sans pitié est sans doute l’un des meilleurs films policiers de ces dernières années. Se déroulant dans le milieu de la mafia, l’histoire comporte tous les ingrédients de base de ce genre de film : Trafic de drogue, corruption, flic infiltré, combines de prisonniers, vendettas, et d’autres encore. Les flashback de la prison s’intègrent idéalement à l’évolution du gang. Les 2 histoires progressent donc parallèlement de manière brillante. Les révélations sont doubles et le ton monte crescendo. La rivalité et l’amitié entre deux personnages de deux générations différentes prend toute sans pitiéson ampleur et rend le film extrêmement intriguant.
      D’un coté, Yim Si-wan dans une interprétation géniale du jeune arriviste aussi attachant que fascinant. De l’autre, Seol Kyeong-gu en chef de gang prêt à tout pour garder sa place. Il invente un personnage d’un niveau digne des meilleurs films de Martin Scorsese. Son truc à lui, c’est qu’il rigole souvent, et ce rire mi-sadique, mi-humoristique est tout simplement parfait. Les idées de mise en scène de Byun Sung-Hyun sont incroyablement inventives, étonnantes et forment un tout parfait avec l’esthétique et le scénario.

      Nous avons eu la chance d’assister à la présentation officielle du film, et la longue ovation obtenue par l’équipe du film est plus que logique. Amateurs de Tarantino ou Scorsese, foncez voir Sans pitié car il sera déjà en salles le 28 juin prochain.

       

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