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    Festival de Cannes – La double critique du jour : « Okja » et « The square »

    Parmi les films en compétition ces deux derniers jours, nous avons pu découvrir Okja et The Square. Le premier, de Bong Joon Ho est une co-production américano-coréenne avec Tilda Swinton, Jake Gyllenhaal et la toute jeune Seo-Hyun Ahn. Il avait déjà fait couler beaucoup d’encre avant sa présentation. Le second, est un film suédois de Ruben Östlund avec un casting plus international : Dominic West, Elisabeth Moss et Terry Notary. Si Okja séduit par son côté touchant,  The Square intéresse bien moins malgré un message très humaniste.

    Okja : une tendre histoire entre un enfant et un animal 

    Cette histoire d’une enfant attachée à un animal qui est son meilleur ami fait penser à Peter Elliot le dragon ou encore Sauvez Willy. Ici, Okja est une créature génétiquement créée par un groupe puissant d’agroalimentaire afin de le laisser grandir pendant 10 ans et obtenir le gabarit d’un éléphant. Ceci a pour but d’obtenir la meilleure viande qui soit. Sorte de cochon au grand cœur avec une émotion et une intelligence particulière, Okja va devoir retourner à New-York dans les mains de la société Mirando à qui il appartient. La petite Mija l’ayant élevé pendant ces 10 ans dans les montagnes coréennes va alors entreprendre un voyage de sauvetage. Au cours de cette quête, elle sera aidée par une bande de jeunes pacifistes qui se nomment le FLA : Front de Libération des Animaux.

    Auteur de Snowpiercer, Sea dog ou encore The host, Joon Ho Bong réalise là un film qui fait constamment appel à notre émotion, notre amour pour les animaux et leur relation tendre avec les humains. Fort d’un style fait pour divertir et émouvoir, il s’y prend de la manière la plus simple. Musiques Kitches à l’appui, il ne s’éloigne jamais de son but. Aidé par des effets spéciaux assez réussis, il nous emporte facilement dans toute l’émotion et la naïveté que dégage la captivante Seo-Hyun Ahn. Jusqu’à la fin on est séduit par son abnégation et sa simplicité. Cette même simplicité à laquelle il fait appel et qui campe en chacun de nous, notamment lorsqu’il dénonce les atrocités de l’industrie agroalimentaire dans une scène absolument déchirante.

    L’histoire et le rythme n’ont rien d’ennuyeux et le côté un peu burlesque ne laisse pas à l’écart le message principal : une critique de cette société mondialisée qui nous pousse à consommer toujours plus de viande. Oeuvre qui ne plaira pas qu’aux végétariens, Okja à pour cible un large public. Dommage qu’il ne sorte que sur une plateforme de VOD et non dans les salles obscures car le cinéma est un divertissement à savourer sur grand écran.

    Okja

    The square: une comédie semi-intéressante mais intelligente

    Ruben Östlund revient à Cannes Trois ans après Snow therapy qui remporta un prix à Cannes dans la catégorie « un certain regard ». Dans The square, le réalisateur suédois met en image d’une façon non conventionnelle l’histoire de Christian, conservateur d’un musée d’art contemporain de Stockholm. Ce père de deux filles et divorcé se fait voler son portable et son porte-feuille en pleine rue. Ce vol entraîne chez lui une réaction qui ne correspond guère à ses principes : ceux du partage et de la tolérance.

    L’un des rares extraits vu du film avant sa présentation était ce passage du personnage d’Oleg dans le diner de gala. Ce dernier réagit au comportement des gens de la salle comme un singe dans une cage. Cette séquence exceptionnelle, tant elle fait réfléchir, reste l’une des rares du film aussi réussie. En effet, malgré une intention très utopiste et réfléchie, beaucoup trop de moments laissent perplexes.

    Des scènes sont trop longues et parfois inutiles même si elles restent logiques dans le contexte. De longs dialogues interminables et d’autres passages déjà oubliés prennent la place aux vrais bons moments de cinéma. Et avec une telle longueur, on regrette un aspect en demi teinte qui fait qu’on n’aime qu’a moitié cette oeuvre au potentiel énorme. Un autre bémol réside dans une façon de filmer qui manque cruellement de gros plans. Cela manque ne serait-ce que pour accentuer des moments émouvants et pour mieux servir leurs excellents interprètes.

    Terry Notary  dans un numéro de singe impressionnant
    Terry Notary dans un numéro de singe impressionnant

    Les meilleurs passages, ceux qui font rire et surprennent, sont ceux portés sur les événements les plus importants des personnages. Ceux-ci sont particulièrement jubilatoires. Comme par exemple la relation entre Christian avec Anne (Elisabeth Moss) dont les scènes principales qui leur sont consacrées sont aussi exquises qu’originales. Cet humour suédois si fin et subtilRuben Östlund le distille un peu tout le long des 2h22 de film sans faire mouche à chaque fois. Au final, l’intention du réalisateur, qui est celle de Christian à travers ses expositions sont des plus judicieuses. Les valeurs comme la confiance en autrui y sont bien présentes et on se dit que The square n’est pas vraiment un mauvais film.

    Bande-annonce d’Okja:

    Extrait délicieux de The Square:

     

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    2 Commentaires

    1. « le cinéma est un divertissement à savourer sur grand écran » Il est tellement évident de dénicher les journalistes anti-netflix… Au fait, Twin peaks est projeté dans une salle de cinéma, mais ne serait-il pas mieux à la télévision ? Après tout, c’est pour ce média que la série est créée, non ?
      Non, tout simplement parce que les studios américains tuent à petit feu tout ce qui semble ressembler à de la véritable création artistique et originale.

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      • Votre citation n’est pas celle d’un journaliste, mais avant tout d’un vrai cinéphile de toujours. Ici on ne parle pas de Twin Peaks. Okja fait partie des films qui se savourent sur grand écran, mais aujourd’hui, et avec un grand groupe américain c’est sûr: tout moyen pour se faire de l’argent est bon. Même quand il s’agit de se financer. Après, Biensûr, n’importe quelle fiction ciné ou TV peut se regarder même sur un smartphone. Que dirait ce grand cinéaste qui a dit un jour: « Regarder un film à la télévision revient à admirer une peinture sur un timbre poste » ?

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