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      [critique] The lobster, réalisé par Yorgos Lanthimos

      Réalisé par Yorgos Lanthimos, The Lobster réunit à l’écran Colin Farrell, Rachel Weisz aperçue dans le dernier Sorrentino, John C Reilly et Léa Seydoux. The lobster était en compétition au Festival de Cannes 2015 où il a obtenu le prix du jury.

      Un long métrage intelligent et des acteurs brillants

      The lobster est un drame alliant l’absurde et le fantastique. Yorgos Lanthimos, très à l’aise avec sa caméra, offre une œuvre étonnante. The Lobster présente un monde futur peu séduisant où les individus ne sont plus que des automates vides sans une once de liberté intellectuelle. Ces personnages ne gèrent plus leurs sentiments, ils ne savent plus les exprimer, ni les ressentir. L’humanité n’est plus que l’ombre d’elle-même. The lobster aurait pu d’avantage être absurde, d’avantage contemplatif. Pourtant, Lanthinos ne livre pas un film trop difficilement accessible pour ses spectateurs. The lobster, bien qu’il se démarque des carcans habituels du cinéma ne demeure pas moins un film qui ne se piège pas dans sa propre originalité et laisse le spectateur très facilement accéder aux péripéties. Le spectateur se surprendra même parfois à rire devant l’absurdité des situations et le décalage que le réalisateur crée entre un élément très macabre et une situation tristement quotidienne.
      Les interprètes sont vraisemblablement très bien dirigés puisque chacun d’eux livre une prestation efficace et de qualité. Rachel Weisz est très touchante dans le rôle d’une jeune femme débrouillarde et pourtant si fragile qui va se laisser piéger par les méandres de l’amour. Mais le plus étonnant est Colin Farrell qui abandonne les rôles de mauvais garçons « bad-ass » pour entrer dans la peau d’un individu boudinant, un homme sage, réservé et taiseux qui cherche sa place dans un monde qui le dépasse. Un être humain somme toute normal, avec ses qualités, ses vices et ses travers. L’acteur, cherchant ainsi d’autres horizons, comme en témoignera la saison 2 de True detective, interprète son personnage avec beaucoup de subtilité et de professionnalisme pour révéler une prestation digne de son talent.

      the lobster
      Une allégorie de la société

      Yorgos Lanthinos dresse un portrait édifiant d’une société qui pourrait être potentiellement notre avenir. The lobster est une allégorie de notre société actuelle. Il critique péjorativement de nombreux fonctionnements actuels où il réfute la catégorisation, le formalisme, l’uniformisation. Il affirme sans détour que cette société artificielle dans laquelle nous évoluons, ponctuée des nombreux sites de rencontres, de réseaux sociaux, a un effet néfaste sur l’individu. Que toute cette vie électronique est vouée à entrainer la disparition progressive de l’intégrité intellectuelle de l’être humain et de ses sentiments les plus fondamentaux. Lanthinos décrit une société où la solitude n’existe pas. Dans The lobster, tout individu célibataire a une quarantaine de jours pour dénicher un compagnon et ainsi continuer à vivre librement. Dans le cas contraire l’individu se voit transformé en un animal. Ainsi, le metteur en scène dénonce la réaction complexée qu’entraine notre société. L’être humain actuelle cherche forcément à se sentir entouré, même s’il s’agit de personnes illusoires que sont celles d’internet. Il met aussi en avant les dangers des sites de rencontres qui sélectionnent en catégorisant et formalisant les individus parfois selon des critères négligeable.

      The lobster est l’annihilation de la séduction, des rapports humains normaux et libres, la disparition de la découverte amoureuse et sexuelle. La mise en scène, où la scène précédente ne laisse rien suggérer de la suivante, un enchainement fade de péripétie, est un écho à un monde artificiel où les saveurs et les différences ont disparu. A la manière de Charlton Heston dans le Soleil vert de Richard Fleischer, Colin Farrell se retrouve irrévocablement piégé dans son monde où les compromis, les opportunités et les solutions n’existent pas. Un monde où les gens ne sont plus que des pantins.

      En somme, Lanthinos réalise avec The lobster une oeuvre loufoque, parfois très drôle, originale, et surtout qui trouvera une résonance en chaque spectateur malgré son originalité et son anti conformisme.

      La bande annonce

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