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      Critique « The Greatest Showman » de Michael Gracey : Un show diablement efficace

      Amateurs de cirque, de grandiose et de comédies musicales : ce film est fait pour vous ! Ce mercredi 24 janvier sort The Greatest Showman, réalisé par Michael Gracey, un parfait inconnu qui signe là une oeuvre fort agréable. Portée par un Hugh Jackman impeccable et des trublions charismatiques au possible, cette oeuvre est, sans révolutionner le genre, redoutablement efficace. 

      Une réalisation dynamique, rythmée et… étrangement familière

      C’est probablement ce que l’on attend en priorité d’une comédie musicale : le rythme. Et on peut dire que The Greatest Showman n’en manque pas ! Dès le début, le ton du film est donné : après un logo de la Twentieth Century Fox un peu désuet apparu à l’écran, nous sommes surpris par l’intervention d’un logo plus moderne doublé d’une musique fort entraînante. C’est ainsi que le film parvient à nous prendre au piège et à nous embarquer dans son histoire : en nous propulsant dans son univers féerique sans la moindre concession. Et ça marche ! Nous sommes impliqués dès la première minute dans l’intrigue, ce qui un véritable prouesse de mise en scène. En bref, une introduction parfaite suivie d’une mise en scène très efficace. 

      Une chose ne manque cependant pas de sauter aux yeux lorsque l’on regarde quelques images de ce film, à savoir sa ressemblance flagrante avec Moulin Rouge, l’un des piliers de la comédie musicale moderne. Entre l’imagerie, les chorégraphies, le côté volontairement artificiel et même l’énorme lune visible, on peut difficilement manquer la référence. Cela ne dérange aucunement car le film reste merveilleusement exécuté du début à la fin. Nous pouvons toutefois nous poser la question suivante : est-ce une volonté du réalisateur Michael Gracey de rendre hommage à un film qui l’a marqué, ou est-ce une volonté des studios de se rattacher à une imagerie que les spectateurs connaissent bien ? A voir, mais une chose est sûre : cela fonctionne. Peut-être cependant aurait-il été bon de la part de Gracey d’ajouter une touche un petit peu plus personnelle à son film, qui parvient difficilement à se démarquer en terme d’imagerie. Si cela ne nuit pas au plaisir que procure l’oeuvre, cela peut nous faire nous demander si le film parviendra à rester dans le temps.

      Le piège jouissif des paillettes 

      Si The Greatest Showman marche aussi bien, c’est pour une raison très simple évoquée ci-dessus : le film nous prend au piège. Nous savons que ce ne sont que des strass et des paillettes qui nous sont envoyés à la figure. Nous savons que le réalisateur joue avec notre bonne humeur comme le faisait P.T Barnum. Mais qu’importe ! Ce film est une bouffée de bonne humeur qui touche en plein cœur. En ce sens, The Greatest Showman est un digne hériter du trublion Barnum, puisqu’il s’amuse avec notre naïveté de manière totalement assumée. Tous les stratagèmes sont utilisés pour nous ferrer comme des poissons au cœur de cette bulle de gaieté : mise en scène, grandiose, chansons rythmées, émotions en tous genres… Tout cela nous offre un patchwork mémorable qui donne envie d’être revu, tant celui-ci transmet de l’optimisme. 

      Chorégraphies parfaites, chansons en demi-teinte

      Qui dit « comédie musicale » dit « chansons et danses en tous genres » et The Greatest Showman ne déroge pas à la règle. S’agissant des chorégraphies : quelle claque ! Alternant entre les danses de cabarets et d’autres plus contemporaines, nous en prenons plein les yeux du début à la fin. La coordination entre les danseurs principaux et les figurants est tout bonnement ahurissante, au même titre que certaines scènes acrobatiques (notamment celle entre Zac Efron et Zendaya) en mettent plein la vue. Ajoutez à cela des costumes parfaitement en phase avec ces chorégraphies et vous obtenez un feu d’artifice électrisant et coloré. Concernant les chansons : celles-ci sont pour la plupart très bonnes mais des nuances s’imposent. En soit, beaucoup des chansons sont rythmées et même mémorables. Cependant, d’autres sont beaucoup plus insipides, aussi bien en terme de paroles que de composition (on pense notamment à celle de Michelle Williams au milieu du film). L’ensemble reste toutefois très agréable à écouter. On peut d’ailleurs noter une chose intéressante : la chanson « This is me », assez classique et oubliable quand on l’écoute hors-film, prend une puissance émotionnelle démesurée une fois mise dans le contexte de l’oeuvre. Preuve (une fois encore) que le contexte d’un film, ça compte !

      Des acteurs au top du top 

      The Fountain, Prisoners, Chappie, LoganHugh Jackman n’a plus grand chose à prouver concernant sont talent. Une fois encore, l’acteur Australien nous offre une performance impeccable, doublée par ses aptitudes pour la danse et le chant.

      Les rôles secondaires ne sont pas en reste et confèrent au film toute sa force. Zac Efron et Zendaya sont aussi bons individuellement que lorsqu’ils sont ensemble. L’osmose créée entre ces deux personnages est parfaite et fait mouche quel que soit le stade de leur relation. S’agissant de toute la « ménagerie de monstres », les talents sont également au rendez-vous. On pense notamment à Lettie Lutz, fameuse femme à barbe interprétée par l’inconnue Keala Settle. Cette dernière est tout bonnement parfaite dans son rôle et très touchante dès sa première apparition à l’écran. C’est également elle qui donne toute la puissance émotionnelle à la chanson « This is me », évoquée ci-dessus. En bref, un parfait panel d’acteurs. Une petite nuance est à indiquer concernant Michelle Williams, interprétant la femme de P.T Barnum. Celle-ci est très bonne dans son rôle ce n’est pas discutable. Cependant, Williams est sous-exploitée à l’écran et ceci est fort dommage, quand on connaît l’ampleur de son talent. Cela ne nuit pas à la réussite du film mais reste un petit peu regrettable. 

      Pas fidèle à l’Histoire ? Et alors ? 

      Il serait aisé de faire un reproche à The Greatest Showman : le fait qu’il ne soit pas fidèle pour un sou à la vie de P.T Barnum. Outre le fait que le personnage de Barnum soit extrêmement édulcoré (un peu trop même), les faits historiques sont dépeints comme le film veut nous les montrer : de la manière la plus éblouissante possible. Cependant, faire ce reproche serait déplacé pour une simple et bonne raison : The Greatest Showman n’est pas un biopic sur la vie de P.T Barnum. Il s’agit d’un conte sur la façon dont ce dernier a créé le show-business. Et cela fait toute la différence d’un point de vue scénaristique. Le film ne se vend pas pour son réalisme, mais bien au contraire pour la féerie qu’il dégage. Donc installez vous confortablement dans votre siège et rêvez !

      Si The Greatest Showman n’est pas exempt de tous défauts, la magie s’opère parfaitement et nous offre une expérience aussi rythmée que réjouissante. De quoi commencer l’année 2018 dans la joie et la bonne humeur !  

       

      Bande-annonce The Greatest Showman

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      Robin Uzan
      Journaliste, photographe et réalisateur indépendant, écrire pour Justfocus est un de mes plus grands plaisirs. Bonne lecture !

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