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    Critique « The Cloverfield Paradox » de Julius Onah : troisième épisode de la saga sur Netflix

    Après deux premiers opus totalement différents, un troisième épisode de la saga Cloverfield a fait une apparition inattendue sur Netflix en début de semaine. Réalisé par Julius Onah, The Cloverfield Paradox ne verra donc jamais sa sortie en salles. Critique de ce troisième opus de cette franchise atypique, l’épisode le moins réussi de la saga de science-fiction.

    Un manque d’originalité par rapport à ses grands frères

    Le premier opus de Cloverfield est un sympathique found-footage qui place les protagonistes dans l’enfer d’une invasion extraterrestre. Un monstre géant, un genre de Kaïju et des petits monstres répandus au sol, détruisent totalement New York. Efficace, ce premier film immersif permettait de confronter le spectateur à une apocalypse à échelle d’une ville et la découverte d’un monstre impressionnant. Une approche pas forcément inédite, mais qui se place comme une réussite du genre.

    10 Cloverfield Lane, deuxième épisode réalisé par Dan Trachtenberg, était l’énorme surprise. Après une promotion masquée, le film est sorti en salles comme une fleur. Un long-métrage qui s’avérera être une réussite totale. Dan Trachtenberg préfère axer son oeuvre vers une approche plus horrifique, mais également moins fantastique, dans un huis clos oppressant. Mary Elizabeth Winstead interprète une rescapée, bloquée dans un abris avec Jon Goodman, qui la protège soit-disant des monstres de l’extérieur. Tout l’enjeux du film est de déceler le vrai du faux dans cette approche qui se connecte in-extremis au premier film, le temps d’une conclusion dans une veine de science-fiction.

    Enfin, The Cloverfield Paradox se dévoile sur Netflix. Un nouvel opus, fidèle à la recette de la saga, qui met en place de nouveaux lieux, une nouvelle intrigue et de nouveaux personnages. Ce troisième épisode est censé répondre à certaines questions posées dans les deux premiers opus, notamment d’où vient cet extraterrestre. Pour autant, son approche paresseuse de virée spatiale, apporte moins d’originalité et de subtilité que ses deux grands frères. Un style fade, aucun concept, des personnages plats et surtout un film qui pompe sur tous les grands classiques du genre. Les effets horrifiques se rapprochent de la saga Alien, le scénario tente un mind-fuck à la Interstellar et la conclusion n’est pas sans rappeler celle de Life. Bref même si The Cloverfield Paradox recèle quelques bonnes idées, le film manque cruellement d’originalité dans son traitement et s’éloigne des films à concept qu’étaient les deux premiers opus.

    De bonnes idées qui manquent de développement

    The Cloverfield Paradox est clairement le film le moins réussi de la trilogie. Pour autant, le long métrage de Julius Onah réserve quelques bons moments. Des idées scénaristiques et de mises en scène intéressantes, notamment dans cette confrontation entre deux univers qui remet en doute toute la réalité telle que nous la connaissons. Le solide, le haut, le bas, la réalité est totalement transformée. Pour mettre en scène cette situation, Julius Onah trouve quelques idées lumineuses que nous ne spoileront pas ici. Pour autant, cet axe manque de développement. Et alors que cela aurait pu être un premier élément de réponse, le film de creuse pas dans cette direction et finit par tomber dans le space survival classique.


    De même, la conclusion qui vient connecter cet opus de force à la saga, déçoit totalement. Ceci est dommage car la première partie du film avait son lot de promesses. Mais le ton trop détaché, le manque d’effets visuels percutants et l’ambiance qui perd en puissance au cours de l’histoire ne permettent pas à The Cloverfield Paradox de rivaliser avec ses prédécesseurs. Pareillement, la seconde intrigue qui se concentre sur Terre et notamment sur le personnage de Michael (Roger Davis), manque de développement. Pourtant, cette sous intrigue avait un potentiel énorme, avec cette petite fille qui aurait facilement pu être rattachée à la saga. Avec les distorsions temporelles, elle aurait pu être le même personnage que la commandante Jense (Elisabeth Debicki) ou aurait pu se connecter à 10 Cloverfield Lane via ce court instant dans un abri isolé, peut être celui de John Goodman. Une simple référence ou un heureux hasard ?

    Le nouveau Cloverfield est clairement le moins réussi des trois opus. Avec son expédition spatiale qui pioche dans tous les classiques du genre (Alien, Interstellar, Sunshine), The Cloverfield Paradox offre quelques bonnes idées notamment la rencontre entre les deux dimensions. Mais sa conclusion décevante et son manque d’originalité par rapport au second opus, cette connexion paresseuse, cette absence de concept par rapport à ses deux grands frères et son manque flagrant de subtilité classent le film dans la classe des blockbusters classiques. Un quatrième opus serait apparemment déjà tourné et sortirait en salles en octobre prochain. Affaire à suivre…

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