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      Critique Teddy de Zoran et Ludovic Boukherma : Attention il mord !

      Teddy est un jeune homme qui vit dans un village du sud de la France. Pendant qu’il gère ses emmerdes au boulot et son histoire d’amour avec Rébecca, un loup rôde…

      Teddy : un film de loup-garou pas comme les autres 

      Vous l’aurez donc compris, Teddy est un film de loup-garou pas comme les autres. Mené par un Anthony Bajon capable de se métamorphoser (littéralement) à chaque rôle, l’acteur confirme son talent et nous épate dans la peau de ce jeune paumé. Car, oui, Teddy (le personnage) n’est pas très aimable. C’est un jeune homme légèrement voyou, provocateur, métalleux dans l’âme, qui est victime du mépris des habitants de son village. Aux yeux des villageois, Teddy est le plouc de service, un abruti finit.

      En réalité, les frères Boukherma nous livre un personnage qui se montre être assez sensible, ayant bon fond, bien que bourré à ras bord de défauts. Ce qu’ils ont déjà exploité avec le très borderline Willy 1er (coréalisé avec Marielle Gautier et Hugo P Thomas), qui raconte l’histoire d’un homme handicapé et illettré souhaitant acquérir son indépendance.

      Teddy est donc un jeune homme qui n’a pas grand avenir, sans éducation, enchaînant les petits boulots en intérim, faisant face à une patronne lubrique (Noémie Lvosky). L’univers de ce Teddy n’est pas sans rappeler le travail de Bruno Dumont sur la série P’tit Quinquin : gueules atypiques, personnages hors du temps, accents prononcés, dialogues grand-guignolesques… Les Boukherma respectent la règle du récit fantastique : l’étrange qui survient de la banalité.

      Quid de l’aspect visuel ? 

      La première chose qui frappe dans Teddy, c’est le style visuel particulier des deux cinéastes. Des plans plutôt longs, souvent filmés en grand-angle, où il se produit de nombreuses actions. La lumière oscille entre lumière naturaliste, aride, et néons fluo qui accompagnent les scènes de loup-garou. Car, si Teddy est bien une comédie, c’est également un film d’horreur, qui n’hésite pas à montrer quelques scènes bien crades et sanglantes, comme lorsque Teddy se rase la langue afin de faire disparaître les poils qui lui poussent dessus. Teddy commence comme une comédie sur le monde paysan, et se termine en hommage prononcé à Carrie et à Frankenstein avec de véritables scènes horrifiques extrêmement gores plutôt réussies.

      Reste que le mélange entre horreur et comédie ne fonctionne pas toujours parfaitement, les deux tons n’arrivant pas toujours à bien se marier. Quant au loup-garou en lui-même, les deux cinéastes évitent de trop le montrer et se concentrent sur le changement d’attitude de Teddy, devenant de plus en plus bestial. La bête elle-même est représentée par des CGI assez bas de gamme qui gâchent un peu le plaisir de la découverte.

      Il nous reste finalement un film avec un humour très cinglant, parfois hilarant, et des scènes bien gores. Si Teddy était un bachelier alors nous lui accorderions une mention très bien, bien qu’elle n’atteint pas le 20,62 de moyenne. Un résultat qui confirme les talents des frères Boukherma et d’Anthony Bajon, et ne peut que nous donner hâte à l’idée de découvrir leurs futurs travaux !

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