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      Critique « Possessor » : quand Brandon Cronenberg se prend pour son paternel

      Brandon Cronenberg, fils du génial David Cronenberg, est de retour avec son nouveau film : Possessor. Après s’être fait remarqué en 2013 avec Antiviral, le jeune cinéaste d’une quarantaine d’années revient avec une nouvelle œuvre totalement inscrite dans le cinéma de son paternel. Possessor raconte le destin de Tasya Vos, qui travaille au sein d’une organisation secrète qui utilise une technologie neurologique de pointe à des fins criminelles. Via ce processus, cette organisation envoie Vos dans le cerveau de tierces personnes pour en prendre le contrôle et les pousser à assassiner des cibles définies par de riches clients. Mais bientôt, la protagoniste va être confrontée à un hôte récalcitrant.

      Possessor : un trip plutôt bien maîtrisé

      Difficile de passer derrière la carrière presque sans faute de son père. Pourtant, Brandon Cronenberg ne se laisse pas abattre et signe une œuvre étonnante, radicale, qui respire néanmoins les inspirations de son paternel. Avec Possessor, le jeune réalisateur offre une œuvre sans concession. Il signe un thriller fantastique d’anticipation plutôt bien mené, et qui s’inscrit parfaitement dans l’héritage de son illustre père. En même temps, Brandon Cronenberg ne fait pas grand chose pour se créer une approche cinématographique indépendante tant ses deux premiers films respirent le ton et l’ambiance déjà imposés par son père pendant plus de quarante ans.

      Critique "Possessor" : quand Brandon Cronenberg se prend pour son paternel

      Brandon Cronenberg signe film radical sur l’usurpation d’identité et sur le morcellement de l’individu. Un long-métrage fort sur le concept d’identité, qui propose parfois une approche empruntée à Black Mirror. Le concept technologique au service d’une société qui veut pervertir l’âme humaine pour en faire les soldats d’une uniformisation de masse est au centre de l’intrigue. Vos perd peu à peu sa propre singularité, au profit d’une distorsion de sa propre unité, pour devenir quelqu’un d’autre : un être vide d’âme et de sens. Une héroïne qui perd peu à peu pied, la notion de la réalité, de la famille, de l’amour, et qui laisse tout tomber pour son travail, quitte à être doublée par ses employeurs.

      Par ce biais, Brandon Cronenberg met évidemment en exergue une société capitaliste, dominée par le travail comme élément pervertible, au détriment des grands schémas d’une vie familiale et maternelle. Le cinéaste pousse cette approche à son paroxysme, quitte à entrer dans une profonde déshumanisation de son personnage. Un moyen pour lui de légitimer la violence extrême de son film et de son propos.

      Une proposition radicale

      Possessor est donc un film comme on en voit peu. Un trip artistique personnel, une vision d’auteur passionnée, qui propose ainsi le regard cynique sur une société pervertie, dominée par une violence terrible, et l’annihilation de l’individu. Film parfois minimaliste, notamment dans ses dialogues mais aussi dans l’expression des émotions, Brandon Cronenberg offre ainsi un regard âpre et calme sur cette société qui sombre peu à peu dans l’insensibilité la plus totale. Le réalisateur offre ainsi un double prisme sur notre société : ceux qui la subissent et ceux qui contribuent à ce système biaisé.

      Critique "Possessor" : quand Brandon Cronenberg se prend pour son paternel

      Une vision appuyée par une démarche visuelle forte, à travers laquelle le cinéaste met en scène cette perte de repère. Brandon Cronenberg utilise énormément les gros plans pour matérialiser les sentiments intérieurs, et souvent l’absence d’émotion de ses protagonistes. La photographie flirte constamment avec l’abstraction, le temps de quelques plans superbes. Quelques trips métaphysiques visuellement impressionnants. Des instants de suspension où le fantastique se révèle de toute son envergure.

      Le fils de David Cronenberg offre un thriller fantastique d’anticipation plutôt bien mené. Il signe un film radical sur l’usurpation d’identité, et sur le morcellement de l’individu. Tout en gardant une certaine finesse d’écriture.

      Possessor est disponible en VOD dès le 7 avril 2021, et en DVD / Blu-ray le 14 avril 2021.

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