Critique « Piercing » de Nicolas Piesce : un étrange objet filmique

Critique « Piercing » de Nicolas Piesce : un étrange objet filmique

Critique « Piercing » de Nicolas Piesce : un étrange objet filmique

Réalisation

Casting

Scénario

Photographie

Summary:
Reed embrasse sa femme et son jeune fils avant de partir - semble-t-il - en voyage d’affaire. Dans sa valise, il n’a pourtant rangé ni vêtements, ni trousse de toilette, mais un nécessaire pour réussir le crime parfait. Il va faire appel aux services d’une call girl et la tuer à son arrivée. Mais Jackie, la séduisante et mystérieuse prostituée qu’il fait monter dans sa chambre, pourrait bien mettre à mal son plan...

80%

Déjà culte.

Étrange. Fun. Cool. Voilà les superlatifs avec lequels on pourrait qualifier le deuxième long-métrage du très doué Nicolas Piesce : Piercing. Film issu d’une nuit d’amour entre un thriller de De Palma, Kill Bill et un giallo italien, Piercing est un film qui possède un véritable potentiel de futur film culte. Focus.

Tout commence de manière inquiétante. Reed hésite à tuer son bébé avant d’être rappeler à l’ordre par sa femme. On remarque déjà une réalisation léchée, avec des couleurs chatoyantes. On apprend petit à petit que Reed ne rêve que d’une chose. Tuer quelqu’un, pour pouvoir ressentir une sensation de toute puissance, revenir à la vie de tout les jours. Pour cela, Reed décide d’engager une prostituée. Celle-ci (incarnée par une Mia Wasikowska telle qu’on ne la jamais vue), fait cependant tout basculer, et provoque un jeu pervers entre les deux protagonistes.

Piercing n’est pas à mettre dans toutes les mains. Violent et légèrement gore, il contient certaines scènes qui peuvent rendre assez mal à l’aise. Ce qui n’est pas le cas de votre humble serviteur qui a apprécié le spectacle. Il est en effet jouissif de voir cet échange de rôle entre bourreau et victime. Il est véritablement très fun d’observer le spectacle de cette prostituée future victime, qui finit par devenir potentiel bourreau et vice-versa. Ici, il n’y a pas de bon ou de méchant, mais seulement deux personnages qui flirtent entre l’amour et la mort. Héros et Thanatos donc. 

Une histoire somme toute assez simpliste (un homme veut tuer une femme, celle-ci finit par prendre le dessus et vice-versa…), mais qui est extrêmement bien mise en scène. Le travail sur la lumière est impeccable (on croirait que Reed est éclairé comme s’il s’agissait de Michael Corleone), chaque plan est composé à la perfection. Il n’y a pas ici d’effet de style tapageur, mais uniquement une réalisation simple, efficace et artistiquement impressionnante. On est frappé par la manière de Piesce de filmer les immeubles, semblant être irréel donnant un côté fantastique et jamais vu à la ville où se situe l’action.

Le casting lui est impeccable. Christopher Abbot détonne en tueur névrotique, maniaque, frôlant l’autisme. Il est difficile de croire que cet homme est un tueur en puissance, tellement il donne envie de le plaindre. Il a l’air plus d’une victime que d’un bourreau. Quand à Mia Wasikowska elle signe certainement l’une de ses performances les plus impressionnantes. L’actrice ne ressemble plus du tout à Alice d’Alice aux pays des merveilles. Elle a mûri et dévoile une palette de jeu impressionnante et variée. Entre femme amoureuse, jalouse, dépressive et dominatrice, elle incarne un personnage totalement imprévisible et mystérieux. 

Il y a un véritable côté punk à réaliser cette série B, de manière noble, c’est à dire de faire un film à petit budget, mais avec une réalisation réussie et innovante. Et c’est ce que réussit à faire Piesce, avec ce thriller SM. Subversif, drôle, issu du giallo, Piercing est une véritable réussite. S’il réussi à avoir du succès il pourrait très bien devenir le nouveau Kill Bill. En attendant, chez JustFocus il est déjà culte. 

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