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      Critique « On l’appelle Jeeg Robot » de Gabriele Mainetti : Le super héros réaliste qu’on attendait

      Pour un premier long métrage, On l’appelle Jeeg Robot voit son réalisateur, Gabriele Mainetti auréolé de plusieurs récompenses dans divers festivals internationaux ainsi qu’en Italie. Ce film sorti en Italie fin 2015 arrive désormais dans nos salles puisque celui-ci est sorti le 3 mai. A l’occasion d’une projection privée, nous avons pu en savoir plus sur les intentions d’un réalisateur qui ose. Focus sur ce héros italien pas comme les autres.

      Enzo est un pauvre voleur solitaire de 40 ans qui survit en fréquentant de loin la petite mafia de la banlieue de Rome. Poursuivit par la police, il se cache dans les eaux du fleuve dans lequel se trouve des tonneaux au contenu radioactifs. Lorsqu’il tombe dans l’un d’eux, des changements vont alors survenir dans son corps et dans sa vie. Il va faire la connaissance d’Alessia, sa voisine qu’il va devoir protéger de la bande du « Gitan ». Ce mafieux déjanté et ambitieux va s’intéresser aux origines de la force surnaturelle d’Enzo. Alors qu’Alessia, mentalement perturbée et très vulnérable, le prend pour l’incarnation du héros de manga Jeeg Robot, Enzo va devoir gérer cette nouvelle responsabilité et se poser des question sur ses intentions.

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      Un triangle authentique : 3 personnages passionnants. 

      Avant d’être spécial, il n’est personne. C’est ainsi qu’on découvre l’histoire d’Enzo (Claudio Santamaria) qui emmène tout de suite son spectateur dans une immersion progressive avec son personnage. Dans un contexte social qui dépeint la  banlieue romaine sans jamais s’y arrêter, on voit un homme sauvage, solitaire et misérable qui passe son temps libre à regarder des films X et manger des Danettes à la vanille. La prise d’initiative ne vient que bien tard. Non pas quand il découvre qu’il peut presser un radiateur comme une canette de soda ou arracher un distributeur de billets d’un mur, mais bien par le biais de la jeune femme et d’une manière très insistante. A la fois touchante et dérangeante, cette relation qu’il développe avec Alessia (interprétée par une Ilenia Pastorelli bouleversante) constitue l’un des points majeurs de l’histoire.

      Fan de Luc Besson, Gabriele Mainetti explique sans surprise à quel point cette relation s’inspire des personnage de Léon et de Mathilda dans le film de 1995. Il préfère même comparer son personnage à celui de Jean Reno, ou celui de Bruce Willis dans Incassable, plutôt qu’a n’importe quel super héros lambda auquel il ne s’est jamais identifié (Captain America, Spiderman, etc…). Pourtant, le réalisateur italien ne cache pas son amour pour les films Marvel ou DC et considère même que Les Gardiens de la galaxie est le meilleur de tous. La violence en plus, il se donne à coeur joie dans une série de règlements de comptes avec au premier plan un psychopathe cruel et captivant. Lucas Marinelli explose vraiment dans un rôle également teinté de l’ombre du personnage de Gary Oldman, Inspecteur furieux et sans limite toujours dans Léon. De quoi rendre le récit plus intriguant et jouissif qu’un Batman V Superman.

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      Une maîtrise de l’image et de l’histoire

      Quand on est cinéaste dans un pays ou la majorité des succès sont des comédies populaires ou des films d’auteurs, faire produire et distribuer un film de genre n’est pas la moitié d’un défi. Et autant dire qu’avec seulement 1,7M€ de budget pour un film riche en action, le résultat pourrait s’avérer bancal. On ne peut donc qu’apprécier et féliciter le travail de Gabriele Mainetti et de son équipe pour l’intelligence et la crédibilité d’une réalisation qui rend un tel personnage plus que réaliste. Chapeau également aux personnages secondaires qui s’imbriquent parfaitement dans ces confrontations. Constamment décomplexé, On l’appelle Jeeg Robot peut jouir d’un fort équilibre entre l’aventure et les intérêts de ses protagonistes. De quoi devenir culte avec le temps.

      Cassant les codes du super héros à la manière d’un Hancock (le budget en moins), On l’appelle Jeeg Robot ne déçoit ni dans son dénouement, ni dans son traitement du sujet, malgré une violence accrue mais justifiée. Il mérite son fort succès critique et publique en Italie, dans les festivals et espérons qu’il connaîtra le même dans nos salles.

      Bande-annonce: On l’appelle Jeeg Robot:

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