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      Critique La fièvre de Petrov de KIRILL SEBRENNIKOV : Voyage Halluciné

      Difficile d’expliquer ce que l’on ressent en sortant de La Fièvre de Petrov, le nouveau film halluciné (et hallucinant) de Kirill Sebrennikov, auteur du fantastique Leto, qui nous narrer l’ascension et la survie de rocker au temps de l’URSS. Le nouveau long-métrage de Sebrennikov était d’autant plus attendu que celui-ci à était victime d’une douteuse affaire judicieuse, qui l’a forcé à rester enfermer à domicile pendant plusieurs années à domicile.

      Heureusement, Sebrennikov est désormais libre (bien qu’ayant l’interdiction de quitter le territoire Russe). Et c’est donc 4 ans après son chef d’œuvre (Leto) que celui-ci retrouve le chemin des plateaux, et nous livre un long-métrage totalement fou et halluciné.

      Ne cherchez pas de logique dans La Fièvre de Petrov. Il n’y en a aucune. Ce récit choral n’a en effet que peu de sens mais s’avère être puissamment hypnotique et totalement libre. Sebrennikov s’affranchit des genres, convoquant le film noir, le film de guerre, la chronique sociale, le film d’action et même le film de super-héros.

      La première partie du long-métrage tient du chef d’œuvre, multipliant les hallucinations visuelles, sonore, les plans séquences spectaculaire. Une longue virée alcoolémique où toute notion de réalité semble disparaître. En effet, cette première moitié suit pendant une nuit Petrov, auteur de bande-dessiné, atteint d’une grippe carabinée et qui suit un certain Igor dans une étrange traversée dans la ville de Yekaterinburg. Petrov est assailli par ces souvenirs d’enfance, il assiste un ami, écrivain raté, dans son suicide. La notion de réalité n’existe plus, la fiction déborde de partout, rien ne semble d’avoir de sens.

      Pourtant, toute cette partie s’avère être virtuose, une expérience de cinéma unique, hypnotique, techniquement bluffante.

      Mais la réalité du quotidien doit revenir. Petrov est père, ainsi que divorcé. Petit à petit, La Fièvre de Petrov oublie les différentes pistes narratives qu’il a ouvert (à commencer par l’étrange rapport à la violence que possède la mère de son enfant, Petrova). L’enfant tombe malade. La réalité des responsabilités paternelles nous envahit. Petit à petit, Sebrennikov s’éloigne de sa démarche presque expérimentale pour revenir vers quelque chose de terre à terre, plus classique dans sa forme et sa narration.

      On est donc enthousiasmé pour avoir vécu de très grands moments de cinéma. Cependant, on ne peut que rester sur notre faim en tant que spectateur de cette expérience. Comme si le cinéaste ne savait pas comment conclure son film. Sebrennikov sait filmer, il semble être en pleine mesure de ces capacités de cinéaste. Mais dans le fond, il nous livre un petit épisode de fièvre créatrice, un épisode anecdotique dans une vie. Mais une petite fièvre qui mérite d’être vécu.

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