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      Critique « In the Fade » de Fatih Akin : un drame vengeur porté par Diane Kruger

      Récompensée par le prix d’interprétation féminine au dernier Festival de Cannes, Diane Kruger est l’héroïne de In the Fade de Fatih Akin. Ce cinéaste germano-turc signe un drame triste et sans concession sur une femme qui perd son mari et son fils dans un attentat en plein Hambourg. S’en suivent les conséquences de cet acte barbare : dépression, haine, procès, vengeance. Critique d’un drame qui divise le public. 

      Diane Kruger reine du film 

      L’intérêt premier du long-métrage est bien évidemment Diane Kruger qui n’a pas volé son prix d’interprétation. Elle parvient avec force et conviction à transmettre ses émotions. Des émotions lourdes et profondes de perte, de destruction, d’abandon qui concluent bien évidemment à la dépression. La perte de sa famille entraîne son personnage dans une descente aux enfers émotionnelle qu’elle incarne à la perfection, sans jamais sourciller. D’une force incommensurable, l’empathie fonctionne et le spectateur se prend de tristesse pour son héroïne. Des pleurs, des cris, de la hargne, filmés avec précision. Une caméra de velours dans une main de fer ! Des plans qui fixent l’actrice, sans la lâcher, et qui obligent Diane Kruger à tout donner face caméra avec beaucoup d’émotivité. Son personnage de femme forte esquive les clichés, parvient à être une femme intelligente et déterminée à venger sa famille. Les personnages secondaires sont quant à eux délaissés, dans l’ombre de Diane Kruger, et ne parviennent pas réellement à exister. In the Fade est la vendetta d’une femme et d’elle seule.

      Une approche tripartite inégale 

      Fatih Akin découpe son œuvre en trois chapitres : l’attentat, le procès et la vengeance. Des parties inégales. La première définit le deuil, la perte, dans une avalanche de tristesse et de drame, dans un décor où la pluie ne délaisse jamais son héroïne. Vient ensuite le procès, meilleur instant du film, le plus prenant et poignant, dans cette procédure interminable qui confronte deux parties, deux individus, deux visions des choses, avec verve et émotivité. Ponctué de dialogues prenants et rythmés, le procès permet de démontrer l’impuissance de notre justice moderne face aux innombrables drames qu’elle doit affronter. Seules manquent une certaine nuance et une impartialité qui aurait donné encore plus de légitimité à cette partie.

      L’avocat de la défense apparaît comme une belle ordure, l’injustice est le mot d’ordre de cette confrontation, ce qui lui fait perdre en intensité et en légitimité. Pour autant ces pérégrinations judiciaires demeurent passionnantes dans leur traitement, beaucoup plus rythmées qu’une réalité ennuyeuse. Enfin, la dernière partie n’est qu’une vengeance en bonne et due forme, pas forcément passionnante et qui conclue une œuvre parfois bancale. Son message est légèrement flou et met en avant une haine profonde des terroristes sans poser de bonnes questions ni apporter le moindre début de solution contre cette réalité effrayante. Quant à la morale, celle-ci semble dire que la justice sociale, la justice de l’Homme, demeure plus efficace que la justice administrative. 

      Finalement In the Fade, offre une vision inégale. Seule Diane Kruger tire son épingle du jeu, dans ce thriller dramatique classique, qui ne propose pas grand chose si ce n’est un constat d’une situation terrible qui fait échos aux nombreux attentats perpétués ces derniers temps. 

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